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Népal

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Population 28,9 millions
PIB par habitant 733 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 3,3 0,4 5,5 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,6 10,4 6,5 7,5
Solde public* / PIB (%) 0,7 1,4 -1,1 -1,2
Solde courant / PIB (%) 5,0 6,3 -0,3 -1,3
Dette publique* / PIB (%) 25,2 27,3 25,7 23,2

* Année fiscale débutant le 15 juillet : données budgétaires 2018 correspondent à la période
juillet 2017-juin 2018 (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Transferts des expatriés soutenant la consommation, principal moteur de la croissance
  • Secteur des services dynamique, notamment le tourisme
  • Soutien financier et technique de l’Inde et de la Chine
  • Solidarité internationale importante

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance au secteur agricole et vulnérabilité aux aléas climatiques
  • Enclavement et difficultés d’accès à de nombreuses régions du pays
  • Vulnérabilité face aux catastrophes naturelles
  • Économie fortement affectée par les séisme d’avril et mai 2015
  • Productivité faible dans le secteur secondaire
  • Lacunes en matière d’infrastructures, pénuries récurrentes d’électricité et de carburants
  • Difficultés et violences politiques récurrentes 

Appréciation du risque

La croissance devrait profiter des efforts de reconstruction

En dépit de son impact sur le rapatriement et la conversion des salaires des nombreux travailleurs népalais expatriés, la démonétisation par l’Inde de billets représentant 87 % de l’argent en circulation (novembre 2016) n’a pas empêché l’économie népalaise de croître fortement en 2017. Nonobstant l’objectif ambitieux du gouvernement de 7,2 % de croissance pour l’année fiscale 2017/18, l’économie népalaise devrait ralentir en 2018. La consommation resterait le principal moteur de croissance (76,2 % du PIB pour l’année fiscale 2016/17), et elle devrait continuer à bénéficier d’importants transferts des expatriés (27 % du PIB). Son dynamisme serait cependant limité par les tensions inflationnistes liées aux coûts d’acheminement élevés et par la prévalence élevée de la pauvreté. Le gouvernement a lancé le programme « Vision 2030 », pour réduire le taux de pauvreté de 23 à 5 % d’ici 2030. Toutefois, sa mise en place devrait être longue, aux vues de la persistance de l’instabilité politique, et incertaine, le gouvernement étant resté flou sur ses modalités. En outre, les efforts de reconstruction à la suite du tremblement de terre de 2015 devraient continuer. Ils sont orientés vers les infrastructures de transports, fortement détruites par la catastrophe, pour accroître la connectivité encore faible de ce pays enclavé. Les investissements se tourneront aussi vers l’hydroélectricité, largement sous-exploitée. Toutefois, les progrès sont lents, la mise en place des projets faisant souvent face à l’inefficience bureaucratique. Suite à l’interruption quasi-totale du commerce bilatéral provoquée par les dissensions avec l’Inde au sujet de la nouvelle Constitution de 2015, la reprise des échanges avec l’Inde (65 % des échanges extérieurs du Népal) devrait, comme en 2017, profiter à la croissance. Enfin, au niveau sectoriel, l’activité bénéficiera des récoltes favorables, mais le secteur agricole, qui représente un tiers du PIB et emploie 68 % de la population, resterait faiblement productif.

 

Légère dégradation des soldes budgétaire et courant

Le budget pour l’année fiscale 2017/18 reprend le plan de dépenses du budget 2016/17, dont l’application a été mise à mal par les fragilités structurelles de l’administration du pays. En effet, le fonctionnement en parallèle de la Commission nationale de planification et du Ministère des Finances rend l’exécution budgétaire délicate, une grande partie des dépenses étant effectuées à la fin de l’année et sont, par conséquent, mal organisées et de mauvaise qualité. Les dépenses, qui devraient représenter 25,3 % du PIB fin 2018, devraient encore se concentrer sur les projets hydroélectriques et les infrastructures de transport. La hausse des recettes ne compenserait pas ces efforts de reconstruction, et le solde budgétaire devrait rester légèrement déficitaire pour la seconde année consécutive. Cependant, la dette publique continuerait de s’alléger. Le pays bénéficierait encore du soutien financier de la communauté internationale, et les dons (12 % des recettes de l’État pour l’année fiscale 2016/17) permettront de limiter le recours à l’endettement.

S’agissant des comptes extérieurs, le Népal resterait fortement dépendant de la Chine et de l’Inde, puisque deux tiers de ses importations totales proviennent des deux voisins. Le pays enregistre un déficit commercial important avec la prégnance d’importations de nombreux produits. En dépit de l’importance des transferts générés par les travailleurs expatriés et du rebond des considérables revenus touristiques, l’augmentation des importations de biens d’équipement nécessaires à la reconstruction et la faible compétitivité des produits népalais sur le marché international devraient conduire à la dégradation du solde courant.

 

Lente stabilisation politique

Après un nouvel épisode d’instabilité politique, une nouvelle coalition s’est formée en août 2016 entre Pushpa Kamal Dahal (Parti communiste), premier ministre pour les neuf premiers mois, et Sher Bahadur Deuba (Congrès népalais, centre gauche), premier ministre depuis juin 2017. Le duo se doit d’organiser les élections locales, provinciales et centrales d’ici fin 2018, ce qui laisse espérer une stabilisation de la vie politique. Cependant, ce pouvoir partagé est très fragile et sujet à des tensions entre les partis. L’équilibre politique du pays restera donc fragile et le risque d’une nouvelle période d’instabilité et de violence ne peut être exclu, d’autant plus que plusieurs minorités dénoncent le découpage de certaines provinces adopté avec la Constitution de 2015. L’environnement des affaires reste donc dégradé.

Sur le plan extérieur, les aides chinoise et indienne suite au tremblement de terre reflètent la rivalité entre les deux puissances pour leur influence sur le Népal. Les tensions de 2015 avec l’Inde semblent s’être dissipées, mais sont susceptibles de renaître autour de la question de la minorité népalaise Madhesi, qui est contre la Constitution de 2015 et soutenue par l’Inde du fait de sa proximité culturelle et historique. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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