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Sénégal

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Population 15,6 millions
PIB par habitant 943 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 6,5 6,6 6,8 7,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,1 0,8 1,5 1,6
Solde public / PIB (%) -4,8 -4,2 -3,7 -3,5
Solde courant / PIB (%) -6,9 -6,1 -7,1 -6,2
Dette publique / PIB (%) 56,9 59,1 61,0 61,4

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Dynamisme économique lié à la mise en œuvre de grands projets d’investissement
  • Soutien des bailleurs de fonds dans le cadre du Plan Sénégal Emergent
  • Progrès en termes de climat des affaires et de gouvernance
  • Solides antécédents en matière de stabilité politique
  • Importantes réserves de pétrole et de gaz naturel au large des côtes sénégalaises

POINTS FAIBLES

  • Croissance et exportations soumises aux aléas climatiques et à l’évolution du cours des produits de base
  • Insuffisance des infrastructures (énergie, transports)
  • Importants déficits jumeaux
  • Faible niveau de richesse par habitant, chômage et disparités régionales 

Appréciation du risque

Le Plan Sénégal Emergent soutient encore la croissance

La troisième année d’exécution du Plan Sénégal Emergent (PSE) s’est traduite par une nouvelle hausse de la croissance en 2017. En 2018, la consolidation des performances économiques devrait se poursuivre grâce à la réalisation des projets dans l’énergie et les infrastructures et aux réformes visant à rendre l’environnement davantage attractif, stimulant l’investissement privé. Ce dernier pourrait notamment être catalysé par la création du Dakar International Integrated Economic Zone (DIIEZ), un hub logistique et industriel situé près de l’aéroport Blaise Diagne (inauguré fin 2017). Outre les secteurs de la construction et de l’énergie, les industries extractives et chimiques devraient également continuer à contribuer positivement à la croissance grâce à la poursuite de la relance des Industries Chimiques du Sénégal permettant de maintenir la production de phosphate à un niveau élevé. En revanche, les perspectives prometteuses dans les hydrocarbures, dont les projets sont encore en phase d’exploration, ne devraient pas se traduire sur les chiffres de la croissance avant 2019-2020. En 2018, la hausse de la production agricole, soutenue par des investissements dans les filières clefs (riz, arachide, horticulture) et le Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise, sera l’un des principaux facteurs de croissance. Les services se montreraient également dynamiques grâce aux activités de commerce et de transport.

La maîtrise de la dette, priorité de la gestion des deniers publics

La poursuite de l’assainissement budgétaire dans le cadre d’un programme de soutien à la politique appuyée par le FMI devrait se traduire par une nouvelle réduction du déficit budgétaire. Le dynamisme de l’économie combiné aux progrès dans la collecte des recettes fiscales participeront à la hausse des recettes. Elle permettra de financer, en partie, l’effort d’investissement dans le cadre du PSE. Le service de la dette, en augmentation ces dernières années (passant de 13,5 % des recettes budgétaires en 2006 à près de 35 % en 2017), pèsera encore sur les dépenses. Les efforts de rationalisation de la dépense publique devraient se traduire par une hausse maîtrisée des dépenses courantes. L’assainissement budgétaire vise à maîtriser la trajectoire de la dette, en rapide augmentation ses dernières années. Aussi, en 2018, le recours à l’emprunt devrait être modéré. Le gouvernement espère pouvoir inverser la trajectoire de la dette à partir de 2019.

Creusé en 2017 par la dégradation de la balance commerciale et les rapatriements de profits des entreprises, le déficit du compte courant devrait rester élevé en 2018. Les déficits de la balance commerciale et de celle des revenus devraient se stabiliser. Les activités de transport et de tourisme, stimulées par les investissements dans les infrastructures aéroportuaires, pourraient permettre de réduire le déficit de la balance des services. La balance des transferts, grâce aux transferts des travailleurs expatriés, devraient elles contribuer positivement au solde de la balance courante. L’augmentation des IDE permet de financer une partie de ce déficit extérieur. Outre les dons et les prêts au secteur public, il est également financé par l’endettement extérieur. La vulnérabilité du Sénégal en cas de choc est accrue du fait de la chute des réserves de change, qui couvraient 3,5 mois d’importations en 2017 contre 4,6 en 2015, dans l’UEMOA.

 

Les législatives lancent la course vers la présidentielle 2019

Souvent dressé en modèle de stabilité et de démocratie en Afrique, le Sénégal a, partiellement, confirmé sa réputation à l’occasion des élections législatives 2017. Marquée par le retour de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), la campagne a été âpre et tendue. En obtenant 125 sièges (sur 165), la coalition Unis pour le même espoir (BBY) soutenant le président en exercice Macky Sall s’est adjugée la majorité absolue. Néanmoins, avec pas moins de 13 partis représentés et moins de 3 000 voix d’écart avec la liste de Khalifa Sall à Dakar, la victoire est loin d’être aussi écrasante que ne le suggère la lecture des résultats. Alors que les importants taux de croissance tardent à se matérialiser en progrès sociaux pour la population, le mécontentement à l’égard du président grandit. Il pourrait donc se retrouver fragilisé à l’approche des élections présidentielles 2019. Avec pas moins de 47 listes en course lors des législatives, l’opposition pourrait toutefois avoir du mal à se structurer pour renverser le président dans les urnes.

La stabilité politique demeure un argument pour le Sénégal dans l’évaluation de l’environnement des affaires. Les efforts fournis, notamment dans le cadre du Programme de réforme de l’environnement des affaires et de la compétitivité, ont été récompensé par une progression de sept places dans le classement Doing Business 2018. À la faveur de progrès dans les procédures de création d’entreprises et dans l’exécution des contrats, le Sénégal (140e sur 190) consolide une place au-dessus de la moyenne régionale et talonne désormais la Côte d’Ivoire.

Les groupes terroristes islamistes demeurent une menace non-négligeable de déstabilisation. En 2017, les attentats perpétrés au Mali, en Mauritanie et au Burkina Faso ont notamment conduit la France et les États-Unis à recommander une vigilance accrue à leurs ressortissants au Sénégal. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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