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Rwanda

Rwanda

Population 11,5 millions
PIB par habitant 729 $US
B
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

Principaux indicateurs économiques 2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 8,9 5,9 5,1 6,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,5 5,7 5,3 4,8
Solde public / PIB (%) * -5,3 -3,8 -4,3 -3,9
Solde courant / PIB (%) -13,4 -14,4 -10,2 -11,2
Dette publique / PIB (%) 36,4 44,5 45,7 47,1

* Dernière année fiscale du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018 (p) : prévision 

POINTS FORTS

  • Potentiel géologique : cassitérite, coltan, or
  • Potentiel touristique
  • Main d’œuvre qualifiée et infrastructures de qualité
  • Progrès importants en matière de gouvernance et d’environnement des affaires 

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux cours des produits primaires (thé, café) et à l’aide internationale
  • Enclavement et exposition aux tensions géopolitiques de la région des grands lacs
  • Forte pression démographique et densité de population parmi les plus élevées d’Afrique 

Appréciation du risque

Perspectives de croissance solides

Pénalisée par des conditions de sécheresse en début d’année et l’achèvement d’importants projets qui avaient porté l’expansion du secteur de la construction, la croissance, bien que toujours vive, s’est modérée en 2017. L’activité devrait de nouveau accélérer en 2018, épaulée, en premier lieu, par de conditions climatiques plus favorables. En effet, une meilleure récolte devrait soutenir l’augmentation des exportations de thé et de café (près de 25 % des exportations) et, ainsi, permettre une contribution accrue de ces dernières à la croissance en 2018. L’investissement, privé comme public, dans les projets d’infrastructure, dont celui de l’aéroport de Bugesera, devrait permettre au secteur de la construction de retrouver de l’allant après plusieurs trimestres consécutifs de contraction. Ces investissements contribueront également au développement des industries manufacturières et au dynamisme du secteur des services qui pèse pour près de 50 % dans le PIB. Enfin, la reprise de la croissance du crédit, soutenue par une politique monétaire relativement accommodante, devrait se traduire par un rebond de la consommation des ménages, Cette dernière bénéficiera également d’une inflation modérée, en deçà de la cible des 5 % fixée par la Banque Nationale du Rwanda. Le chômage élevé (environ 17 %) et les revenus encore faibles tirés de l’agriculture constitueront néanmoins des freins à la croissance de la consommation privée.

Après avoir atteint un pic en février 2017, l’inflation a sensiblement baissé en 2017 compte tenu de l’atténuation des effets de la sécheresse sur les prix de l’alimentation et de la faible demande interne. Les prix devraient néanmoins croître à un rythme plus soutenu en 2018 sous l’effet conjugué de la politique accommodante de la banque centrale et de prix de l’énergie plus élevé.

 

Poursuite des ajustements budgétaires et extérieurs

La politique budgétaire plus prudente adoptée depuis l’exercice budgétaire 2016/17 devrait être poursuivie afin d’atteindre les objectifs fixés par le FMI dans le cadre du programme d’instrument de soutien à la politique économique (ISPE). La dépendance des finances publiques à l’égard des dons (plus de 20 % des recettes) demeurera élevée, en dépit d’un net déclin ses dernières années. L’élargissement de l’assiette fiscale devrait être contraint par les avantages fiscaux introduits pour soutenir la politique « Made in Rwanda ». L’arrivée à échéance fin 2018 du programme de développement économique et de réduction de la pauvreté (ESDRP II) devrait se traduire par une baisse des dépenses d’investissement en capital. Le déficit budgétaire devrait donc se réduire progressivement.

En dépit des efforts de réduction de déséquilibre budgétaire, le déficit de la balance courante devrait se creuser en 2018. L’essentiel de cette évolution sera imputable aux mouvements de la balance commerciale. En effet, la hausse des exportations de café et de thé ne compensera pas la hausse de la facture des importations de biens d’équipements pour la construction de l’aéroport de Bugesera. En excluant ces importations liées à l’aéroport de Bugesera, la politique de substitution des importations « Made in Rwanda » devrait permettre de commencer à en réduire la facture. Cette politique fait partie intégrante de la stratégie rwandaise pour réduire ses déséquilibres extérieurs dans les prochaines années. Longtemps financé par l’aide des bailleurs de fonds internationaux, le déficit de la balance courante l’est désormais également par les IDE et la dette. Les investissements consentis par le gouvernement ces dernières années ont conduit à une augmentation rapide de cette dernière. Néanmoins, le risque de surendettement demeure limité et les ajustements budgétaires et extérieurs visent à garantir la soutenabilité de la trajectoire future de la dette.

 

Environnement des affaires attractif malgré les tensions régionales

Le président Paul Kagamé s’est octroyé un troisième mandat consécutif en août 2017, obtenant, officiellement, près de 99 % des voix. Muselant toutes les dissidences et ayant préalablement levé les obstacles constitutionnels, le régime de P. Kagame et du Front Patriotique Rwandais (FPR), encore dénoncées en juillet 2017 dans un rapport d’Amnesty International pour les atteintes aux libertés politiques, s’est assuré un scrutin sans surprise. Elle confirme néanmoins l’emprise de P. Kagamé et du FPR sur le pays. Souvent pointé du doigt par la communauté internationale pour le manque de liberté politique, le Rwanda se distingue néanmoins en Afrique par un environnement des affaires attractif. Classé 41e (sur 190 pays) dans le rapport Doing Business 2018, soit un gain de 15 places en un an, le pays est signalé dans le rapport comme étant le plus réformateur au cours des 15 dernières années. Le pays s’est notamment hissé au deuxième rang mondial dans le domaine du transfert de propriété et au sixième en matière d’obtention de prêt.

Les tensions dans la région des Grands Lacs demeurent une source possible d’instabilité. Des escarmouches entre le M23, milice armée qui opère dans la région du Kivu (à l’Ouest du Congo), et le groupe armé rwandais du FDRL (Front de Libération du Rwanda) ponctuent occasionnellement les relations de voisinage avec le Congo-Kinshasa. Le gouvernement du Congo continue d’ailleurs de pointer du doigt le Rwanda pour le soutien offert aux combattants de M23. Les relations avec le Burundi se sont également dégradées depuis l’éclatement de la crise politique burundaise en 2015.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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