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Venezuela

Venezuela

Population 31,0 millions
PIB par habitant 7 620 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) -6,2 -16,5 -14,0 -15,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 111,8 254,4 1087,5 13864,0
Solde public / PIB (%) -17,7 -17,8 -31,8 -30,2
Solde courant / PIB (%) -6,6 -1,6 2,0 2,4
Dette publique / PIB (%) 32,1 31,4 34,8 162,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Réserves considérables de pétrole le long du fleuve Orénoque et potentiel gazier offshore
  • Proximité géographique avec les Etats-Unis, premier marché d’exportation du pétrole vénézuélien
  • Actifs (y compris aux Etats-Unis) de la compagnie pétrolière nationale PDVSA
  • Population active croissante 

POINTS FAIBLES

  • En défaut sur sa dette souveraine et quasi-souveraine (PDVSA)
  • Economie fortement dépendante des hydrocarbures ainsi que des prêts de la Chine et de la Russie
  • Hyperinflation
  • Pénurie de devises et de biens (aliments de première nécessité, médicaments)
  • Gestion opaque et discrétionnaire des revenus pétroliers
  • Retards de paiement dans le commerce courant
  • Forte insécurité politique
  • Criminalité (homicides), corruption, trafics en tout genre, marché noir

Appréciation du risque

Une crise de grande ampleur qui perdure

En crise depuis 2014, l’économie devrait rester en profonde récession en 2018, soumise à l’hyperinflation et à la chute de la production pétrolière. Malgré la récente hausse des prix du pétrole, les recettes pétrolières devraient continuer à diminuer, du fait de l’effondrement de la production (-13% entre 2016 et 2017) lié au manque d’investissements. Le pétrole représentant 90% des exportations, 50% des recettes budgétaires et la quasi-totalité des entrées de devises, cette chute devrait renforcer les déséquilibres macroéconomiques. L’économie non-pétrolière devrait encore se contracter, contrainte par l’insuffisance des investissements, après des années d’abandon au profit du secteur pétrolier. La difficulté à se procurer des produits intermédiaires et des biens d’équipement mine l’activité industrielle, car le secteur privé dépend de l’Etat pour accéder aux devises qui se font très rares. Cette baisse des capacités productives s’inscrit dans un climat d’hyperinflation. La monétisation du déficit public face à la baisse des recettes pétrolières a fait exploser l’inflation, renforcée par la chute du bolivar et l’envolée des prix des biens importés. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat des ménages s’est fortement érodé, et les remises de la toujours plus grande population d’expatriés constituent souvent la principale source de revenus des ménages. Le manque de biens de première nécessité se fait de plus en plus cruel, face à la politique de compression des importations menée par le gouvernement. L’investissement devrait continuer à se réduire dans un climat des affaires plus que déficient (expropriations arbitraires, contrôles et inspections intrusives de l’Etat) et avec une insécurité politique toujours plus grande.

 

Fragilité budgétaire et externe

La baisse des revenus pétroliers, associée à la chute des recettes non-pétrolières en termes réels, a mené à une envolée du déficit public. En effet, le gouvernement n’a pas diminué les dépenses sociales dans la même proportion. Le déficit est financé largement par la monétisation, ainsi que par des prêts russes et chinois, dans les termes « prêt contre pétrole ». En arriéré de paiement d’échéances de principal sur ses obligations souveraines et quasi-souveraines (PDVSA) depuis le 2 novembre 2017 vis-à-vis des créanciers privés, et depuis le 14 décembre vis-à-vis de de la Banque interaméricaine de développement(BID), le Venezuela est confronté à la nécessité de restructurer sa dette, afin de retrouver un accès aux financements internationaux. La Russie a accordé une restructuration pour 3,15 milliards USD concernant les paiements dus sur les six prochaines années. Cependant, une nécessaire restructuration de plus grande ampleur s’annonce difficile après la tenue, sans résultat, des premières réunions de créanciers, alors que s’accumulent les arriérés Les sanctions américaines contre certains officiels vénézuéliens, dont le chef des négociations Tareck El Aissami, accusé de trafic de drogue, empêchent tout créancier américain de participer à ces négociations, rendant impossible tout refinancement.

 

Du côté du compte courant, la balance commerciale devrait être excédentaire. Cela s’explique par la compression des importations (de 33,3 à 15,5 milliards USD entre 2015 et 2017) et la baisse des exportations pétrolières qui reste modérée grâce à la hausse du cours du pétrole. Ce surplus compensera le déficit des services, lié à la faiblesse du tourisme et au coût des services d’ingénierie pétrolière, et le paiement des intérêts de la dette. Le léger excédent courant et les très faibles IDE ne permettront toutefois pas de rembourser l’essentiel des échéances de la dette. Ils pourraient toutefois atténuer l’érosion des réserves de change, tombées à 9,9 milliards USD en novembre 2017, or compris, sans pouvoir empêcher la poursuite de la chute du bolivar à laquelle participe la fuite des capitaux. De façon à réduire l’écart entre le taux officiel et celui pratiqué sur le marché noir, le gouvernement a dévalué de 99,6% le bolivar en février 2018 à travers la mise en place d’un nouveau système d’enchère, le Dicom. Dans le même temps, d’importants efforts sont consacrés à lutter contre le marché noir. Cela s’est traduit par une intervention dans l’une des principales banques du pays afin de contrôler les opérations sur les comptes courants attribuées au marché noir, ainsi que par l’autorisation de changer officiellement les remises des expatriés à un taux plus faible que le taux officiel (mais toujours plus élevé que le taux sur le marché noir) afin d’en attirer une partie dans les réserves officielles de change. Toutefois, ces mesures ne permettent pas de rétablir la confiance dans le système monétaire et le taux de change non-officiel continue d’augmenter (environ 3,5 millions VEB pour 1 USD mi-juillet 2018).

 

Une situation politique sous haute tension

L’année 2017 a été marquée par une hausse des tensions politiques, nourries par l’absence de propositions de la part du gouvernement pour sortir de la crise. L’élection d’une assemblée constituante en août 2017 a été précédée par trois mois d’affrontements entre les forces gouvernementales et les partisans de l’opposition, faisant plus d’une centaine de morts. Cette nouvelle assemblée, favorable à Nicolas Maduro (Partido Socialista Unido de Venezuela), car boycottée par l’opposition, a tenté de s’imposer face à au Congrès dominé par l’opposition (Mesa Unitaria Democratica « MUD »), en annonçant la dissolution de ce dernier en août 2017. La vague d’indignation internationale qui a suivi et les protestations à l’intérieur du pays ont finalement conduit le gouvernement à faire marche arrière, sans toutefois apaiser les tensions. Les élections des gouverneurs régionaux d’octobre 2017, largement remportées par le parti gouvernemental, ont renforcé le Président Maduro en marquant la division de l’opposition. En effet, la décision de quatre gouverneurs, membres du MUD, de prêter serment devant l’Assemblée constituante a fait largement débat au sein de la coalition, une grande partie de ses membres la considérant comme illégitime. La victoire du PSUV aux élections municipales de décembre 2017, boycottées par l’opposition, ont contribué à renforcer ces tensions.

 

Des négociations entre le gouvernement et l’opposition ont débuté en novembre 2017, et le gouvernement a entrepris d’accélérer la lutte contre la corruption, avec l’arrestation de responsables de l’industrie pétrolière. Malgré un taux de participation très faible (46%), la division de l’opposition a permis à Mr Maduro de remporter les élections présidentielles de mai 2018, très critiquées par les observateurs internationaux sur le manque de transparence du processus.

 

Sur la scène internationale, le pouvoir tente de se rapprocher de plus en plus de la Russie et de la Chine afin d’obtenir des financements, alors que l’Union européenne et les Etats-Unis, suivis par une majorité des pays latino-américains, accumulent les sanctions à son encontre, sans aller, toutefois, jusqu’à l’arrêt des achats de pétrole.

 

 

Dernière mise à jour : Juillet 2018

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