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Ukraine

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Population 42,5 millions
PIB par habitant 2 125 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016 (e) 2017 (p)
Croissance PIB (%) -6,6 -9,8 2,3 2,5
Inflation (moyenne annuelle) 12,1 48,7 15,1 14,0
Solde budgétaire / PIB (%) -4,5 -1,2 -3,7 -3,0
Solde courant / PIB (%) -4,0 -0,1 -1,0 0,5
Dette publique / PIB (%) 70,3 80,2 92,8 92,3

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Position stratégique entre la Russie et l’Union Européenne
  • Important potentiel agricole
  • Main d’œuvre qualifiée et peu coûteuse
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Fortes tensions avec la Russie et inter-régionales menaçant l’intégrité du pays
  • Situation politique et sociale extrêmement précaire
  • Faible diversification économique
  • Surendettement du secteur privé et augmentation rapide de l’endettement public
  • Système bancaire très fragilisé par les créances douteuses et le manque de liquidités

Appréciation du risque

Fragile reprise de l’activité économique en 2017

La croissance ukrainienne devrait augmenter en 2017, tirée par le secteur agricole (céréales) et la poursuite de la reprise de la construction (immobilier non résidentiel) entamée en 2016. L’activité industrielle devrait toutefois demeurer contrainte par la perte des capacités de production et d’exportation situées dans les provinces séparatistes de l’est (Donetsk et Lougansk), qui concentrent une large partie de la production d’acier et des mines du pays. Les investissements devraient continuer à augmenter en 2017 après la progression observée en 2016 (+ 18 % au deuxième trimestre), encouragés par l’assouplissement de la politique monétaire (de 22 % à 14 % entre janvier et octobre 2016) et une demande des ménages plus vive.

Malgré le niveau relativement élevé de chômage (10 %), la consommation privée pourrait en effet être soutenue par la suppression des contributions sociales et une légère progression des salaires (relèvement de 10 % du salaire minimum fin 2016), dont l’effet sera cependant atténué par l’inflation.

La hausse des tarifs de certains services publics (gaz, chauffage, électricité) ainsi que du prix des biens importés, en particulier du pétrole, accentuée par la dépréciation persistante de la hryvnia, devraient continuer à alimenter la hausse des prix en 2017. L’inflation sera cependant, comme en 2016, nettement moins élevée qu’en 2015.

La reprise de l’activité en 2017 restera en tout état de cause conditionnée par l’absence de nouvelle dégradation de la situation dans les provinces de l’est, mais aussi par la stabilisation de la situation politique, nécessaire à la poursuite du versement de l’aide internationale.

 

Une situation financière très précaire

L’accord conclu avec le FMI devrait contraindre l’Etat à une meilleure maîtrise des dépenses, mais les salaires, les aides sociales et les dépenses de défense devraient rester élevées. En outre, le service de la dette s’alourdit sous l’effet de la hausse des taux et de la dépréciation de la hryvnia (70 % de la dette est libellée en devises). Les recettes fiscales (75 % du total) devraient augmenter grâce à la modeste reprise de l’activité, à l’impact de la hausse des taxes (tabac, alcool, carburants) et aux mesures destinées à élargir l’assiette d’imposition. Le déficit devrait ainsi se réduire légèrement. Le gouvernement devra cependant continuer à soutenir la compagnie Naftogas, fragilisée par les arriérés accumulés vis-à-vis de son fournisseur russe, Gazprom. La dette publique devrait être supérieure à 90 % du PIB en 2017, maintenant un risque de défaut souverain élevé.

De bonnes récoltes agricoles, l’absence de nouvelle baisse des cours des produits exportés (céréales, engrais, produits sidérurgiques) et une évolution un peu plus favorable de la demande sur certains marchés d’exportation (Russie, UE), pourraient permettre d’éviter un nouveau déficit courant. La légère augmentation des importations limiterait toutefois l’amélioration du solde.

Les sorties de capitaux, liées notamment au remboursement des échéances de dette extérieure (plus d’un milliard d’USD en 2017), devraient demeurer supérieures aux entrées, freinées par les incertitudes concernant l’évolution de la situation politique et du conflit à l’est du pays.

La dépréciation de la hryvnia (-8 % face au dollar entre janvier et novembre 2016) devrait donc se poursuivre, son ampleur dépendant notamment du rythme des réformes et de l’évolution de la situation dans les provinces de l’est.

Le niveau des réserves est faible (3 mois d’importations environ). L’accès aux marchés des capitaux étant quasi-inexistant, le pays dépend fortement de l’aide internationale. Le FMI a versé la troisième tranche (1 milliard d’USD) de son programme en septembre 2016, avec un an de retard, en raison notamment de la lenteur des réformes. Le versement de la quatrième est soumis à l’adoption du budget 2017 par le parlement.

Le système bancaire est très fragile, insuffisamment capitalisé, avec un taux de créances douteuses de l’ordre de 30 %. En décembre 2016, le gouvernement a nationalisé la plus grande banque du pays, PrivatBank, confrontée à de sérieux problèmes de liquidité.

 

Les incertitudes restent grandes sur l’évolution de la situation politique et celle du conflit à l’est du pays

P. Poroschenko a été élu au premier tour des élections de mai 2014, organisées après la destitution de V. Ianoukovitch, provoquée par les mouvements de protestation (Maïdan) fin 2013. Les deux partis pro-occidentaux (le Bloc Poroschenko-BPP et le Front Populaire-FP) détiennent une large majorité des sièges à l’Assemblée. Le premier ministre A. Iatseniouk (FP) a démissionné en avril 2016, remplacé par un membre du parti présidentiel (V. Groysman). Au-delà des clivages politiques, le nouveau gouvernement doit faire face à l’impatience de la population qui subit depuis de nombreux mois les conséquences de la crise économique. En l’absence de progrès notables dans ce domaine, comme dans celui de la lutte contre la corruption, une dégradation de la situation sociale ne peut être exclue.

A l’est du pays, l’accord Minsk II, conclu début 2015, a atténué l’intensité des combats entre l’armée ukrainienne et les mouvements séparatistes pro-russes, sans parvenir à mettre un terme au conflit. La situation devrait rester durablement instable, une brusque détérioration étant toujours à craindre.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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