Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Oman

Oman

Population 4,0 millions
PIB par habitant 16 535 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 4,2 3,0 -0,3 3,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,1 1,1 1,6 3,2
Solde public / PIB (%) -15,7 -21,6 -13,0 -12,0
Solde courant / PIB (%) -15,5 -19,0 -14,3 -13,2
Dette publique / PIB (%) 15,3 33,6 44,0 50,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Situation stratégique sur le détroit d’Ormuz
  • Économie en cours de diversification (pétrochimie, activité portuaire, tourisme)
  • Solidité du système bancaire et ouverture aux investissements étrangers
  • Important potentiel touristique

POINTS FAIBLES

  • Exposition aux fluctuations des cours et engagement de limitation de la production pétrolière
  • Qualifications locales inadéquates causant un chômage de 20 % chez les jeunes et dépendance à l’importation de savoir-faire étrangers
  • Succession du Sultan Qaboos encore incertaine
  • Inégalités de revenus exacerbées par la baisse des subventions sociales 

Appréciation du risque

Vers un retour de la croissance

La faiblesse des prix du pétrole et l’engagement à réduire la production de 5 %, dans le cadre des accords de l’OPEP, n’ont pas été compensés par la croissance de 2,5 % des secteurs non-pétroliers, conduisant à une croissance quasi-nulle pour l’année 2017. La croissance devrait, cependant, être positive en 2018 grâce à une reprise dans le secteur des hydrocarbures et au maintien à un niveau modéré de la croissance des autres secteurs. En effet, la légère augmentation du prix du baril, les investissements pour abaisser le seuil de rentabilité de production de pétrole - qui est le plus haut des pays producteurs du Golfe à $73-, et, surtout, le projet Khazzan opéré par l’entreprise BP et l’Oman Oil Company Exploration & production, qui augmentera la production nationale de gaz de 25 %, compenseront les restrictions à la production pétrolière. Les exportations devraient être favorisées par la reprise des échanges avec l’Iran, mais aussi par le contexte de discorde autour du Qatar qui pourrait permettre au sultanat de récupérer des parts de marché en commerce de marchandises et de tourisme. Cependant, la croissance dans les secteurs non-pétroliers reste largement tributaire des dépenses publiques. Or, la baisse des revenus pétroliers, qui représentaient, en 2016, 70 % des revenus de l’État, a forcé la mise en place de mesures de consolidation budgétaire : d’une part, la baisse des subventions à l’énergie, des salaires des fonctionnaires, des dépenses de sécurité et défense, des pensions, et, d’autre part, l’introduction prévue en 2018 d’une TVA, commune à tous les pays du Conseil de Coopération du Golfe, et l’augmentation du taux d’imposition des entreprises (de 12 à 15 %). Cette conjoncture pèsera sur les investissements et la consommation des ménages. De plus, l’introduction d’une TVA de 5 %, la légère remontée des prix du pétrole et des prix des produits de base stimuleront l’inflation, faisant ainsi pression sur l’arrimage au dollar. Dans le cadre du neuvième plan quinquennal (2016-2020), des investissements massifs ont été réalisés dans l’éducation et la création d’emplois publics (projet de création de 25 000 postes annoncé en octobre 2017) pour lutter contre le chômage (à 17,5 % fin 2016) et la dépendance à la main d’œuvre étrangère. Lancé en 2016, le programme Tanfeedh, qui planifie la diversification de l’économie, est axé sur le développement du tourisme, de l’industrie manufacturière et logistique. Les efforts de réformes portent aussi sur l’attraction d’investissements étrangers et l’allégement des procédures administratives.

 

L’importance des déficits jumeaux génère un risque d’instabilité

La baisse des revenus du pétrole a creusé le déficit public jusqu’au taux inquiétant de -19 % fin 2016, alors que le solde budgétaire était excédentaire de près de 5 % avant 2014. La consolidation budgétaire et l’augmentation des revenus fiscaux permettront au sultanat d’améliorer son déficit mais sans atteindre l’objectif fixé de 10 % du PIB en 2018. Considérant, de plus, que cette contrainte remet en question les projets d’investissements publics, mais aussi la capacité de l’État à venir en aide aux banques, qui pourraient être soumises à des tensions de liquidités et à une hausse des risques de crédit du fait de la consolidation budgétaire, les trois principales agences de notation ont rétrogradé le sultanat à une note juste au-dessus de celle des titres spéculatifs et avec une perspective négative. Ce déficit est partiellement financé par les réserves de devises (28 %) et autrement par le recours accru à l’emprunt bancaire à l’international (67 %).

Le déficit de la balance courante témoigne de la surexposition du pays aux fluctuations des revenus d’exportation d’hydrocarbures. La balance commerciale met en exergue la dépendance aux hydrocarbures devant compenser les importations en biens de consommation et d’équipement. Le niveau de réserves de devises s’est redressé après plusieurs années de baisse et se maintiendra, en 2018, à environ huit mois d’importations, ce qui reste suffisant pour soutenir la balance commerciale et garantir l’arrimage au dollar. Bien que le risque de spéculation existe et malgré le non-suivi du relèvement du principal taux directeur par la Réserve fédérale américaine en juin 2017, la politique monétaire restera restrictive (la remontée des taux devrait se faire progressivement) et l’ancrage au dollar du rial omanais demeurera en 2018.

 

La stabilité politique reste fragile dans un environnement extérieur hostile

Bien que le risque politique ne se matérialise pas à court terme, de réelles incertitudes pèsent quant à la stabilité du sultanat. La santé fragile du Sultan Qaboos, clef de voûte du régime, fait de nouveau émerger la question de la succession. Le contexte de ralentissement économique et de consolidation budgétaire induit aussi un risque autour de la question sociale, faisant écho aux revendications sociales de 2011, alors que le chômage des jeunes est de 20 % dans un pays où les moins de 25 ans représentent 40 % de la population. En outre, le pays fait face à un environnement régional de plus en plus hostile, la dégradation de la situation au Yémen faisant peser un risque direct sur la sécurité intérieure du pays. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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