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Serbie

Serbie

Population 7,1 millions
PIB par habitant 5 348 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 0,8 2,8 2,0 3,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,4 1,1 3,3 3,3
Solde public / PIB (%) -3,7 -1,4 0,5 -0,3
Solde courant / PIB (%) -4,7 -4,0 -5,0 -5,5
Dette publique / PIB (%) 74,6 72,5 65,0 64,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Réforme du secteur public en liaison avec FMI et UE
  • Processus d’adhésion à l’UE en cours
  • Ressources naturelles (charbon, bauxite, cuivre, zinc, or) et autosuffisance alimentaire
  • Industrie automobile moderne
  • Transferts des expatriés

POINTS FAIBLES

  • Secteur public massif et peu efficace
  • Déficit d’infrastructures de transport isolant le pays
  • Sensibilité aux conditions climatiques (agriculture, énergie)
  • Manque de productivité des industries extractives et manufacturières (hors automobile)
  • Niveau encore élevé de créances douteuses (15,6 % en septembre 2017) pesant sur des banques aux ¾ étrangères
  • Forte euroisation du crédit (67 %)
  • Informalité élevée et faible participation des femmes dans l’économie

Appréciation du risque

Vivacité de la demande intérieure

 

 

Après une année 2017 décevante, où la croissance a été affectée par l’impact négatif d’un hiver rigoureux, puis de la sècheresse sur la construction, l’agriculture et la production d’électricité, 2018 devrait retrouver une activité dynamique. Elle sera notamment portée par la consommation. Les ménages profiteront de la dynamique des salaires, tant dans le privé que dans le public, de l’augmentation des pensions de 5 % au 1er janvier, de la progression de l’emploi et de celle du crédit dont le coût devrait diminuer avec un taux directeur abaissé à 3,5 % en octobre 2017. Grâce aux marges budgétaires, les administrations devraient accroître leurs achats de biens et services. L’investissement public dans le réseau routier, ferroviaire et d’irrigation en profitera aussi. Tandis que l’investissement étranger continuera dans l’industrie, la construction et le commerce, l’investissement domestique privé devrait enfin bénéficier du redémarrage du crédit aux entreprises, même si celui-ci restera contraint par le niveau encore élevé de créances douteuses, particulièrement chez les banques publiques. Les exportations devraient gagner en vigueur sur leurs marchés bien orientés, même si on peut s’inquiéter de leur compétitivité future du fait de la juxtaposition de la fermeté du dinar et d’une inflation significative. La banque centrale, soucieuse de la forte euroisation de l’économie, maintiendra la stabilité du dinar, empêchant l’inflation importée de s’ajouter aux pressions engendrées par la vigueur de la demande domestique et de l’emploi, ainsi que l’augmentation du prix de l’énergie. Dans le même temps, les importations seront dopées par la vigueur de la demande intérieure, annihilant la contribution des échanges à la croissance.

Consolidation budgétaire à compléter

Dans le cadre de l’accord conclu avec le FMI en février 2015 pour trois ans, les autorités ont procédé à une consolidation budgétaire qui a conduit à l’équilibre et à l’allègement de la dette. Elles ont été aidées par le retour de la croissance qui accroît mécaniquement les recettes. Profitant des marges ainsi dégagées, elles augmenteront l’investissement, les retraites et les salaires des fonctionnaires, jusqu’à 10 % dans l’éducation, la santé, la justice, l’armée et les finances, compensant partiellement les baisses opérées en 2014. L’expiration de l’accord FMI début 2018 fait s’interroger sur la pérennité des résultats accomplis, alors qu’il reste à faire. La charge des salaires, en dépit de la réduction des effectifs, reste lourde. La règle d’équilibre budgétaire date. La restructuration des nombreuses entreprises publiques, présentes dans le transport, l’énergie, l’extraction et la pétrochimie, parfois préalable à leur privatisation, ou la dissolution pour les plus mal en point, a pris du retard. Le fonctionnement de l’administration laisse encore beaucoup à désirer. Si la dette s’allège, elle n’en demeure pas moins conséquente, à 75 % libellée en dollar ou en euro, et à 60 % détenue par des non-résidents, dont plus de la moitié de créanciers publics qui ont offert des conditions favorables. Les autorités ont entrepris de réduire la part en devises en la refinançant, avec succès, par des émissions en dinar.

 

Déficit courant financé par les IDE

Les échanges de marchandises sont déficitaires, à hauteur de 9 % du PIB (2016). Les exportations sont dominées par l’automobile, les produits agricoles, les métaux et une grande variété de produits manufacturés à moyenne ou faible valeur ajoutée destinés surtout aux pays voisins. Une large part du déficit s’explique par les importations liées aux investissements. Les rapatriements de dividendes et intérêts par les investisseurs étrangers représentent environ 6 % du PIB. Leur progression en 2018, ajoutée à celle des importations, entraîneront un léger creusement du déficit courant. L’excédent des services (près de 3 % du PIB, avec le tourisme) et les remises des travailleurs émigrés (9 %) compensent en partie. Le déficit courant résiduel est financé par les investissements directs étrangers, tant dans l’industrie (ex. usine Fiat de Kragujevac, dont l’État possède les 2/3, emploie 10 000 personnes, fournit 8 % des exportations et 3 % du PIB) que dans les infrastructures de transport et d’énergie (Chine, Russie). Les réserves en devises représentent 6 mois d’importations (sept. 2017), et ajoutées à l’accord de swap avec la Chine, prémunissent contre une crise de change qui fragiliserait une économie encore très endettée en euro, malgré la dinarisation en cours. La dette extérieure s’allège (71 % du PIB fin juin 2017), à l’image de celle du secteur public qui en constitue 57 %.

 

Bonnes relations avec l’Occident et la Russie

Les élections anticipées (déjà le cas de celles de 2014) d’avril 2016 ont reconduit aux affaires le Parti progressiste (SNS) avec 57 % des sièges. Après l’élection à la présidence du premier ministre Aleksandar Vučić, ce dernier a été remplacé par Ana Brnabic en juillet 2017, tout en conservant la présidence du SNS. En octobre 2017, il a été question de la tenue de nouvelles élections anticipées début 2018, afin de les faire coïncider avec les élections locales, notamment celle de Belgrade où le SNS est en perte de vitesse. Elles seraient probablement remportées par le SNS face à une opposition désunie. L’environnement des affaires demeure contraint par les lenteurs administratives, la corruption et les interférences politiques. Les négociations en vue d’une adhésion à l’UE vont se poursuivre, même si la normalisation des relations avec le Kosovo tarde et celles avec la Bosnie Herzégovine sont compliquées par l’attitude des serbes de Bosnie. De plus, le pays tient à entretenir de bonnes relations aussi bien avec l’Occident qu’avec la Russie.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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