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Qatar

Qatar

Population 2,6 million
PIB par habitant 59 514 $US
A4
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 3,6 2,7 3,4 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,8 2,7 0,9 4,8
Solde public / PIB (%) 5,6 -3,9 -1,0 0,5
Solde courant / PIB (%) 8,4 -4,9 2,3 1,0
Dette publique* / PIB (%) 34,9 56,5 54,4 54,4

*Dette publique brute (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Troisièmes réserves de gaz les plus importantes au monde
  • Premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL)
  • Développement du secteur hors pétrole grâce à la stratégie de diversification mise en œuvre
  • Hôte de la Coupe du monde 2022, ce qui favorise l’activité dans les secteurs des infrastructures et de la construction
  • Réserves financières substantielles

POINTS FAIBLES

  • Flexibilité limitée de la politique monétaire en raison du régime de change (arrimé au dollar)
  • Dépendance à la main-d’œuvre étrangère
  • Éventuelles retombées négatives d’un conflit diplomatique plus long que prévu
  • Montée des tensions géopolitiques

Appréciation du risque 

Les retombées négatives du conflit diplomatique restent pour le moment limitées

L’économie qatarie a affiché une croissance décevante au deuxième trimestre 2017. Le PIB réel a progressé de 0,6 % en glissement annuel, en recul par rapport aux 2,4 % enregistrés au premier trimestre. Toutefois, ce ralentissement résulte principalement de l’enlisement du secteur pétrolier et de la baisse des prix de l’énergie. Le secteur des mines et carrières, qui représente près de la moitié du PIB, a reculé de 2,7 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2017, contre -0,4 % durant les trois premiers mois de l’année. L’accord de l’OPEP, qui prévoit des baisses de production des principaux producteurs de pétrole, a pesé sur le secteur. Les secteurs non pétroliers ont enregistré une croissance de 3,9 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2017, contre 5,2 % au premier trimestre.

Sur une base trimestrielle, l’activité non pétrolière a stagné, signe que la crise du Golfe a affecté l’économie du pays. Jusqu’à présent, les retombées ont néanmoins été limitées, le gouvernement soutenant l’économie. L’État a ainsi injecté des milliards de dollars dans le système bancaire national afin d’empêcher toute crise de liquidité, suite aux retraits des dépôts par les habitants du Golfe. Il a également réorganisé les chaînes d’approvisionnement en collaboration avec les acteurs régionaux et internationaux. Par ailleurs, les banques qataries ont fait preuve de résilience depuis le début de la crise, bénéficiant notamment de l’accroissement des fonds publics. Les banques reçoivent également des financements en provenance de régions en dehors du Conseil de coopération du Golfe (CCG), comme l’Asie et l’Europe, qui les aident à compenser l’effet des sanctions.

 

Une crise prolongée freinerait la dynamique de croissance

Jusqu’à présent, les principaux effets de la crise se sont fait ressentir dans les secteurs de la construction, de la distribution et des transports, qui se sont respectivement contractés de 4,1 %, 2,6 % et 7 % entre avril et juin. Une crise prolongée affecterait la confiance des consommateurs et des investisseurs et in fine le rythme de la croissance. Bien que l’inflation soit restée limitée, ce qui est un facteur positif, une nouvelle hausse des prix dissuaderait les consommateurs d’accroître leurs dépenses.

Certains secteurs hors hydrocarbures, tels que le tourisme et les transports, devraient être particulièrement affectés par les sanctions. Une crise prolongée se traduirait par une augmentation des coûts pour le Qatar, freinant la croissance du secteur de la construction et tirant les prix vers le haut dans le sillage des matériaux de construction. En outre, la croissance du tourisme devrait ralentir, car près de 40 % des touristes sont originaires de la région du Golfe. Toute baisse des prix de l’énergie entraverait également la croissance. De plus, les futures hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) devraient obliger la banque centrale du Qatar à opérer un resserrement de sa politique monétaire en raison de l’arrimage de la monnaie au dollar.

La liquidité du système bancaire qatari restera un sujet à suivre. Les banques devraient s’appuyer davantage sur le financement public et les fonds octroyés par les autres régions. Cette situation pourrait poser problème, car un regain de volatilité des prix de l’énergie ou un accroissement des tensions diplomatiques affecteraient la confiance des investisseurs internationaux. Si les réserves financières substantielles du Qatar devraient permettre de limiter ces risques, les autorités qataries ont enjoint aux banques de lever des fonds sur les marchés mondiaux afin de ne pas être trop dépendantes des financements publics.

 

La scène politique nationale reste stable

Tant que la dynamique de croissance et la qualité de vie resteront intactes, les tensions au sein du CCG ne devraient pas véritablement perturber la scène politique nationale du Qatar. Compte tenu des efforts déployés par le gouvernement pour soutenir l’économie par le biais de ses actifs financiers substantiels, l’opinion publique devrait rester favorable. Jusqu’ici, le Qatar a répondu aux demandes du quatuor (Arabie saoudite, EAU, Bahreïn et Égypte) en renforçant ses liens avec l’Iran au lieu de les rompre. Sur le plan politique, le pays devrait rester stable dans les mois à venir, mais des tensions régionales croissantes pourraient affecter cette stabilité avec l’émergence de nouvelles alliances et de nouveaux conflits dans la région.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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