Les études économiques et analyses risques pays Coface
Russie

Russie

Population 143,7 millions
PIB 2057,301 milliards $US
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2012 2013  2014 2015
Croissance PIB (%) 3,4 1,3 0,6 -3,0
Inflation (moyenne annuelle) 5,1 6,5 11,0 15,0
Solde budgétaire / PIB (%) 0,4 -1,3  -1,6 -2,3
Solde courant / PIB (%) 3,3 1,6 2,7 2,9
Dette publique / PIB (%) 11,8 10,8 11,6 12,7

 

 (p) Prévisions  (e) Estimation

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources naturelles (pétrole, gaz et métaux)
  • Main d’œuvre qualifiée
  • Faible endettement public et réserves de change confortables
  • Puissance régionale et énergétique affirmée

POINTS FAIBLES

  • Accentuation du caractère rentier de l’économie
  • Manque de compétitivité du secteur industriel
  • Secteur bancaire privé fragile
  • Faiblesse des infrastructures
  • Démographie déclinante
  • Lacunes persistantes dans l’environnement des affaires

Appréciation du risque

Contraction de l’économie en 2015

Le ralentissement de la croissance observé depuis 2013 s’accentuera en 2015. La consommation privée, principal moteur de l’activité, souffrira de l’accélération de l’inflation et de l’endettement croissant des ménages. L’investissement sera handicapé par le manque de confiance des entrepreneurs mais aussi par les restrictions de financement en devises imposées dans le cadre des sanctions occidentales. Par ailleurs, le niveau élevé des  taux d’intérêt, malgré leur abaissement par la banque centrale (BCR) de 17% à 15% en janvier puis à 14% en mars 2015 pèsera sur le crédit.

L’inflation devrait nettement accélérer en 2015. Le renchérissement des biens importés consécutif à la dépréciation du rouble ainsi que les conséquences de l’embargo imposé sur certains produits agroalimentaires a ainsi entraîné une hausse de 15% des prix en janvier 2015.

Le risque de solvabilité et de liquidité du système bancaire a fortement augmenté sous l’effet de la détérioration de la qualité du portefeuille dans un contexte de crise économique, mais aussi du coût élevé du financement lié aux sanctions internationales qui privent les plus grandes banques d’accès aux marchés financiers. La dépréciation du rouble augmente en outre la valeur de leur dette en dollar.

 

Dégradation du solde budgétaire mais amélioration du solde courant

Le déficit budgétaire se creusera en 2015, tout en restant modéré. L’affaiblissement du cours du pétrole réduira les recettes provenant du secteur des hydrocarbures (50% du total) et le repli de l’activité contraindra les revenus hors pétrole. La maîtrise des dépenses, afin de limiter la dégradation des finances publiques et l’endettement de l’Etat, devrait se traduire par une progression plus lente des salaires et des pensions. Toutefois, le budget de la défense devrait augmenter. Par ailleurs des aides ont été annoncées en faveur de certains secteurs pour soutenir la production de substitution aux importations. Les finances publiques russes restent néanmoins solides. L’Etat dispose de réserves qui, bien qu’en baisse, restent confortables (6 mois d’importations) et notamment d’un fonds de réserve et d’un fonds souverain totalisant 165 milliards d’USD (plus de 10% du PIB).

L’excédent courant devrait augmenter en 2015. Les exportations, largement dominées par le pétrole et le gaz (2/3 des revenus) seront contraintes par l’évolution défavorable des cours. Une reprise modérée de la demande extérieure et une faible compétitivité des produits russes, que la dépréciation du rouble ne suffit pas à relancer, limitera les exportations hors pétrole. Mais le recul des importations sera plus marqué que celui des exportations, compte tenu du fort ralentissement de la demande interne ainsi que de l’impact des sanctions et de l’embargo (les biens alimentaires représentent 13 à 14 % du total).

Le cours du rouble s’est déprécié de près de 45% en 2014 en raison principalement des sanctions et de la baisse du cours du pétrole. Le flottement de la monnaie russe, effectif depuis fin 2014, accentuera sa volatilité en 2015. La défiance vis-à-vis de l’évolution économique et politique du pays encourage les sorties de capitaux (plus de 150 milliards d’USD en 2014). La persistance d’un cours du pétrole faible et des incertitudes sur la situation en Ukraine maintiendra un niveau élevé de sorties de capitaux et  une pression à la baisse sur le cours du rouble. Compte tenu de l’impact de la dépréciation sur l’inflation et le montant des échéances de la dette extérieure des banques et des entreprises (plus de 100 milliards d’USD en 2015), les autorités pourraient être contraintes de prendre des mesures de contrôle de change. Le risque de défaut d’entreprises et/ou de banques ne peut en outre être écarté. 

 

Une situation politique et sociale fragile et un environnement des affaires déficient

La popularité de V. Poutine au niveau national s’est renforcée au moment de l’intervention russe en Crimée en mars 2014. Le mécontentement existe pourtant au sein de la population, comme en témoignent les manifestations organisées en septembre 2014 pour demander l’arrêt des opérations militaires en Ukraine ou en décembre pour contester les réformes du secteur de la santé. La situation sociale pourrait se détériorer davantage dans un contexte de ralentissement économique, de hausse de l’inflation mais aussi de durcissement du régime se traduisant notamment par un contrôle renforcé de l’Etat sur les medias et internet qui limite considérablement les capacités d’organisation et d’expression des mouvements d’opposition.

Les lacunes en matière de protection des droits de propriété, la faiblesse de la gouvernance et le manque de transparence des entreprises affaiblissent fortement l’environnement des affaires. La Russie est ainsi classée au 176ème rang (sur 215) selon l’indice de gouvernance de la Banque Mondiale en matière de lutte contre la corruption, qui reste un point faible récurrent.

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