Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Viêt Nam

Viêt Nam

Population 92,7 millions
PIB par habitant 2 172 $US
B
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 6,7 6,2 6,3 6,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,6 2,7 4,4 4,0
Solde public / PIB (%) -6,2 -6,6 -5,8 -5,8
Solde courant / PIB (%) -0,1 4,1 1,3 1,4
Dette publique / PIB (%) 57,3 60,7 61,4 63,6

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Main-d’œuvre de qualité et peu chère
  • Solide potentiel agricole et ressources naturelles
  • Stratégie de développement fondée sur l’ouverture, la montée en gamme et la diversification de l’économie
  • Économie peu affectée par le ralentissement chinois

POINTS FAIBLES

  • Lacunes en termes d’environnement des affaires.
  • Manque d’infrastructures
  • Réforme du secteur public inachevée
  • Creusement des inégalités
  • Système bancaire fragile
  • Entreprises publiques peu efficientes et fortement endettées 

Appréciation du risque

La croissance demeurera solide

 

En 2018, la croissance devrait rester robuste, soutenue par la demande domestique et les exportations de biens manufacturés. En effet, les secteurs exportateurs continueront à bénéficier de la progression des IDE, de la participation du pays à un nombre croissant d’accords de libre-échange et des délocalisations en provenance de Chine. Le pays opère également une montée en gamme de ses exportations, notamment électroniques, avec la production de certaines pièces présentes dans les smartphones et tablettes (16 % des exportations totales). Par ailleurs, le secteur du textile restera dynamique en raison de la faiblesse des coûts de la main d’œuvre, malgré une augmentation attendue des salaires. La bonne santé du secteur manufacturier bénéficiera au secteur de la construction, de même que l’urbanisation croissante de la population et le développement rapide du tourisme. Ce dernier serait favorisé par la mise en place d’un système de visa électronique en 2017, mais restera contraint par des carences en infrastructures. L’investissement privé dépendra largement des entrées d’IDE, alors que l’investissement public serait toujours pénalisé par des contraintes de financement. Les secteurs agricole et pétrolier seraient moins dynamiques, en raison de la réorientation de l’économie et des travailleurs vers les secteurs manufacturiers et de services. La consommation des ménages devrait continuer à progresser, notamment en raison de la maîtrise de l’inflation, de la croissance des salaires et des remises des expatriés. De plus, le développement de la classe moyenne et la progression du crédit aux ménages permettront de soutenir la demande interne.

 

Des comptes publics toujours fragiles

 

En 2018, le déficit budgétaire restera élevé et la dette publique continuera de croître légèrement, s’approchant du plafond fixé par le Parlement (65 % du PIB). Elle restera vulnérable au risque de change, car elle est largement libellée en devises étrangères (près de 40 %), même si cette part tend à se réduire. Néanmoins, le programme de privatisation des entreprises publiques permettrait de dégager, progressivement, des marges de manœuvres budgétaires. Le gouvernement compte également sur l’afflux d’IDE pour financer une partie des projets d’infrastructures (notamment dans le transport et l’énergie), nécessaires au développement du pays. De plus, le Premier Ministre a annoncé, en juillet 2017, vouloir accélérer la libéralisation des secteurs des services, des télécommunications et de la finance, en assouplissant les restrictions concernant les capitaux étrangers. De nouvelles réformes fiscales sont également envisagées, comprenant l’augmentation de la TVA (de 10 % à 12 %) et des taxes sur le tabac, ainsi que la baisse de l’impôt sur les sociétés.

L’excédent courant devrait rester stable en 2018. Le dynamisme des exportations de biens manufacturés participerait à l’amélioration de la balance commerciale, malgré la hausse concomitante des importations de biens intermédiaires. La balance des revenus resterait fortement déficitaire compensée, en partie, par la hausse des transferts d’expatriés, majoritairement en provenance des États-Unis. En outre, l’excédent des services profiterait de l’afflux croissant de touristes.

En dépit de la progression des réserves de change, résultant de l’excédent courant et des IDE, celles-ci restent insuffisantes (deux mois d’importations). Le đông vietnamien, dont le taux de change face au dollar est géré par la banque centrale, restera exposé aux fluctuations de l’aversion globale pour le risque, notamment liées au resserrement de la politique monétaire américaine. Le système bancaire restera fragile, car peu capitalisé et fortement dollarisé. La politique monétaire devrait donc être plus restrictive en 2018, afin de contenir l’inflation et le risque de crédit, qui semble toujours élevé (notamment dans la construction), malgré la création d’une structure de défaisance. Par ailleurs, la forte exposition des banques publiques aux entreprises publiques constitue un facteur supplémentaire de fragilités.

 

Tensions géopolitiques croissantes

 

Le contentieux de souveraineté en Mer de Chine qui oppose le Vietnam à la Chine continuerait de peser sur les relations diplomatiques entre les deux pays. Depuis 2014, ces derniers multiplient les tentatives d’explorations pétrolières dans la région avant de reculer sous la pression, parfois militaire, de l’autre pays. En juillet 2017, le Vietnam a débuté des forages dans les eaux contestées, en partenariat avec une entreprise espagnole. La Chine a prévenu qu’elle se tenait prête à attaquer les installations, si elles n’étaient pas démantelées, entraînant l’arrêt des explorations. Si l’escalade militaire paraît peu probable, les tensions entre les deux pays semblent s’être ravivées. Par conséquent, le Vietnam devrait continuer de consolider ses liens les États-Unis, ainsi qu’avec les principales forces régionales (Japon, Inde et Australie). Par ailleurs, malgré le retrait des États-Unis du TPP (Trans Pacific Partnership), le pays devrait continuer à renforcer son intégration commerciale tant au niveau multilatéral que bilatéral.

Sur le plan domestique, le Parti Communiste continue de contrôler l’ensemble de la vie politique, économique et sociale du pays. En outre, la gouvernance constitue un risque en termes d’attractivité pour les investisseurs étrangers, étant donné le niveau élevé de corruption.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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