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Russie

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Population 146,3 millions
PIB par habitant 12718 $US
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013 2014  2015 (p) 2016 (p)
Croissance PIB (%) 1,3 0,7 -3,7 -1,5
Inflation (moyenne annuelle) 6,5 11,0 15,0 8,4
Solde budgétaire / PIB (%) -1,3 -1,2 -3,0 -3,8
Solde courant / PIB (%) 1,6 2,3 5,0 5,0
Dette publique / PIB (%)

 

13,1

 

16,3

 

17,7

 

18,4

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources naturelles (pétrole, gaz et métaux)
  • Main d’œuvre qualifiée
  • Faible endettement public et réserves de change confortables
  • Puissance régionale et énergétique affirmée

POINTS FAIBLES

  • Accentuation du caractère rentier de l’économie
  • Manque de compétitivité du secteur industriel
  • Secteur bancaire privé fragile
  • Faiblesse des infrastructures
  • Démographie déclinante
  • Lacunes persistantes dans l’environnement des affaires

Appréciation du risque

Nouvelle contraction de l’économie en 2016

La récession en Russie devrait se poursuivre mais s’atténuer en 2016. La croissance a reculé de 1,2 % au premier trimestre et de 0.6 % au second (glissement annuel). La consommation privée, principal moteur de l’activité, devrait demeurer contrainte par une progression des revenus nominaux plus lente que par le passé, une politique budgétaire relativement restrictive et pourrait souffrir de la préférence des ménages, observée en début d’année, pour le désendettement au détriment de la consommation. L’investissement devrait demeurer handicapé par le manque de confiance des entrepreneurs, les taux d’intérêt élevés (10 % en septembre 2016), mais aussi par le maintien des restrictions de financement en devises imposées dans le cadre des sanctions occidentales, prolongée pour six mois (jusqu’à fin janvier 2017). Les contraintes budgétaires pourraient limiter es investissements publics. La hausse des dépenses dans les secteurs des hydrocarbures et de la défense pourrait être plus lente.
L’inflation pourrait continuer à baisser en raison notamment du raffermissement du cours du rouble, mais les conséquences de l’embargo imposé sur l’achat de certains produits en Europe et en Turquie, prolongé jusqu’à fin 2017, devraient maintenir le niveau prix des biens importés, notamment alimentaires, relativement élevé.

 

Dégradation du solde budgétaire et du solde courant

Le déficit budgétaire devrait se creuser légèrement en 2016. Les prix bas du pétrole devraient continuer à peser sur les recettes provenant des hydrocarbures (50 % du total) alors que la faiblesse de l’activité contraindra les revenus hors pétrole. Le projet de budget 2016, établi sur la base d’un cours du pétrole de 50 USD/baril, prévoit une lente progression des pensions de retraite (4 %) et le gel des salaires publics, en vue de limiter la dégradation des finances publiques et l’endettement de l’Etat. Le budget de la défense devrait continuer à augmenter modérément. L’Etat dispose cependant de confortables réserves pour y faire face, grâce aux fonds (de réserve et souverain), déjà sollicités en 2015, mais totalisant encore près de 105 milliards d’USD (9 % du PIB) en août 2016. Le gouvernement a lancé début juillet 2016 le programme de privatisation avec la vente de 11% du capital du producteur de diamant Alrosa mais a suspendu en septembre 2016 la vente de participation dans le producteur de pétrole Bashneft et la compagnie navale Sovcomflot.
L’excédent courant devrait se stabiliser en 2016. Les exportations, largement dominées par les hydrocarbures (2/3 des revenus), devraient rester contraintes par le bas niveau des prix. La faible compétitivité des produits russes pourrait en outre limiter les exportations hors pétrole, malgré la baisse du rouble. Une demande intérieure déprimée, le maintien des sanctions et des mesures d’embargo sur certains produits européens et turcs, devraient néanmoins limiter les importations. Les IDE ne devraient pas rebondir, en l’absence de réelle amélioration de la situation en Ukraine et de la gouvernance.

La persistance d’un cours bas du pétrole (auquel le cours du rouble est fortement corrélé) et les échéances de dette extérieure (environ 74 milliards d’USD au second semestre 2016), devraient maintenir la pression à la baisse sur le rouble, dont la volatilité s’est accrue depuis l’introduction d’un système de change flottant fin 2014. L’endettement extérieur de la Russie (à 90 % dette des banques et des entreprises) est en net repli (-20 % entre fin 2014 et fin 2015) et les réserves de change élevées (de l’ordre de 12 mois d’importations en août 2016) limitent les risques de défaut, sans l’exclure pour certaines entreprises et/ou banques.
Le risque de solvabilité et de liquidité du système bancaire a en effet fortement augmenté sous l’effet de la détérioration de la qualité du portefeuille dans un contexte de crise économique, mais aussi du coût élevé du financement lié aux sanctions internationales qui privent les plus grandes banques d’accès aux marchés financiers.

 

Une situation politique qui devrait rester stable et un environnement des affaires toujours déficient

La popularité de V. Poutine au niveau national s’est renforcée au moment de l’intervention russe en Crimée en mars 2014. Le mécontentement existe pourtant au sein de la population et les tensions pourraient s’accentuer dans un contexte de ralentissement économique. Le durcissement du régime, se traduisant notamment par un contrôle renforcé de l’Etat sur les medias et internet, limite toutefois considérablement les capacités d’organisation et d’expression des mouvements d’opposition. Les élections législatives de septembre 2016 ont confirmé la prédominance du parti présidentiel, Russie Unie (54 % des voix) mais avec une faible participation (48% contre 60 % en 2011).
Les lacunes en matière de protection des droits de propriété, la faiblesse de la gouvernance et le manque de transparence des entreprises affaiblissent fortement l’environnement des affaires. Malgré des progrès, la Russie est classée au 168ème rang (sur 215) selon l’indice de gouvernance de la Banque Mondiale en matière de lutte contre la corruption, qui reste un point faible récurrent.

 

Dernière mise à jour : Septembre 2016

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