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Timor oriental

Timor oriental

Population 1,2 millions
PIB par habitant 2 230 milliards $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB* (%) 4,1 5,0 4,0 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,6 -1,4 1,0 2,7
Solde public / PIB (%) 3,6 -21,9 1,6 -22,9
Solde courant / PIB (%) 7,7 -19,3 -5,6 -15,6
Dette publique / PIB (%) 0 0 0 0

*Hors pétrole (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Réserves pétrolières et gazières en Mer de Timor
  • Soutien de la Communauté des pays de langue portugaise
  • Attractivité touristique (sites naturels préservés, riche patrimoine culturel)

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux catastrophes naturelles (glissements de terrain, typhons, inondations)
  • Sous-développement des infrastructures
  • Déficit en capital humain
  • Dépendance très élevée aux revenus pétroliers (98 % des exportations)
  • Près de la moitié de la population sous le seuil de pauvreté
  • Taux de chômage élevé chez les jeunes (40 %)
  • Faible intermédiation bancaire 

Appréciation du risque

Les investissements publics soutiennent la croissance et la diversification de l’économie

 

En 2018, l’activité économique (hors pétrole) devrait accélérer après un léger ralentissement en 2017. La croissance sera soutenue par la demande domestique, en particulier par les investissements publics. En effet, le pays se situe dans un période de transition vers une économie plus diversifiée, dans un contexte de réduction de la production ainsi que des réserves en hydrocarbures. Cette diversification se déroule dans le cadre du Plan de développement stratégique (2011-2030) axé autour de quatre principaux piliers, à savoir la santé, les infrastructures (télécommunication, énergie, approvisionnement en eau et assainissement), les secteurs porteurs (agriculture, tourisme et pétrochimie) et le cadre institutionnel afin d’améliorer la gouvernance. Le secteur du tourisme présente un fort potentiel pour ce pays doté de sites naturels préservés. Toutefois, le manque d’infrastructure pénalise encore l’afflux touristique. Pour cela, le pays peut compter sur son large fonds pétrolier (16,9 mds de dollar en 2017). En outre, ces fonds publics devraient dynamiser un secteur privé quasi inexistant et qui peine à se développer dans un pays où les dépenses publiques représentent près de 60 % du PIB. Le gouvernement cherche également à attirer des capitaux étrangers, à l’image du premier partenariat public-privé dans l’histoire du pays, en juin 2016 (construction du nouveau port dans la Baie de Timor). La consommation privée sera soutenue par le développement des infrastructures, qui devrait permettre de créer des emplois dans la construction, alors que 65 % de la population active dépend du secteur agricole (27 % du PIB). Par ailleurs, l’inflation est historiquement volatile au Timor-Leste, du fait de l’exposition du pays aux changements des prix alimentaires et pétroliers. Elle devrait progresser en 2018, en raison du dynamisme de la demande domestique et de la hausse modérée des cours du pétrole.

 

De larges déficits jumeaux

Le solde budgétaire de 2017 s’est situé en territoire positif en raison d’une rectification du budget de 2016, faisant peser sur ce dernier un certain nombre d’investissements en infrastructure. Néanmoins, le déficit budgétaire devrait être très important en 2018 consécutivement à la baisse des revenus pétroliers, ainsi qu’à de nouveaux investissements massifs de la part de l’État, notamment dans les routes et autres infrastructures de transport (40 % du budget total). En conséquence, les retraits de capitaux du fonds pétrolier devraient s’amplifier de sorte que celui-ci passerait de 17 Md de dollars en 2017 (4 fois le PIB) à 4 Md en 2021. Le risque principal est le gaspillage dans des « éléphants blancs », à l’image du nouveau port en construction. Par ailleurs, les dépenses allouées à la santé et l’éducation (15 % du budget) ainsi qu’aux prestations sociales (14 % du budget) ne devraient pas sensiblement augmenter.

Le solde courant devrait afficher un large déficit lié au creusement du déficit des biens et services. Les exportations de marchandises, principalement de café, et les remises des expatriés devraient légèrement augmenter en 2018, tandis que les importations devraient fortement croître en raison des besoins liés aux dépenses d’infrastructures. Afin de financer le déficit courant, le pays devrait continuer à puiser dans son fonds pétrolier et à bénéficier de flux d’IDE.

 

Une coalition gouvernementale fragile face à un différend maritime avec l’Australie

Les élections législatives de juillet 2017 ont placé en tête le Front révolutionnaire pour l’indépendance du Timor-Oriental (Fretilin) avec 29,7 % des voix, suivi de près par le Congrès national de reconstruction timoraise (CNRT) avec 29,5 %. Cette victoire étriquée a conduit le CNRT à refuser de faire partie d’un gouvernement mené par le Fretilin, alors qu’une coalition gouvernementale était en place depuis 2015. Un accord avec le Parti démocrate (DP) a permis la formation d’un gouvernement minoritaire, mené par Mari Alkatiri, déjà Premier ministre de 2002 à 2006. Néanmoins, le nouveau gouvernement fait face à de vives oppositions sur son programme d’investissement (2017-2022), ce qui pourrait entraîner sa démission en cas de second vote contre le projet de loi, et ainsi provoquer des élections anticipées ou bien la formation d’un gouvernement par le CNRT. Par ailleurs, l’efficacité des actions du gouvernement est régulièrement remise en question par la population, alors que la pauvreté continue à être très importante. Alors que la grande majorité des Timorais vit toujours en zone rurale et dépend de l’agriculture, le gouvernement n’arrive pas à dynamiser le secteur privé.

Sur le plan extérieur, le pays connaît des tensions avec l’Australie au sujet des frontières maritimes dans la baie de Timor. Le précédent accord, qui date de 2006 (valable pour 50 ans) a été dénoncé en janvier 2017 par le Timor-Leste, qui jugeait être lésé sur le partage des champs pétroliers off-shore. Un accord plus avantageux pourrait permettre de retarder la pénurie à laquelle le pays devrait faire face et augmenterait les recettes du fonds pétrolier du pays. Si les deux partis ont trouvé un accord de principe en septembre 2017, les contours de cet arrangement pourraient prendre davantage de temps à être négocié.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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