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Pakistan

Pakistan

Population 193,6 millions
PIB par habitant 1 441 US$
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 4.0 4.5 5.2 5.5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4.5 2.9 4,1 4,8
Solde public* / PIB (%) -5.3 -4.4 -5.6 -5.4
Solde courant / PIB (%) -1.0 -1.7 -3.9 -4,9
Dette publique / PIB (%) 64.1 67.5 67.9 68.6

* Année fiscale 2018 : juillet 2017 à juin 2018 (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Marché intérieur considérable, alimenté par une démographie dynamique
  • Importants transferts de travailleurs expatriés
  • Main d’œuvre peu chère et abondante
  • Perspective positive du corridor économique avec la Chine
  • Acteur important de la finance islamique

POINTS FAIBLES

  • Environnement géopolitique très tendu et forte insécurité domestique (terrorisme)
  • Informalité répandue (40 % du PIB) et faibles ressources fiscales (16 % du PIB)
  • Dépendance énergétique
  • Carence des infrastructures sanitaires, agricoles et éducatives
  • Considérable retard de développement de la province du Baloutchistan, plus généralement des campagnes
  • Fréquente pénurie d’électricité et d’eau
  • Système financier peu développé
  • Faible diversification sectorielle et concentration sur quelques secteurs à faible valeur ajoutée
  • 40 % de la main d’œuvre travaillent dans l’agriculture et dépend donc de la météorologie et des prix mondiaux

Appréciation du risque

Une des économies les plus dynamiques d’Asie du Sud

L’activité devrait conserver sa vigueur en 2018 grâce à une demande domestique toujours dynamique. Malgré la baisse des transferts d’expatriés en 2017, en raison du ralentissement de la construction dans les pays du CCG comptant pour 62 % du total, la consommation est restée la principale contributrice à l’activité (92 % du PIB). En 2018, la reprise de la croissance dans les EAU (22 % des flux) devrait amener à un raffermissement. L’investissement s’est également accru en 2017, bénéficiant d’un regain de confiance des entreprises à la suite de la conclusion du programme d’aide du FMI fin 2016. Les IDE ont augmenté en dépit d’un environnement des affaires contraignant et cette hausse devrait se poursuivre en 2018. Le corridor économique (CEPC) mis en place entre la région chinoise du Xinjiang et le port de Gwadar (sud-ouest du Pakistan) devrait induire d’importants flux d’investissements chinois, améliorant, ainsi, les infrastructures de transport et la fourniture d’électricité. Cela se traduira par une forte impulsion dans la construction, mais aussi dans les services (60 % du PIB) et l’industrie. L’inflation augmenterait modérément, mais restera dépendante des fluctuations de la roupie et du prix du pétrole.

 

Fragilité des comptes publics et extérieurs

Sous l’effet des mesures préconisées par le FMI, la situation budgétaire s’est nettement améliorée pendant la durée du dernier accord de financement entre 2013 et 2016. Le déficit budgétaire (hors dons) est passé de 8,5 à ٤,٦ ٪ du PIB. Toutefois, cette tendance s’est inversée. Ceci s’explique par une augmentation moins soutenue des recettes budgétaires (aussi bien au niveau fédéral que provincial) associée à une hausse des dépenses avant les prochaines élections législatives. Aussi, elle pourrait être temporaire et les efforts budgétaires devraient reprendre après les élections.

La dette publique, principalement domestique et libellée en monnaie locale, restera élevée en ٢٠١7-18 et continuera de peser sur le système bancaire générant un effet d’éviction de l’investissement des entreprises privées.

Le déficit du compte courant a augmenté en 2017 en raison du creusement du déficit commercial. Tandis que les exportations diminuaient, les importations de pétrole et biens nécessaires à la mise en œuvre du Corridor économique augmentaient. Le déficit courant devrait de nouveau se creuser en 2018. Le déficit commercial resterait le principal contributeur au déséquilibre. Il s’explique par la faiblesse des exportations pakistanaises (moins de 10 % du PIB), dont plus de la moitié sont constituées de produits textiles (linge de maison, habillement, coton), le reste étant ventilé entre des produits agricoles (céréales) et une faible part de produits manufacturés. La concurrence accrue des pays de la région à bas coût conduit à une croissance lente des exportations qui s’ajoute à la forte demande de l’économie pakistanaise résultant d’une augmentation de l’activité économique et des investissements liée au CPEC. Cependant, les transferts des expatriés continueront de compenser le déficit commercial. Le déficit subsistant, lié aux services et aux sorties de dividendes et d’intérêts est financé par le recours à l’endettement, les réserves (tombées à l’équivalent de deux mois d’importations fin 2017) et, de plus en plus, par des IDE liés au Corridor économique.

 

Insécurité persistante à la veille des élections

2017 a été marquée par une incertitude politique accrue suite à la destitution du Premier ministre Nawaz Sharif par la Cour Suprême et au renvoi du ministre des finances en raison de soupçon de corruption. Le premier a été remplacé par Shahid Khaqan Abbasi issu également de la Ligue musulmane pakistanaise Nawaz (PML-N). Ce climat d’incertitude devrait persister jusqu’aux élections de septembre 2018. L’issue de celles-ci dépendra des résultats du gouvernement issu du Nawaz, qui, fort d’une confortable majorité parlementaire, devra répondre de son bilan. Les élections se dérouleront dans un climat marqué, à la fois, par la survenance d’actes terroristes menés par les talibans pakistanais, et la montée du fondamentalisme musulman. Celle-ci s’est illustrée fin novembre 2017 par la démission du ministre de la justice suite au blocus d’Islamabad par quelques milliers de militants islamistes mécontents du changement apporté au serment prononcé par tous les candidats à une élection. Elle se traduit aussi par les succès lors d’élections intermédiaires de partis se réclamant de l’Islam et la surenchère au sein même des partis traditionnels (PML-N, le Parti de la Justice ou Pakistan Tehreek-e-insaf dirigé par Imran Khan et le Parti populaire). L’armée, qui s’est invitée au pouvoir à plusieurs reprises dans le passé, restera l’arbitre, alors que la situation extérieure reste délicate.

Si les relations avec l’Inde resteront tendues à propos du Cachemire, la Chine demeurera le principal partenaire économiqu1 avec la multiplication des projets entrant dans le cadre du corridor économique sino-pakistanais (CPEC). A l’ouest, les relations avec l’Afghanistan sont marquées par des pics de tension, commes en 2017 suite à l’expulsion massive par le Pakistan de réfugiés afghans. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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