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Syrie

Syrie

Population 18.5 million
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Synthèse

POINTS FORTS

  • Position géographique stratégique
  • Pays de transit énergétique

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile depuis 2011
  • Contrôle d’une partie du territoire par l’Etat Islamique
  • Situation économique, financière et humanitaire critique
  • Déclin de la production de pétrole

Appréciation du risque

Le rapport de force penche en faveur du régime de Bachar El-Assad

La situation syrienne qui cristallise enjeux locaux, régionaux et internationaux, est toujours critique. A la confrontation entre le régime de Bachar El-Assad et les rebelles syriens depuis 2010 se sont ajoutés un nombre important d’acteurs et une multiplication des lignes de front. Le conflit s’est internationalisé avec l’intervention de la Russie et de l’Iran au côté du régime de B. El-Assad. La coalition des forces occidentales (américaines, britanniques et françaises) a également intensifié son engagement, notamment pour venir à bout de l’organisation Etat Islamique (EI).

En décembre 2016, la victoire obtenue à Alep-Est par les forces pro-régime, soutenues par les bombardements de l’Iran et de la Russie, permet à Damas de reconquérir le dernier centre urbain tenu par les rebelles. Si cette victoire n’est pas synonyme de fin de la guerre civile, elle éteint probablement les derniers espoirs des rebelles, repoussés dans les régions rurales à l’Ouest et des régions moins peuplées à l’Est, d’obtenir une victoire militaire. Enhardi par les victoires militaires et après l’échec des négociations de paix entre son régime et les rebelles en avril 2016, B. El-Assad rejette désormais tout compromis et a promis que l’Armée Syrienne poursuivrait le combat jusqu’à la récupération de l’intégralité du pays. Néanmoins, les forces du régime demeurent dépendantes du soutien militaire des alliés russes et iraniens. Ces derniers, outre le soutien militaire, appuient également le régime d’Assad au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Le nouveau président des Etats-Unis, D. Trump, devrait également changer les perspectives de la guerre civile. La position du nouveau président tranche avec la position de l’administration Obama qui avait fait, au côté de la France notamment, du départ d’Assad une conditionsine qua noneà un accord de paix. Les Etats-Unis rejoindraient ainsi la Turquie dans les rangs des acteurs internationaux considérant une transition en Syrie qui permettrait au président Assad de rester à la tête du pays. Sur le terrain, ce changement se traduirait par une réduction des aides fournies par les Etats-Unis aux rebelles, afin de privilégier les groupes d’opposition au régime qui combattent l’EI, particulièrement au Nord du pays.

Militairement et diplomatiquement, le rapport de force semble donc pencher en faveur du régime de Bachar El-Assad. Néanmoins, avec la persistance de groupes rebelles et de l’EI en Syrie, le conflit devrait se poursuivre en 2017.

 

Effondrement du tissu économique

L’érosion du tissu économique syrien se poursuit. Il est difficile, en raison du manque de données, d’évaluer l’impact économique du conflit. En effet, le pays reste morcelé entre différentes zones d’influence et la persistance des combats continue d’engendrer des destructions d’infrastructures et des déplacements de populations. D’après une estimation de la Banque mondiale, le PIB syrien s’est contracté de plus de 15,4 % par an en moyenne entre 2011 et 2014. En 2016, l’organisation internationale estime que le PIB s’est encore contracté de 4 %. La diminution du PIB est principalement imputable à la baisse de la production pétrolière. En 2010, la Syrie produisait l’équivalent de 360 000 barils par jour (b/j) contre 32 000 b/j sur les dix premiers mois de 2016. En outre, la poursuite des affrontements et la multiplication des bombardements ont considérablement endommagé les infrastructures aussi bien publiques que privées, annihilant un nombre important de secteurs tels que le transport, la construction et le commerce. Dans un rapport de mars 2016, la Banque mondiale fait état des dommages totaux recensés sur les principales villes du pays (Alep, Homs, Deraa, Hama, Lattaquié et Idlib) et évalue le coût des destructions entre 5,9 et 7,2 milliards de dollars. La situation humanitaire est également critique aussi bien dans les zones d’affrontements que dans les zones contrôlées par les rebelles ou par le régime. Depuis avril 2011, les Nations Unies estiment que la moitié de la population syrienne a été déplacée, dont 4,8 millions de réfugiés à l’étranger et 7,6 millions de déplacés au sein de la Syrie. Les civils sont confrontés à des pénuries d’eau, des coupures d’électricité et à une dégradation de la situation sanitaire en particulier dans les villes assiégées. Les problèmes d’approvisionnement liés aux difficultés d’acheminement des marchandises ont entrainé une augmentation exponentielle de l’inflation. En 2016, la suppression de subventions pour le pétrole et les produits alimentaires, ainsi que la dépréciation de la livre syrienne face au dollar auraient mené à une augmentation de plus de 45 % des prix à la consommation.

 

Creusement des déficits jumeaux

Les finances publiques du régime de Bachar El Assad n’ont cessé de se dégrader depuis l’intensification         du conflit. Le déficit public aurait atteint 20 % en 2015, et pourrait continuer à se creuser. La baisse des recettes pétrolières et des prélèvements obligatoires a entraîné une contraction des recettes publiques qui auraient représenté moins de 7 % du PIB en 2015. Par ailleurs, les dépenses publiques ont crû significativement sous le poids de l’augmentation des dépenses militaires. La désertion des services publics dans les zones d’affrontement et le repli dans les zones contrôlées par le régime ont engendré une résorption des dépenses courantes, sans que cela ne freine la fuite en avant des dépenses publiques.

Le solde courant présenterait également un déficit de taille. Les recettes pétrolières se sont effritées passant de 4,7 milliards en 2011 à 0,14 milliard en 2015. Les réserves de change se sont épuisées depuis 2010 passant de 20 milliards de dollars à moins d’un milliard de dollars fin 2015. Le taux de change poursuivrait sa trajectoire baissière passant de 47 livres pour un dollar en 2010 à près de 420 livres pour 1 dollar fin 2016, laissant ainsi le champ au développement d’un important marché noir de devises. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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