Les études économiques et analyses risques pays Coface
Textile - Habillement

Textile - Habillement

Textile
Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie émergente
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Accroissement de la classe moyenne dans les pays émergents
  • Baisse des prix du coton et des fibres synthétiques

Faiblesses

  • Stocks de coton substantiels en Chine dont l’épurement contraint la demande sur le marché mondial
  • Produit à forte élasticité de la demande
  • Menaces des ventes via l’e-commerce

Evaluation des risques

Les faits marquants
Evolution des prix du pétrole, Pet et coton (100 =octobre 2014)

Evolution des prix du pétrole, Pet et coton
(100 =octobre 2014)

Les ventes de textile demeurent peu dynamiques en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest. Les défaillances d’entreprises sont en augmentation sur les segments traditionnels de vente de textile en Europe de l’Ouest. Dans tous les pays développés, les canaux de distribution traditionnels sont victimes du développement des ventes en ligne. En Asie émergente, la production de textile reste handicapée par le choix de la Chine de limiter le volume d’importation de coton net de droit de douanes depuis 2013. Or les industriels chinois se fournissent en dehors du pays en coton de qualité ce qui renchérit les coûts de production.

Le secteur du textile est marqué par la substitution croissante du coton par l’utilisation de fibres synthétiques (polyester, acrylique, viscose). A l’échelle mondiale, le coton ne représentait plus qu’un tiers de la consommation de textile en 2015 contre la moitié en 1994. Moins couteux, facile à mélanger avec d'autres fibres, et ayant un impact sur l'environnement limité par rapport au coton, les fibres synthétiques concentrent les progrès techniques du secteur. De plus, le prix du Polyethylene Terephthalate (PET) et celui du pétrole, d’où il trouve ses origines (Graph), sont corrélés. Fin 2016, alors que les prix du pétrole et du PET ont augmenté respectivement de 26% et 10%, les prix du coton ont également fortement augmenté (+26%) sur l’année accentuant un peu plus la compétitivité des fibres synthétiques face au coton.

Demande

La consommation mondiale de coton devrait augmenter de seulement 0,6% en 2016/17 (août-juillet) et de 1,2% en 2017/18. Les volumes de consommation restent bien en deçà des niveaux observés avant la crise financière mondiale de 2008 (24 millions de tonnes en 2015/2016 contre 65,2 millions de tonnes en 2007/2008). 

En Amérique du Nord, la consommation de textile devrait être affectée par la faiblesse de la croissance des Etats-Unis (+1,8% en 2017 selon Coface). L’élection de Donald Trump entraîne également des incertitudes sérieuses sur la consommation et l’investissement. Cette baisse devrait être à l’image des de 2016, où la croissance moyenne des ventes au détail d’habillement était nettement inférieure à la croissance moyenne de l’année 2015. Cette baisse de la demande d’habillement en magasin est également affectée par la forte  croissance de la demande issue du canal internet. En 2016 aux Etats-Unis, sur 100 vêtements vendus au détail, seulement 20 sont exclusivement réalisés via un magasin physique (14 directement par internet et 66 dans un magasin physique mais influencées par internet). En 2011, ils étaient quasiment la moitié (49%) à être vendus exclusivement en magasin selon l’institut Forrester Research. 

La situation générale semble encore moins favorable dans la zone euro où 9,8% de la population active était au chômage au troisième trimestre 2016. En 2017, grâce à son inflexion, la croissance des ventes serait un peu mieux orientée. En 2016, elle était légèrement supérieure à la moyenne de 2015. Mais si les jeunes consommateurs allouent davantage de ressources au textile, ils étaient encore 20% à être sans emploi en 2016 (15-24 ans). 

En Chine, premier consommateur de coton au monde (30% de la consommation mondiale), la consommation est attendue en baisse de 1% en 2016/2017. Si ce pays reste de loin le marché où la progression des ventes d’habillement est la plus dynamique, cette dernière ralentit passant de +7,6% en 2015 à moins de 6% en 2016 selon le bureau national des statistiques. Cette tendance devrait s’accentuer en 2017, compte tenu de l’anticipation d’une baisse de croissance du PIB en 2017 à (6,5% contre 6,7% en 2016 selon Coface).

Offre

La production mondiale de coton devrait fortement baisser en 2015/2016 (-18,8%), pour la 4ème année consécutive. Les stocks, qui sont attendus en baisse de 12% en 2016, devraient néanmoins représenter 93% de la production annuelle. En 2016/2017 une légère reprise de la production mondiale de coton est espérée (+5,9% selon l’EIU), du fait notamment de conditions climatiques plus favorables (El Nino n’étant pas attendu). 

L’impact sur les prix du coton est mitigé sur 2016. Entre janvier et mars ces derniers ont atteint un point bas (1,48 US $ / kg) depuis  2009, du fait de l’incertitude liée aux ventes aux enchères de coton par les autorités chinoises. Ces dernières ont finalement eu lieu en mai 2016, et les prix au deuxième trimestre ont ensuite atteint un sommet de 1,88 $ US / kg (record depuis deux ans) en août. La cause principale émane d’une part, de projections très optimistes des investisseurs sur les exportations des États-Unis et d’autre part, d’incertitude sur le poids et la qualité des stocks chinois. Néanmoins, compte tenu d’une demande mondiale atone, de la persistance de stocks mondiaux de cotons gigantesques (9 mois de consommation en 2016/2017), cette hausse des prix ne devrait pas perdurer en 2017 (+2,5%), notamment car la production devrait à nouveaux augmenter (+25%) aux US (3e producteur mondial).

En Chine, le gouvernement a réduit ses niveaux d'importation en franchise de droits de coton brut, étant donné des stocks colossaux. Couplées à la hausse des coûts du travail et de l’ensemble des coûts de production, les usines de coton chinois sont aussi de moins en moins compétitives. Avec une croissance attendue de +19% entre 2016/2017, la production de vêtements au Bangladesh profitera des relocalisations indiennes et chinoises grâce à des taux horaires parmi les plus faibles de la région. Le Pakistan (4ème producteur mondial) reste affecté par la volatilité de sa production d’électricité liée à une déficience des infrastructures. 

A l’image de Vivarte (la Halle, Naf Naf, Kookaï…) dont un quatrième PDG (en deux ans) a été nommé on octobre 2016, le segment textile positionné sur le moyen de gamme souffre très fortement en Europe.

La hausse des prix du pétrole en 2017 (+19% selon Coface – 53,4 US dollars en 2017 contre 44,7 US dollars pour la moyenne 2016) pourrait impacter les prix du PET à la hausse, et soutenir la compétitivité du coton face aux fibres synthétiques. L’Asie émergente concentre près de 90% de la production de polyester mondial. Les avantages comparatifs du synthétique l’emportent sur le coton qui continuera de voir son utilisation se réduire. A long terme, le développement démographique encouragera davantage une exploitation agricole des terres arables. La modération des prix du coton et la hausse de la demande alimentaire incitent les exploitations à se tourner vers des cultures plus rémunératrices.

 

Dernière mise à jour : décembre 2016

Haut de page
  • Français