Les études économiques et analyses risques pays Coface
Soudan

Soudan

Population 37,3 millions
PIB par habitant 2005 $US
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Evaluation des risques dans ce pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013 2014  2015 (p) 2016 (p)
Croissance PIB (%) 3,9 3,3 3,5 3,7
Inflation (moyenne annuelle) 36,5 36,9 19,8 12,8
Solde budgétaire / PIB (%) -2,3 -1,1 -1,8 -1,3
Solde courant / PIB (%) -8,9 -7,7 -5,8 -5,6
Dette publique / PIB (%) 89,9 74,0 71,5 74,0

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Membre de l’Union africaine et du COMESA (marché commun d’Afrique orientale et australe)
  • Position stratégique entre le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest
  • Relative stabilisation via l’accord pétrolier avec le Soudan du Sud

POINTS FAIBLES

  • Perte de revenus pétroliers à la suite de l’indépendance du Soudan du Sud
  • Secteur bancaire en grande difficulté
  • Dette extérieure non viable
  • Manque d’investissements dans les infrastructures
  • Lacunes importantes en termes de gouvernance
  • Insécurité (notamment aux frontières avec le Soudan du Sud)
  • Niveau élevé du chômage (notamment des jeunes) et de la pauvreté

Appréciation du risque

Une croissance peu dynamique tributaire du secteur primaire

Des progrès importants ont été accomplis en matière de restauration de la stabilité macroéconomique et de renforcement de la croissance depuis le choc de la sécession du Soudan du Sud en 2011. L’assainissement des finances publiques et le resserrement de la politique monétaire ont permis de ramener l’inflation sous la barre des 20 %, de réduire le déficit courant et de soutenir la croissance.
La croissance devrait demeurer stable en 2016 sans toutefois retrouver son niveau d’avant crise. Elle devrait continuer d’être tirée par les minerais, l’agriculture et les taxes perçues sur le transit des marchandises vers le Soudan du Sud. En effet, l’agriculture demeure un secteur clé de l’économie soudanaise, tant en termes d’activité (42 % du PIB) que d’emplois (80 % de l’emploi total). La production de gomme arabique devrait progresser, sous l’impulsion des réformes gouvernementales soutenues par la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole. Le secteur devrait toutefois demeurer vulnérable au phénomène d’El Niño qui pourrait avoir un impact négatif sur l’activité agricole. La production d’or devrait également augmenter pour atteindre 100 tonnes en 2016 (contre 80 en 2015), de même que la production de pétrole. Le secteur manufacturier serait lui stimulé par les investissements étrangers dans l’industrie sucrière et dans le textile qui devraient profiter de la baisse des coûts des matières premières. Le secteur des services resterait entravé par la prépondérance du travail informel peu productif ainsi que par la complexité administrative.
Le déclin de la confiance des entrepreneurs combiné aux coûts de production élevés et à la difficulté d’accès au crédit, devrait affaiblir l’investissement privé qui resterait limité à l’exploration des sous-sols. Par ailleurs, l’inflation devrait se replier mas resterait élevée, ce qui pèserait toujours sur la consommation des ménages.
En effet, l’inflation au Soudan devrait demeurer l’une des plus élevées en Afrique. Après avoir subi des pressions à la hausse suite à la suspension des subventions au prix du blé, à la dépréciation du taux de change face au dollar et aux ruptures d’approvisionnement en raison de conflits, l’inflation devrait progressivement diminuer compte tenu de la politique monétaire restrictive menée par la Banque centrale et de la faiblesse des prix des denrées alimentaires importées.

 

Des déficits jumeaux qui ont tendance à se résorber

L’indépendance du Soudan du Sud a provoqué une chute brutale des échanges extérieurs du pays, auparavant tirés par le secteur pétrolier. En 2016, le Soudan ne devrait profiter que faiblement de la de la reprise des exportations liée à l’exploitation des nouveaux sites pétroliers, compte tenu du prix du baril relativement faible. De la même manière, les recettes d’exportation d’or devraient légèrement se contracter en raison de la baisse des volumes exportés. La balance commerciale devrait toutefois être soutenue par l’augmentation des exportations de graines de sésame surtout vers l’Asie (Chine, Emirats Arabes Unis et Arabie Saoudite). Les investissements étrangers ne suffiraient pas à couvrir le déficit courant qui devrait se stabiliser en 2016.
Le déficit budgétaire devrait demeurer à un niveau stable et peu élevé, soutenu par une politique budgétaire prudente et par une baisse des dépenses courantes (subventions reçues par le système de santé, autres dépenses sociales)
Par ailleurs, les fragilités du secteur bancaire devraient pousser les banques à durcir et limiter leur offre de crédit au secteur privé. De plus, le niveau élevé d’inflation affaiblirait toujours les taux d’intérêt réels et donc les marges bancaires.

 

Environnement des affaires défavorable

Le président Omar el-Béchir soutenu par le Parti du congrès national, a été réélu (en remportant 94,5 % des voix) pour cinq ans lors des élections présidentielles qui ont eu lieu en avril 2015, après avoir été 25 ans au pouvoir. La victoire était prévisible compte tenu du boycott de l’opposition. Ces élections controversées se sont déroulées dans un climat de tensions politiques palpables et leur déroulement, ponctué de violences et de problèmes administratifs, a été critiqué par l’UE, la Grande-Bretagne, la Norvège et les Etats-Unis. La situation sécuritaire dans les cinq Etats fédérés du Darfour demeure très instable. Des tensions persistent entre forces gouvernementales et forces rebelles en plus des heurts intercommunautaires récurrents.
Sur le plan extérieur, malgré l’accession à l’indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, des litiges relatifs aux frontières, aux taxes de transits et à l’identité des ressortissants de chaque pays, persistent et entachent les relations entre les deux Etats. Toutefois, l’enjeu économique commun lié à la production et à l’acheminement du pétrole conduit les pays à coopérer.
L’environnement des affaires est particulièrement dégradé comme le soulignent les évaluations de la Banque mondiale, plaçant le pays à la 159ème position sur 189 pays. En effet, les carences notamment en matière de commerce transfrontalier de d’obtention de prêts détériorent la gouvernance.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016

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