Les études économiques et analyses risques pays Coface
Pérou

Pérou

Population 31,4 millions
PIB par habitant 6449 $US
A4
Evaluation des risques dans ce pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013  2014 2015  2016 (p)
Croissance PIB (%) 5,8 2,4 3,3 3,8
Inflation (moyenne annuelle) 2,8 3,2 3,5 3,1
Solde budgétaire / PIB (%) 0,8 -0,3 -2,2 -2,2
Solde courant / PIB (%) -4,2 -3,9 -4,4 -3,8
Dette publique / PIB (%) 20,3 20,7 23,0 25,2

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Fort potentiel de croissance
  • Appartenance à l’Alliance du Pacifique
  • Ressources minières, énergétiques, agricoles et halieutiques
  • Faible endettement public
  • Indépendance de la banque centrale et bonne santé des banques
  • Attractivité touristique

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux matières premières et à la demande chinoise
  • Sensibilité au climat et à la sismicité
  • Disparités régionales (pauvreté dans les régions andines et amazoniennes)
  • Infrastructures, crédit aux entreprises, santé et éducation déficients
  • Importance de la culture de la coca et de la production de cocaïne
  • Vaste secteur informel (75% de l’emploi) ne favorisant pas la formation

Appréciation du risque

Activité dynamique tirée par la hausse de la production minière

En 2016, la croissance péruvienne restera l’une des plus dynamiques de la région. La croissance est principalement tirée par l’augmentation de la production minière, grâce notamment à l’expansion et la mise en fonctionnement des mines Cerro Verde et las Bambas, mais aussi par la reprise de l’investissement public et les gains de productivité continus du secteur agricole. La consommation des ménages (environ 60 % du PIB) devrait quant à elle croître à un rythme modéré, grâce à la croissance de l’emploi et la baisse du taux de chômage observée depuis mi-2015. Elle sera également soutenue par la baisse tendancielle de la pauvreté (dont le taux a été réduit de 59 à 23 % entre 2004 et 2014). Mais elle resterait contrainte par l’affaiblissement de la confiance des ménages, affectée par un niveau d’inflation relativement élevé. Celui-ci est par ailleurs à l’origine des hausses à trois reprises des taux de la banque centrale, après celle décidée en septembre 2015. Les pressions inflationnistes devraient néanmoins diminuer d’ici la fin de l’année grâce à la dissipation attendue des effets du l’El Nino sur le prix des produits alimentaires et de la réappréciation du taux de change.

 

L’Etat devrait continuer à utiliser ses marges de manœuvre budgétaires pour soutenir la croissance à court terme

Le déficit budgétaire s’est creusé en 2015, notamment en raison de moindres recettes fiscales. La baisse de l’impôt sur le revenu et les difficultés traditionnelles (économie informelle importante, nombreuses exonérations) y ont contribué. Ce déficit ne devrait pas se résorber à moyen terme. Le nouveau président péruvien, Pedro Pablo Kuczynki, a d’ores et déjà annoncé que son gouvernement demandera une autorisation au Congrès pour déroger à la règle budgétaire qui prévoit que le déficit budgétaire ne doit pas dépasser 1% du PIB. L’objectif du gouvernement est de pouvoir atteindre un déficit d’environ 3% d’ici 2017 afin de soutenir la croissance et ensuite revenir sur l’objectif fixé par le Congrès de 1% en 2021. Dans ce contexte, la dette publique augmenterait tout en restant à un niveau faible. Par ailleurs, le pays dispose d’un fonds de stabilisation, dont l’encours équivaut à près de 5 % du PIB, qui assure que les finances publiques ne dérapent pas, même si un choc négatif nécessitant une intervention publique survient. Le déficit courant devrait se réduire quelque peu, sous l’impulsion de la hausse de la production et des exportations de cuivre, suite à l’exploitation de nouvelles mines. Les échanges de services et la balance des revenus devraient rester déficitaires en raison de l’activité des entreprises étrangères (rapatriements de bénéfices, services de transport). Ce déficit est amplement financé par les investissements étrangers. Même si la banque centrale peut s’appuyer sur un stock de réserves de change très confortable (19 mois d’importations), elle restera attentive aux évolutions de la politique monétaire américaine débutée fin 2015, afin d’éviter une trop forte volatilité du sol, d’autant plus que l’endettement des entreprises du pays en devises étrangères est significatif. Le Pérou a toutefois moins souffert que la plupart des autres pays d’Amérique latine de sorties de capitaux en 2015.

 

De nombreux défis pour le nouveau président

Le 5 juin 2016, le candidat Pedro Pablo Kuczynki du parti « Peruanos por el cambio » a remporté de justesse les élections présidentielles péruviennes (50,1 % des voix) contre sa rivale Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Fujimori du parti « Fuerza Popular ». Son programme économique pro-marché vise notamment à attirer l’investissement privé destiné principalement au secteur non minier via notamment l’assouplissement des formalités administratives et des incitations fiscales (réduction progressive de la TVA de 18 % à 15 %). Il prévoit également une réduction des charges fiscales pour les petites et moyennes entreprises afin d’encourager l’emploi formel et compte faire avancer les réformes structurelles (fiscalité, retraite, justice). Il devrait aussi contribuer de manière plus active à l’avancement de grands travaux d’infrastructures publiques (ligne 2 du métro de Lima, par exemple). La tâche du nouveau président ne sera cependant pas aisée : son parti ne dispose que d’une faible présence au Congrès (18 sur 130 sièges) et devra tisser des alliances avec les autres partis, notamment avec le « Fuerza Popular » (pro-Fujimori) qui en détient la majorité (73 sièges sur 130).

Le climat des affaires tend à s’améliorer avec l’allégement des procédures bureaucratiques et l’élan de privatisation qui devrait être poursuivi par le nouveau gouvernement pour attirer les investisseurs étrangers.

 

Dernière mise à jour : Juillet 2016

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