Les études économiques et analyses risques pays Coface
Tadjikistan

Tadjikistan

Population 8,4 millions
PIB par habitant 922 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016 (e) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 6,5 6,1 7,1 5,0
Inflation (moyenne annuelle) 6,1 8,9 9,9 11,5
Solde budgétaire / PIB (%) 0,0 -2,3 -4,0 -3,8
Solde courant / PIB (%) -2,8 -6,0 -5,0 -5,0
Dette publique / PIB (%) 28,2 34,1 46,9 58,1

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Important potentiel hydroélectrique
  • Richesse en matières premières (aluminium, coton et minerais)
  • Soutien financier des bailleurs de fonds internationaux dont la Chine

POINTS FAIBLES

  • Faiblesse des réserves de change
  • Dépendance à l’égard des transferts des travailleurs expatriés
  • Risque de déstabilisation lié au terrorisme islamiste
  • Grande pauvreté et faibles performances en matière de gouvernance

Appréciation du risque

Le repli des investissements publics devrait peser sur la croissance en 2017

La croissance soutenue en 2016 par d’importants investissements publics, devrait baisser en 2017. L’activité du secteur de la construction restera soutenue par la réalisation de différents grands projets lancés en 2016, comme la construction de l’immense barrage de Rogun. Mais globalement, les investissements publics devraient ralentir, tandis que l’investissement privé resterait handicapé par un environnement des affaires peu attractif et des taux d’intérêt élevés (9 % à 11 % en juillet 2016).

Par ailleurs, l’économie tadjike, fortement dépendante des transferts d’expatriés (de l’ordre de 30% du PIB), provenant pour les trois-quarts de Russie, devrait souffrir de la faiblesse des flux de revenus des travailleurs employés à l’étranger. Malgré la sortie de la récession de l’économie russe, les transferts devraient en effet rester contraints par la décision de Moscou de promulguer une loi destinée à limiter l’immigration, en particulier des pays non membres de l’Union Economique Eurasiatique. La consommation des ménages, affectée par l’évolution défavorable de cette source importante de revenus pourrait en outre être ralentie par l’accélération des prix.

L’inflation devrait être alimentée par la hausse des prix de l’électricité et le renchérissement des produits importés consécutif à la dépréciation du somoni face au dollar.

 

Aucune amélioration des déficits jumeaux

Les dépenses budgétaires devraient rester orientées en 2017 dans le domaine social (40 % du total). L’Etat prévoit de poursuivre son programme d’investissements dans les infrastructures, mais devrait revoir à la baisse ses projets, afin d’éviter une trop forte aggravation du déficit. Les subventions sur le prix de l’électricité pourraient être réduites, notamment celles, très coûteuses pour le budget, en faveur de la compagnie d’aluminium TALCO. Le soutien au secteur bancaire devrait en revanche peser sur les finances publiques. Les recettes budgétaires, provenant pour l’essentiel des taxes, devraient pâtir de la faiblesse de l’activité, maintenant le solde déficitaire.

Le déficit courant ne devrait pas se réduire. Les exportations ne devraient pas progresser, compte tenu d’une évolution peu marquée des prix des produits exportés (aluminium, zinc et métaux) et d’une demande qui ne devrait pas augmenter fortement dans les principaux marchés d’exportation du Tadjikistan (Turquie, Kazakhstan).

 

 

La faiblesse de l’outil industriel impliquant une forte dépendance du pays aux produits étrangers, les importations devraient rester élevées, en particulier pour la réalisation des projets d’infrastructures. L’absence de hausse des transferts d’expatriés ne devrait pas favoriser la réduction du déficit, mais le soutien financier international (Chine, BERD, FMI) pourrait éviter une nouvelle dégradation.

Le pays restera vulnérable aux chocs externes, compte tenu de l’évolution du cours de sa monnaie. Après la forte dépréciation observée début 2016 (-11% face au dollar entre janvier et mi-février), la banque centrale (NBT) est intervenue pour défendre le cours du somoni, permettant sa stabilisation. Les mesures très restrictives de contrôle des changes ont dû être assouplies, en raison de leur impact sur l’économie. Le niveau de réserves, évalué à 2,5 mois d’importation (or compris) en juillet 2016, laisse peu de marge de manœuvre à la NBT pour soutenir sa monnaie. Les pressions à la baisse devraient pourtant persister compte tenu du déficit courant et pourraient contraindre l’Etat à dévaluer le somoni en 2017. L’ajustement du taux de change pourrait également figurer parmi les conditions imposées par le FMI pour la conclusion d’un accord d’aide financière, actuellement en cours de négociation. Le sujet bancaire sera également au cœur des discussions, en raison de la dégradation de la situation du secteur, reflétée par la hausse des prêts non performants (de 14 % fin 2015 à 30 % en juin 2016).

 

Un environnement géopolitique complexe et des dissensions ethniques

Élu à la présidence pour la quatrième fois consécutive en novembre 2013, Emomali Rahmon a obtenu le soutien de la population par referendum en mai 2016 pour pouvoir rester à la tête du pays sans limite de durée. Les autres amendements constitutionnels approuvés à cette occasion prévoient de ramener l’âge minimum des candidats à la présidence de 35 à 30 ans, ce qui permettra au fils d’E. Rahmon de briguer un mandat en 2020, si son père (64 ans) ne peut pas se représenter.

La situation sécuritaire reste instable, compte tenu de la menace extrémiste talibane provenant des frontières afghanes et des risques d’extension du terrorisme islamiste dans le pays. Par ailleurs les tensions restent vives à propos de la délimitation des frontières avec l’Ouzbékistan et le Kirghizstan. La détérioration de la situation économique et la pauvreté élevée (plus de 30 % de la population tadjike vit sous le seuil de pauvreté) pourraient exacerber les tensions sociales.

Enfin, les performances en matière de gouvernance selon les indicateurs de la Banque Mondiale, déjà faibles notamment en matière de lutte contre la corruption (180ème en 2015 sur 204 pays), tendent à se dégrader.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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