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Tadjikistan

Tadjikistan

Population 8,7 millions
PIB par habitant 800 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

Principaux indicateurs économiques 2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 6,0 6,9 5,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,8 5,9 9,0 8,0
Solde public / PIB (%) -1,9 -10,6 -6,5 -6,5
Solde courant / PIB (%) -6,0 -3,8 -3,5 -4,5
Dette publique / PIB (%) 34,1 35,3 48,5 56,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Important potentiel hydroélectrique
  • Richesse en matières premières (minerais, aluminium, coton)
  • Soutien financier des bailleurs de fonds internationaux dont la Chine

POINTS FAIBLES

  • Fragilité du système bancaire
  • Faiblesse des réserves de change
  • Dépendance à l’égard des transferts des travailleurs expatriés
  • Risque terroriste islamiste sur fond de pauvreté et de rareté de l’emploi
  • Voisinage avec l’Afghanistan 

Appréciation du risque

Croissance inférieure au potentiel, dépendante de l’investissement public

Après un net ralentissement en 2017 (vraisem­blablement antérieur, mais non traduit dans les chiffres officiels), l’économie tadjike devrait encore décélérer en 2018 du fait de la consolidation budgétaire et du recul du crédit. Son rythme de croissance restera donc relativement faible eu égard aux performances passées (croissance souvent supérieure à 7 % après 2011) et aux objectifs fixés (8,8 % dans le Plan national de développement pour 2030). Si la reprise en Russie offre un soutien à la consommation des ménages à travers les transferts des expatriés qui représentent environ un tiers du PIB, la non-appartenance à l’Union Économique Eurasiatique continuera de restreindre la mobilité des travailleurs tadjiks vers la Russie. Dans la mesure où la croissance du secteur des services sera contrainte par le dynamisme mesuré de la consommation des ménages, le secteur de la construction demeurera le principal moteur d’une croissance dépendante de l’investissement public, à l’image de la construction de l’installation hydro-électrique de Roghun. Pour autant, les fragilités bancaires contraindront tant l’investissement privé que la capacité de financement de l’État, qui a dû supporter la recapitalisation de quatre banques en décembre 2016 pour un coût estimé à 7 % du PIB. L’assainissement du système bancaire constituerait un élément déterminant pour un retour de la croissance tadjike vers son niveau potentiel, alors que l’offre de crédit est pénalisée par un ratio élevé de prêts non-performants, qui a doublé depuis 2014 pour avoisiner 50 % fin 2016, et la demande de crédit est négativement affectée par les multiples resserrements monétaires destinés à freiner l’inflation. Si les tensions sur le marché du travail se sont légèrement réduites, l’inflation devrait cependant être alimentée par le renchérissement des produits importés consécutif à la dépréciation du somoni face au dollar.

 

Fragilité budgétaire et externe

Le gouvernement devrait poursuivre la consolidation budgétaire entamée en 2017, dont l’objectif est d’améliorer la soutenabilité de la dette publique mis à mal par l’effort significatif consenti lors de la recapitalisation du système bancaire et le premier appel au marché international avec une émission de 500 millions de dollars (7 % du PIB) à un taux supérieur à 7 % destinée à financer le complexe de Roghun. En 2018, malgré l’inefficacité du système fiscal, le léger rebond de l’activité devrait favoriser une hausse des recettes fiscales venant s’ajouter au contrôle sur les dépenses d’investissement. Pour autant, la dette publique demeurera exposée aux engagements contingents de l’État, au risque de change – comme en témoigne l’effet de la dépréciation sur son poids au cours des deux dernières années, ainsi qu’à des coûts additionnels de recapitalisation du secteur bancaire.

Malgré l’augmentation des transferts des expatriés, le rebond très modéré du cours de certaines matières premières, notamment l’aluminium et le coton, qui représentent respectivement 23 % et 15 % des exportations, ainsi que la reprise de l’activité en Russie (20 % des exportations) ajoutant un effet volume à l’effet prix, l’importante dépendance aux importations et la faible diversification des exportations entretiendront un déficit courant conséquent. Les pressions sur le change demeurent, malgré les dépréciations importantes du somoni face au dollar en 2016 et début 2017, rendant le pays vulnérable aux chocs externes. Les mesures de contrôle des capitaux, dont, notamment, l’obligation de déposer une partie des transferts en roubles, témoignent de l’attention particulière portée par la banque centrale (NBT) au taux de change, compte tenu du niveau élevé de dollarisation de l’économie (70 % des prêts sont libellés en devises). Le faible niveau des réserves de change, qui peinent à se stabiliser autour des 3 mois d’importations, laisse peu de marge de manœuvre à la NBT pour soutenir sa monnaie.

 

Fragilité politique et sociale domestique et importée

Élu à la présidence pour la quatrième fois consécutive en novembre 2013, Emomali Rahmon a obtenu le soutien de la population par referendum en mai 2016 pour pouvoir rester à la tête du pays sans limite de durée. Alors que son pays est un important pourvoyeur de djihadistes, le président multiplie les mesures visant à lutter contre la radicalisation de sa population musulmane, à l’image des interdits vestimentaires. Cependant, conjugué à de faibles performances dans la lutte contre la corruption et le trafic de drogue, le niveau élevé de pauvreté (30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté) continue d’alimenter les frustrations sociales et de favoriser le développement de la filière djihadiste.

S’agissant des relations extérieures, les tensions avec l’Ouzbékistan s’affaiblissent depuis l’exécution en février 2017 du premier vol direct entre les deux pays depuis 1992, dans la continuité du relâchement de l’opposition ouzbèke à la construction du barrage de Roghun en raison de son impact supposé sur l’irrigation des champs de coton. En revanche, des problèmes surgissent régulièrement avec le Kirghizistan à propos des frontières, de la répartition des ressources en eau et du transport entre les deux pays. De même, la présence des Talibans dans le Nord de l’Afghanistan pèsent sur la sécurité des populations frontalières, bien que la présence militaire russe et l’aide américaine devraient prévenir tout débordement du conflit sur le territoire tadjike. Les relations avec la Chine s’amplifient avec la réalisation d’infrastructures publiques et les ressources financières apportées par cette dernière.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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