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Nigeria

Nigeria

Population 183,6 millions
PIB par habitant 2 208 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 2,7 -1,6 0,8 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,0 15,7 16,4 14,4
Solde public / PIB (%) -3,4 -4,7 -5,0 -4,5
Solde courant / PIB (%) -3,2 0,7 1,0 0,8
Dette publique / PIB (%) 13,2 17,6 21,3 22,8

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Première puissance africaine en termes de PIB et pays le plus peuplé d’Afrique
  • Importantes ressources en hydrocarbures et large potentiel agricole
  • Endettement public et extérieur relativement faible

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux revenus pétroliers (90 % des exportations, deux tiers des recettes fiscales)
  • Insuffisance des capacités de production/ distribution d’énergie
  • Tensions ethniques et religieuses
  • Insécurité, corruption contraignant l’environnement des affaires

Appréciation du risque

Une reprise molle

Après la sortie de récession en 2017, la timide reprise devrait se confirmer en 2018, soutenue essentiellement par le secteur pétrolier. En effet, après avoir été affecté par le sabotage des infrastructures pétrolières et la chute des cours du baril celui-ci devrait poursuivre la reprise entamée en 2017. La plus grande fermeté des cours porterait les revenus d’exportations, si la production est épargnée par de nouvelles perturbations. Toutefois, les sabotages opérés par les rebelles dans le delta du Niger ont érodé la confiance des investisseurs. Plus globalement, le climat d’insécurité, l’incertitude politique, la complexité du système de change et le maintien des taux d’intérêt élevés (14 % depuis juillet 2016) pèseront sur l’investissement privé. La contribution de l’investissement public à la croissance sera encore entravée, car, avec près de 60 % des recettes de l’État absorbées par le service de la dette, la mise en œuvre de l’ambitieux programme d’infrastructures du plan de développement (ERGP 2017-2020) restera contrainte. La reprise du secteur de la construction sera donc, au mieux, lente. L’approvisionnement erratique en électricité demeurera un obstacle à la croissance des industries manufacturières. La pluviosité, attendue plus tardivement en 2018, pourrait peser sur les rendements agricoles. En conséquence, la consommation de ménages dépendants de ce secteur d’activité, déjà entravée par l’inflation élevée, la pauvreté et le chômage, ne connaîtra qu’une expansion modérée, qui pourrait, néanmoins, à la faveur d’un effet de base favorable, soutenir les services.

L’inflation, si elle devrait poursuivre sa baisse, resterait élevée à cause des prix de l’alimentation.

 

Les pressions budgétaires persistent

Le projet de budget 2018 prévoit une augmentation de 16 % des dépenses, orientées vers les investissements dans les infrastructures. Si la stabilisation du niveau de production se confirme, ce sont essentiellement les recettes pétrolières qui devraient permettre de réduire le déficit budgétaire grâce à une plus grande fermeté des cours de l’or noir. Toutefois, les projections de revenus non-pétroliers apparaissent, comme en 2017, très ambitieuses, compte tenu de la faible activité économique. Ainsi, la mise en œuvre des projets pourrait être ralentie par le déficit de recettes. La vente de certains actifs de l’État pourrait permettre de remédier à des soucis de financement, surtout que le service de la dette domestique a augmenté rapidement. Le gouvernement entend donc s’appuyer davantage sur l’emprunt extérieur concessionnel pour financer son déficit en 2018. Les pressions sur le financement du déficit ont conduit à une détérioration du profil de la dette, qui demeure néanmoins soutenable.

Encore excédentaire, le solde courant devrait légèrement se détériorer, malgré la hausse des revenus d’exportations du pétrole. En effet, la demande en importations devrait croître plus rapidement, avec la reprise, même molle, de la croissance. Les transports devraient continuer à grever le déficit de la balance des services et les rapatriements de profits, celle des revenus. Les transferts des travailleurs expatriés contribueront positivement.

L’introduction d’un taux de change pour les investisseurs et exportateurs en avril 2017 a permis de catalyser les flux de capitaux, soulageant, ainsi, les réserves. Toutefois, ces dernières pourraient retrouver une trajectoire descendante, puisque l’écart entre le cours officiel du naira et celui du marché parallèle demeure important. Une dévaluation du naira en 2018 reste donc envisageable. Une telle décision pourrait amplifier la vulnérabilité d’un système bancaire fragilisé par la détérioration de la qualité des actifs.

 

Tensions politiques et sécuritaires croissantes

Le capital politique de Muhammadu Buhari et de son parti, le All Progressives Congress (APC), au pouvoir depuis les élections de 2015, s’érode peu à peu. En effet, alors que l’environnement économique demeure difficile, la lenteur des réformes est reprochée par une population excédée par l’imperceptibilité des progrès des conditions de vie. En 2017, les réformes ont notamment été retardées par l’absence du président Buhari pendant près d’un semestre pour cause de maladie. La capacité du président à gouverner est une source d’inquiétude grandissante, alors que le pays doit également faire face à un regain des tensions ethniques et séparatistes. 50 ans après la déclaration unilatérale d’indépendance du Biafra, qui avait déclenché une violente guerre civile (1967-1970), les tensions refont surface au sud-est du pays. De plus, les militants dans le delta du Niger, responsables des attaques des infrastructures pétrolières depuis 2016, afin de réclamer un meilleur partage des ressources du pays, ont déclaré la fin d’un cessez-le-feu en novembre 2017. Ils menacent de nouveau la production pétrolière, mais également la stabilité politique et sécuritaire. L’activité du mouvement islamiste Boko Haram constitue toujours une menace importante, comme en témoignent les nombreuses attaques perpétrées au Nord-Est du pays en 2017.

Cet environnement politique et sécuritaire pèse sur la perception du climat des affaires, malgré les efforts entrepris suite à la création du Conseil présidentiel pour l’amélioration du climat des affaires en juillet 2016. Le pays a notamment bondi de 24 rangs au classement Doing Business 2018 (145e sur 190), grâce à des progrès dans l’accès au crédit ou dans la facilité d’enregistrement des entreprises. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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