Les études économiques et analyses risques pays Coface
Venezuela

Venezuela

Population 30,620 millions
PIB par habitant 8494 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) -3,9 -6,2 -10,0 -4,5
Inflation (moyenne annuelle) 62,2 122 476 1 660
Solde budgétaire / PIB (%) * -16,8 -23,1 -25,7 -26,1
Solde courant / PIB (%) 1,7 -7,8 -3,4 -2,5
Dette publique / PIB (%) 63,5 41,5 32,8 28,2

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • ImportantesMassivesréservesde pétrolepétrolièresle long du fleuve Orénoque and potentiel gazier offshore
  • Actifs (y compris aux Etats-Unis) de la compagnie pétrolière nationale PDVSA
  • Population active croissante

POINTS FAIBLES

  • Economie fortement dépendante des hydrocarbures et des prêts de la Chine
  • Risque critique de défaut sur la dette externe
  • Forte instabilité politique
  • Hyperinflation
  • Impéritie de la compagnie pétrolière nationale PDVSA
  • Gestion opaque et discrétionnaire des revenus pétroliers
  • Pénurie de devises et de biens

Appréciation du risque

Crises économique et alimentaire

L’économie du Venezuela restera en récession en 2017. Prévue à 1 660%, l’inflation est en constante augmentation. L’Etat finance en grande partie son considérable déficit par la création monétaire. L’inefficacité du contrôle des prix et le manque de devises contribuent largement à l’inflation, en favorisant le marché noir.

Les revenus pétroliers représentent encore presque 50% des recettes budgétaires, et environ 90% des exportations relèvent de ce secteur, révélant le manque de diversification économique du pays. Or, la production pétrolière continue de chuter, à cause du manque d’investissement en infrastructures et de compétences dû à la ponction de l’Etat sur les bénéfices de la compagnie pétrolière PDVSA, et au non-paiement des prestataires de services étrangers.

La contraction des recettes pétrolières et la nécessité d’importer plus de produits raffinés pour pallier aux problèmes de raffinage ont entraîné une pénurie de devises, et, donc, de biens de première nécessité traditionnellement importés (alimentation, médicaments, produits d’hygiène). Le pays fait aussi face à la désorganisation de sa production manufacturière et de sa distribution, accentuée par les coupures d’électricité. La crise économique affecte gravement la santé des populations : entre 2015 et 2016, la mortalité infantile a augmenté de 30% ; 85% des médicaments de base sont en situation de pénurie, et nombre de services hospitaliers ne peuvent plus fonctionner.

 

Forte fragilité budgétaire et extérieure

Les comptes publics sont très dégradés : après un léger allègement entre 2015 et 2017, l’important déficit public repartirait à la hausse en 2018. Les dépenses publiques n’ont pas été revues à l’aune de l’évolution du prix du pétrole.

Le déficit de la balance courante s’aggraverait, passant de 2,4% du PIB en 2016 à 3,3% en 2017. La légère hausse des prix pétroliers cette année serait bénéfique pour les exportations, même si une partie de la production pétrolière est consacrée au remboursement de la dette vis-à-vis de la Chine. Cependant, le contrôle des importations restera nécessaire dans un contexte de remboursements conséquents de la dette extérieure, notamment pour l’entreprise pétrolière d’Etat PDVSA. Or, les réserves internationales ont diminué de 20% à mi-mai 2017 par rapport à l’année précédente, et de 8,4% depuis janvier. Le risque de défaut de paiement reste extrêmement élevé, même si les autorités semblent déterminer à assurer leurs engagements. En mai, Goldman Sachs a acquis sur le marché secondaire, pour 865 millions de dollars, des obligations PDVSA d’une valeur de 2,8 milliards de dollars, soit un rabais de près de 70%. A cela s’ajoute le risque de liquidité, car une grande partie des réserves nationales sont détenues en or.

Le nouveau système de change à deux taux, dont l’un pour les biens de première nécessité, subit de fortes pressions, et malgré de nouvelles dévaluations attendues en 2017 et 2018, les taux de change resteront largement surévalués.

 

Sanglante crise politique

La situation politique est de plus en plus tendue. La lutte toujours plus acharnée entre l’opposition du MUD (Mesa de la Unidad Democratica) qui détient la majorité à l’Assemblée nationale, et le président Nicolas Maduro (PSUV, Partido Socialista Unido de Venezuela), soutenu par l’armée et une fraction de la population, aboutit à un blocage institutionnel. Les affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité ont fait plus de 70 morts et des centaines de blessés depuis fin mars 2017 ; 155 civils ont été emprisonnés après leur jugement par les tribunaux militaires.  L’exécutif recourt aussi à l’armement de milices, et a enclenché la formation d’une assemblée constituante, dont un tiers des membres seront désignés par des groupes sociaux, délogeant de fait les députés actuels. Cette assemblée devrait réécrire la Constitution avant les futures élections, censées se tenir en décembre 2018.

Avec la crise économique, le taux de criminalité a augmenté dans tout le pays, et notamment à Caracas, devenue l’une des villes les plus dangereuses au monde. Cela concourt à l’exode croissant de vénézuéliens vers la Colombie ou le Brésil.

Le pays est de plus en plus isolé après son retrait de l’Organisation des Etats Américains  et sa suspension du Mercosur. L’association Petrocaribe semble définitivement morte, ce qui diminue l’influence du Venezuela dans la région Caraïbe. Le 18 mai 2017, Washington a sanctionné financièrement huit juges de la Cour suprême vénézuélienne. Toutefois, l’exécutif du pays garde de bonnes relations avec ses principaux créanciers, la Chine et la Russie.

 

 

Dernière mise à jour : Juin 2017

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