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Yémen

Yémen

Population 29,1 millions
PIB par habitant 938 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

Principaux indicateurs économiques 2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) -28,0 -9,8 -0,8 8,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 39,4 5,0 21,0 15,0
Solde public / PIB (%) -10,6 -13,5 -6,0 -2,1
Solde courant / PIB (%) -5,5 -5,6 -4,2 -3,1
Dette publique / PIB (%) 66,7 85,3 77,3 59,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Soutien humanitaire et financier international
  • Importance géostratégique du Yémen à l’entrée de la Mer Rouge
  • Patrimoine architectural et culturel
  • Réserves gazières
  • Jeunesse de la population

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile accompagnée d’une crise humanitaire, économique et d’une division du pays
  • Pays le plus pauvre de la péninsule arabique
  • Dépendance majeure à l’aide internationale
  • Environnement des affaires déplorable (bureaucratie, corruption, infrastructures détruites ou inexistantes)
  • Explosion de l’économie souterraine

Appréciation du risque

Une situation politique et sécuritaire critique

 

Depuis 2015, le Yémen est en proie à une guerre entre les rebelles Houthis, chiites, et les forces gouvernementales du président A. Mansour Hadi, respectivement soutenus par l’Iran et par une coalition de dix pays arabes menée par l’Arabie Saoudite. Avec l’intervention militaire de la coalition arabe, le conflit a intégré une nouvelle dimension marquant les tensions entre communautés chiite et sunnite exacerbées par la rivalité régionale entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Trois ans plus tard, les combats se poursuivent et des missiles hostiles ont survolé le territoire saoudien en provenance du Yémen. Les Houthis contrôlent la capitale Sanaa et le nord-ouest (la région la plus peuplée) du Yémen depuis 2014, alors que les forces gouvernementales sont regroupées dans le sud-est. En décembre 2018, l’ex-président Ali Abdallah Saleh a été assassiné par les Houthis, deux jours après avoir mis fin à leur alliance, entrainant le pays dans une situation encore plus délicate. La recherche de solutions à l’impasse yéménite devrait pâtir des rivalités entre plusieurs pays du Golfe et le Qatar, qui renforcent les fractures au sein de la société yéménite, obligeant les différentes factions locales à choisir leur camp. De plus, les intérêts géopolitiques antagonistes de l’Arabie Saoudite et de l’Iran rendent difficile la négociation d’une solution ou d’une sortie de crise en 2018.

 

Une crise humanitaire qui s’aggrave et une économie annihilée par la guerre

 

Avant le déclenchement du conflit en 2015, le Yémen était considéré comme le pays le plus pauvre de la région. L’ONU estimait que 13 millions de yéménites, soit la moitié de la population, vivait sous le seuil de pauvreté. Depuis, la situation s’est fortement dégradée et le pays traverse une crise humanitaire profonde. Les organisations humanitaires estiment que 80 % de la population a besoin d’une assistance humanitaire d’urgence. Les importations de produits alimentaires (et de médicaments) se sont considérablement réduites, conduisant à des situations de pénurie sur les produits de première nécessité. Plus de la moitié de la population serait touchée par un risque de famine. En outre, le système d’assainissement n’étant plus opérationnel depuis avril 2017, les difficultés d’accès à l’eau potable et l’accumulation des déchets ont conduit à une détérioration des conditions sanitaires et environ 700.000 personnes serait touchées par une épidémie de choléra. L’intervention de la coalition en 2015 a entraîné une intensification des affrontements et un alourdissement du bilan humain. On estime le nombre de décès à 10 000. En outre, 300 000 personnes seraient blessées et plus de 3 000 000 déplacés.

Alors que les exportations d’hydrocarbures représentaient 80 % des exportations totales en 2014, ces dernières se sont fortement contractées. Le commerce extérieur représentait près de 80 % du PIB du pays en 2006, il n’en représentait plus que 26 % en 2015. Les bombardements de la coalition ont, en outre, aggravé l’état de détérioration des infrastructures, dont beaucoup souffraient d’obsolescence, annihilant ainsi une grande partie du système productif. L’investissement, public et privé, reste quasi inexistant. Le rapport d’évaluation après catastrophes des Nations Unies chiffre le coût des destructions à 19 milliards de dollars, soit l’équivalent de 50 % du PIB de 2013. L’économie yéménite continuera d’être minée par les conséquences du conflit en 2018. À la destruction des infrastructures publiques et d’une partie du réseau électrique devrait s’ajouter les problématiques liées aux pénuries d’eau potable rendant plus difficile la reconstruction. L’inflation, favorisée par la dépréciation du rial yéménite, devrait peser sur la consommation privée en 2018. De plus, la défaillance des canaux de transmission des aides internationales et la hausse du chômage entraîneraient une contraction du revenu disponible des ménages. Néanmoins, l’accès aux denrées alimentaires tend à s’améliorer suite à la levée du blocus sur les principaux ports du pays et les prix des biens alimentaires commencent à se stabiliser. Cela bénéficie à la minorité de ménages yéménites ayant encore une capacité de consommation.

 

Un état des comptes extérieurs et publics critique

 

La balance courante devrait continuer à être déficitaire en 2018, étant donné les faibles revenus pétroliers. Le déficit devrait tout de même se réduire en 2018 en raison des fortes restrictions à l’importation et de la destruction des infrastructures portuaires. Le port, et point d’accès stratégique au marché yéménite, de Hodeidah est sous contrôle houthi et a donc vu son trafic considérablement réduit. Le financement du déficit courant s’effectue par le biais de transferts monétaires des expatriés (augmentation de 150 % sur les dix dernières années) et les aides étrangères.

La situation des comptes publics est également difficile. Les aides internationales, multilatérales et bilatérales, sont les principales sources de financement de l’État. Le Yémen dépend très fortement des aides saoudiennes, le rendant ainsi vulnérable à l’agenda politique du Royaume voisin. Les fonctionnaires ne sont pas rémunérés depuis plus d’un an. La majorité des services publics de première nécessité n’est plus assurée. La Banque Centrale, transférée de Sanaa à Aden, ne joue plus son rôle. Au sein des zones d’affrontements, les associations humanitaires se substituent à l’État.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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