Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Uruguay

Uruguay

Population 3,5 millions
PIB par habitant 15 062 $US
A4
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 1,0 1,5 3,4 3,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,7 9,6 6,1 6,7
Solde public / PIB (%) -3,5 -4,0 -3,4 -3,1
Solde courant / PIB (%) -2,1 -0,1 -0,4 -0,8
Dette publique / PIB (%) 64,6 61,9 59,8 61,3

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources agricoles et forestières
  • Homogénéité sociale et stabilité politique
  • Politique active de réformes (environnement des affaires, finances publiques, couverture sociale)
  • Investissements directs étrangers conséquents
  • Membre du Mercosur, relations commerciales privilégiées avec l’UE et les États-Unis 

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux cours des matières premières (soja, viande, produits laitiers)
  • Dépendance à la conjoncture argentine, brésilienne et chinoise
  • Insuffisance des infrastructures de transport
  • Compétitivité réduite par une forte inflation
  • Endettement public (atténué par une maturité allongée et de moins en moins en dollars)

Appréciation du risque

Vigueur retrouvée, dans le sillage de la conjoncture régionale

 

En 2017, la croissance uruguayenne a rebondi après deux années de marasme. L’activité a été soutenue par les exportations et par la consommation des ménages. L’économie a bénéficié de la reprise de la croissance au Brésil et en Argentine et du rebond des cours des produits agricoles exportés (soja, viande, produits laitiers). Sur le plan interne, la consommation a retrouvé un certain dynamisme grâce à la baisse de l’inflation – revenue dans la fourchette cible (3 %-7 %) fixée par la banque centrale. En 2018, l’activité devrait rester dynamique et la croissance sera portée par l’ensemble des composantes. L’investissement devrait ainsi rebondir après une année morose, avec, notamment le projet d’infrastructure ferroviaire « Ferrocarril Central » visant faciliter l’acheminement des marchandises, notamment le bois, jusqu’au port de Montevideo (financement public-privé estimé à 1 Md USD). Ce projet s’inscrit notamment dans le cadre des négociations avec le groupe finlandais UPM pour l’éventuelle construction d’une troisième usine de pâte à papier, qui serait l’investissement privé le plus important jamais réalisé en Uruguay (4 Mds USD). La consommation devrait ralentir en raison du rebond de l’inflation imputable à la dépréciation du peso par rapport au dollar après une année de stabilité. L’inflation resterait, toutefois, autour de la cible supérieure fixée par la banque centrale, grâce à la progression plus mesurée des salaires, notamment en raison de la mise en place progressive d’une indexation des salaires sur l’activité sectorielle et non plus sur l’inflation. Sur le plan externe, le raffermissement de la reprise au Brésil, principal client du pays pour les exportations de biens, et en Argentine, première source d’IDE et de touristes, devrait aussi soutenir la croissance.

 

Consolidation budgétaire graduelle et légère détérioration du solde courant

 

En 2017, le gouvernement a mené une politique budgétaire plus restrictive, après une année 2016 dont les comptes publics avaient été grevés par la faiblesse de l’activité. Le gouvernement a, ainsi, mis en place le programme de consolidation budgétaire prévu dans le cadre de la loi de finance quinquennale de 2015, avec pour objectif d’atteindre un déficit public de 2,5 % d’ici la fin du mandat présidentiel en 2019. La stratégie du gouvernement repose, notamment, sur la hausse des recettes fiscales tirées par le dynamisme de l’activité – en particulier via la TVA et la hausse de l’impôt sur le revenu (entre 4 et 6 points selon les tranches) entrée en vigueur en 2017. En 2018, afin de financer la hausse du budget alloué à l’éducation, qui devrait atteindre 5 % du PIB, le gouvernement a décidé d’accroître une des taxes perçues sur les importations (« tasa consular »). Si la dette publique reste importante, les autorités ont progressivement accru la part libellée en monnaie locale et détenue par des résidents (plus de 55 % au T2 2017, contre à peine 30 % en 2007) et allongé sa maturité moyenne (quatorze ans), atténuant ainsi sa vulnérabilité.

Par ailleurs, en 2017, le déficit courant s’est légèrement détérioré en raison de la progression des importations dans le sillage de la reprise de la demande interne. Si les exportations ont également rebondi, grâce à l’amélioration de la conjoncture susmentionnée, elles n’ont que partiellement compensé la progression des importations. En 2018, les exportations uruguayennes devraient continuer d’être portées par le raffermissement de la croissance de ses principaux partenaires. En parallèle, les importations devraient rester dynamiques en raison de la résilience de la consommation et de la reprise de l’investissement. Après une très forte progression du nombre de touristes, essentiellement argentins, en 2017, la balance des services devrait être affectée en 2018 par l’expiration à la fin du mois de mars d’avantages fiscaux (exemption partielle ou totale de TVA selon les services) réservés aux touristes. Le déficit courant devrait donc se creuser légèrement.

 

La coalition au pouvoir confrontée à des divisions et des allégations de corruption

 

Le président Tabaré Vazquez doit faire face à des allégations de corruption concernant le précédent gouvernement – issu de sa coalition de centre-gauche Frente Amplio (FA) – et, en particulier, son vice-président Raul Sendic, qui a finalement démissionné en septembre 2017. En outre, le président Vazquez est confronté à la forte baisse de sa popularité (autour de 30 % d’approbation mi-2017). Preuve de l’érosion de sa popularité, le parti d’opposition de droite (Partido Nacional) est arrivé en tête d’un sondage mi-2017, pour la première fois depuis 1994. Par ailleurs, la coalition au pouvoir fait l’objet d’importantes divisions, entre l’aile communiste et l’aile modérée du président Vazquez, attisées par la décision de ce dernier de voter l’exclusion provisoire du Venezuela du Mercosur en août 2017. Les divisions au sein de la coalition concernent également l’accord de libre-échange sur les services signé en octobre 2016 avec le Chili, auquel l’aile gauche du parti est opposée et que le Parlement n’avait pas encore ratifié après un an. L’Uruguay reste toutefois un pays particulièrement stable politiquement. Enfin, malgré une importante marge de progression en termes de transparence financière, l’Uruguay est l’une des destinations privilégiées pour les IDE dans la région, grâce à un environnement des affaires globalement favorable.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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