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Turkménistan

Turkménistan

Population 5,5 millions
PIB par habitant 6 622 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016(e) 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 6,5 6,2 5,0 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,4 3,6 8,0 5,5
Solde public / PIB (%) -0,7 -1,3 -0,7 0,2
Solde courant / PIB (%) -14,0 -21,0 -13,0 -12,0
Dette publique / PIB (%) 19,4 23,9 24,0 27,0

(e) : estimation (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Quatrièmes réserves de gaz naturel, mais 10e producteur mondial
  • Réserves de change importantes
  • Faible taux d’endettement

POINTS FAIBLES

  • Petite économie enclavée
  • Porosité de la frontière avec l’Afghanistan, alors que les moyens militaires sont faibles
  • Forte dépendance de l’économie au secteur des hydrocarbures (essentiellement le gaz) et à la Chine, marché d’exportation quasi-exclusif
  • Interventionnisme étatique et mauvaise gouvernance (corruption, autoritarisme)
  • Chômage élevé (60 %) et autosubsistance rurale

Appréciation du risque

Croissance fondée sur les exportations de gaz vers la Chine

 

Les exportations de gaz (53 % du PIB) devraient profiter de la demande accrue de la Chine pour ce combustible. La progression des volumes devrait l’emporter sur une éventuelle nouvelle diminution du prix. L’investissement (la moitié du PIB), tant public qu’étranger, concentré dans les hydrocarbures, devrait conserver son dynamisme. Il profitera de la construction du gazoduc vers le Pakistan et l’Inde à travers l’Afghanistan (TAPI) et éventuellement celle d’un troisième conduit vers la Chine. La consommation publique (9 % du PIB) a stagné en 2017 avec la nécessité de réduire la dépense publique suite au coût exorbitant (USD 8 milliards) des investissements réalisés pour l’accueil des Jeux asiatiques des sports en salle et des arts martiaux. Elle devrait reprendre timidement en 2018. La consommation des ménages (11 % du PIB), très affectée en 2017 par la suppression de la fourniture gratuite du gaz, de l’électricité et de l’eau en vigueur depuis 1993, l’augmentation du prix des produits alimentaires de base (fruits et légumes, riz et sucre), la diminution des traitements des fonctionnaires et des licenciements dans le secteur public, devrait également reprendre. Cependant, une nouvelle dévaluation du manat, possible compte tenu de sa forte surévaluation (en octobre 2017, son taux de change avec le dollar sur le marché noir était le double du taux officiel), provoquerait une nouvelle poussée d’inflation importée, notamment pour les produits alimentaires, défavorable à la consommation.

 

Équilibre budgétaire au prix d’économies

 

La baisse du prix du gaz, qui génère 80 % des recettes budgétaires (12 % du PIB au total) et les défections successives des acheteurs russe et iranien, même en grande partie compensées par l’augmentation de la demande chinoise, ont contraint l’État à réduire ses dépenses afin de sauvegarder l’équilibre de ses comptes. L’ajustement a été d’autant plus sévère que les dépenses destinées à l’accueil des Jeux asiatiques ont lourdement pesé. Les coupes ont concerné les subventions, les salaires et l’emploi du secteur public, mais aussi les investissements destinés à promouvoir la diversification et la substitution de la production nationale aux importations dans la pétrochimie, le secteur minier, l’agroalimentaire. La vente d’entreprises publiques, à la gestion peu efficace, pourrait concerner des complexes pétrochimiques, des centres commerciaux, le textile, l’élevage et l’industrie laitière. Les actifs du Fonds de Stabilisation, dont le montant n’est pas communiqué par les Autorités, confèrent à l’État une certaine marge de manœuvre, au moins à court terme, d’autant que la dette publique demeure peu élevée.

Excédent commercial, mais déficit courant difficilement financé

Grâce aux ventes d’hydrocarbures (80 % des exportations totales, devant le coton/textile et le pétrole pour chacun 10 %), le pays dégage un excédent commercial équivalent à 17,8 % du PIB (2016). 80 % des ventes de gaz sont à destination de la Chine. La sensibilité, à la fois, au prix du gaz et à la demande chinoise est donc extrême. Les importations, qui se concentrent dans les biens équipement destinés au secteur des hydrocarbures, sont traditionnellement inférieures et sont, de plus, affectées par le report de certains projets d’investissement, une consommation moins vive et la réintroduction de droits de douane. Cependant, les importations de services destinés à l’exploitation des champs d’hydrocarbures, ainsi que les sorties de dividendes de la part des investisseurs étrangers aboutissent à un déficit courant financé partiellement par les IDE qui se concentrent dans les hydrocarbures. Un prélèvement sur les réserves permet probablement de financer le solde. Afin de réduire la ponction, les autorités s’efforcent de restreindre les importations non essentielles en augmentant leur taxation, en contrôlant l’accès aux devises et en réduisant les liquidités et la place du numéraire dans l’économie. Mais, il arrive un moment où la seule issue, si l’on veut éviter le recours à l’endettement extérieur (22 % du PIB), consiste à dévaluer.

 

Sécurité précaire à la frontière afghane

La situation sécuritaire est fragile à la frontière avec l’Afghanistan en raison de la présence des talibans. Le président G. Berdymukhamedov a été réélu pour un troisième mandat le 12 février 2017 avec 98 % des voix. Le système multipartite introduit en janvier 2012 n’a pas modifié l’emprise de son parti (Parti Démocratique) aux élections législatives fin 2013. G. Berdymukhamedov (60 ans) a entériné un amendement constitutionnel lui permettant de rester à la tête du pays sans limite d’âge et d’allonger la durée du mandat présidentiel de 5 à 7 ans. La baisse des subventions pourrait accentuer le mécontentement de la population, mais une politique sécuritaire très stricte limite les risques de mouvements de grande ampleur.

Le Turkménistan est l’un des pays les plus mal classés de la CEI selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale. Le pays occupe la 192e place (sur 205) en matière de lutte contre la corruption et la 205e s’agissant de la qualité de la réglementation. Le climat des affaires reste très difficile du fait de la domination du secteur public et de ses monopoles sur l’économie formelle, du contrôle sur les échanges commerciaux et les prix et de la difficulté à obtenir des données fiables.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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