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Tanzanie

Tanzanie

Population 48,6 millions
PIB par habitant 980 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 7,0 6,9 6,0 6,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,6 5,2 5,4 5,0
Solde public / PIB (%) * -3,3 -3,1 -3,4 -4,3
Solde courant / PIB (%) * -8,5 -5,6 -5,6 -6,5
Dette publique / PIB (%) 36,7 37,2 37,4 38,3

* Année fiscale 2018 : juillet 2017 à juin 2018 (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Richesse minière (or, cuivre)
  • Potentiel gazier grâce aux réserves offshore découvertes en 2010
  • Potentiel touristique (parcs nationaux, littoraux)
  • Stratégie de coopération régionale
  • Soutien international sous la forme de prêts concessionnels
  • Développement des instruments de politique monétaire

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance au cours de l’or
  • Dépendance de l’agriculture (21 % du PIB et 65 % de l’emploi) aux conditions climatiques
  • Insuffisance des infrastructures, en particulier dans les domaines de l’électricité et des transports
  • Politique industrielle inconsistante et environnement des affaires déficient
  • Tensions religieuses entre Zanzibar et le continent 

Appréciation du risque

Une croissance soutenue, exposée à un environnement des affaires sous pression

La croissance devrait rester soutenue en 2018, stimulée par l’investissement public en infrastructure. Au nombre des chantiers lancés par le gouvernement dans le cadre de sa politique d’industrialisation se trouvent notamment le projet d’oléoduc Tanzanie-Ouganda, ainsi que la modernisation du corridor ferroviaire reliant le port de Dar Es Salaam aux pays voisins (Burundi, Zambie et RDC). L’avancée des travaux reste toutefois sujette à l’obtention de financements adéquats, laissant présager certains retards. Ainsi, les travaux du port de Bagamoyo ont été temporairement arrêtés, après que le gouvernement tanzanien s’est retiré du projet, ayant échoué à collecter les financements nécessaires au rachat des terrains. La suite du projet devrait être financée par la Chine. Par ailleurs, la croissance devrait être contrainte par l’atonie du secteur minier, affecté par de nouvelles dispositions législatives réduisant les bénéfices. Le gouvernement a notamment mis en place, en mars 2017, une interdiction d’exporter le cuivre et l’or à l’état brut, de façon à favoriser l’industrie locale de transformation, encore sous-développée. Cette mesure s’ajoute à une nouvelle loi sur le secteur minier, permettant au gouvernement de renégocier à tout moment les contrats avec les entreprises minières et énergétiques, lui accordant une part de 16 % dans tout projet et rendant impossible l’accès à l’arbitrage international. Ce nouveau cadre législatif, ainsi que le différend encore non résolu avec l’entreprise Acacia Mining (qui s’est vu infligée une amende de 300 millions de dollars pour non-respect de l’interdiction d’exporter les minéraux bruts) devraient peser fortement sur la production minière et les investissements dans le secteur. Toutefois, les investissements directs étrangers devraient rester importants, orientés vers les projets d’infrastructure et les ressources gazières. De plus, le secteur touristique devrait continuer à se développer. L’agriculture (21 % du PIB) devrait bénéficier de la croissance du crédit, conséquence de l’assouplissement monétaire. La consommation des ménages et le commerce de détail devraient aussi en profiter. La consommation bénéficierait aussi d’une inflation en diminution grâce à la baisse des prix alimentaires, favorisée par de meilleures récoltes. Enfin, les exportations nettes contribueront négativement à la croissance du fait de la demande de biens et de capital importés pour nourrir la croissance de la consommation privée et les investissements.

 

Des déficits budgétaire et courant grandissants

Le financement des projets d’infrastructures, ajouté à la perte de revenus liée à la moindre production minière, pèsent sur le budget de l’État, creusant le déficit. Des réformes sont en cours afin d’améliorer la collecte fiscale (notamment auprès des entreprises) et d’augmenter les recettes qui ne représentent que 13 % du PIB. Les dépenses liées aux infrastructures sont financées par des prêts extérieurs, divisés équitablement entre concessionnel et non-concessionnel, ainsi que par des emprunts auprès des banques domestiques. Cependant, l’absence de notation par les principales agences (à novembre 2017) limite l’accès aux marchés financiers. Malgré une dette publique majoritairement extérieure (à 78 % en 2016/2017), le risque reste faible, celle-ci étant constituée surtout de prêts multilatéraux à faible taux. Du côté du compte courant, le déficit est structurellement élevé, le pays important deux fois plus qu’il n’exporte. La hausse des importations liées aux projets d’infrastructures et la baisse des exportations minières devraient creuser le déficit commercial. La balance des services devrait, en revanche, être excédentaire, grâce à la croissance des revenus touristiques. Le déficit courant est financé par des IDE (4,2 % du PIB), des prêts et des dons. Les importants flux d’IDE devraient atténuer les pressions à la baisse sur le shilling, dont la dépréciation devrait rester plutôt modérée.

 

Stabilité politique au prix d’une répression de toute opposition

Le parti traditionnel de l’indépendance, Chama Cha Mapinduzi (CCM), victorieux aux élections présidentielles et législatives de 2015, renforce sa mainmise sur le pays. Sous l’égide du président J. Magufuli, de nouvelles lois ont été adoptées pour museler l’opposition, y compris sur les réseaux sociaux. Des voix critiques vis-à-vis de l’action du gouvernement, émanant de la société civile et du principal parti d’opposition Chadema, ont été arrêtées (plus de 400 membres de Chadema arrêtés depuis les élections de 2015), les tribunaux interprétant plutôt largement le concept de « menace à la sécurité nationale ». Une dose d’incertitude vient toutefois des luttes de faction au sein du CCM, entre les soutiens de J. Magufuli et ceux qui contestent son hégémonie. Sur l’île semi-autonome de Zanzibar, le parti d’opposition Chadema possède beaucoup plus de poids, maintenant une pression sur les représentants locaux du CCM. Ce dernier est toutefois fortement susceptible de conserver le pouvoir après les élections de 2020, sa politique anti-corruption ciblée sur les grandes entreprises séduisant largement l’électorat. Une continuité des politiques peu favorables aux investisseurs est donc à prévoir, contraignant l’environnement des affaires (baisse dans le classement Doing Business de la 132e place à la 137e dans l’édition 2018). Enfin, la lutte contre la corruption devrait continuer à se renforcer après d’importants progrès déjà réalisés en 2016 et 2017. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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