Les études économiques et analyses risques pays Coface
Yémen

Yémen

Population 28,2 millions
PIB par habitant 1334 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014  2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) -0,2 -28,1 -9,8 5,0
Inflation (moyenne annuelle) 8,1 39,4 11,0 18,0
Solde budgétaire / PIB (%) -4,1 -10,5 -11,3 -10,0
Solde courant / PIB (%) -1,6 -5,4 -6,1 -5,8
Dette publique / PIB (%)  48,7 66,6 82,3 80,5

 

(e) Estimation  (p) Prévision

POINTS FORTS

  • Soutien politique et financier des pays voisins et de plusieurs pays occidentaux, en raison de l’importance géostratégique du Yémen
  • Patrimoine architectural et culturel

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile menant à une crise économique et humanitaire
  • Pays le plus pauvre de la péninsule arabique
  • Dépendance majeure à l’aide internationale
  • Epuisement des réserves de pétrole, non compensé par la production de gaz naturel liquéfié
  • Pénurie d’eau affectant l’agriculture
  • Environnement des affaires défavorable (bureaucratie, corruption, infrastructures déficientes)

Appréciation du risque

Une économie annihilée par la guerre civile

Le Yémen était le plus pays le plus pauvre de la péninsule arabique avant le début du conflit. Plus de 50 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté et le secteur des hydrocarbures était en recul, alors que ce dernier représentait, en 2014, 80 % des exportations du pays. L’aggravation de la guerre civile en 2015 s’est traduite par une contraction du PIB de 35 % sur la période 2015-2016. Le secteur pétrolier reste parmi les plus touchés. Bien qu’une partie des exportations ait repris en 2016 suite à la reprise par les forces gouvernementales de certains territoires, les interruptions de production, comme en avril 2016, restent fréquentes. Les exportations pétrolières demeurent, en outre, fragilisées par la baisse du prix du pétrole. Les échanges commerciaux ont fortement diminué et l’investissement reste quasi inexistant. Les bombardements de la coalition ont aggravé l’état des infrastructures (dont beaucoup ont été détruites), annihilant une partie du système productif. Le rapport d’évaluation après catastrophes des Nation Unies chiffre le coût des destructions à 19 milliards de dollars, soit l’équivalent de 50 % du PIB de 2013. Outre l’impact direct des combats, de graves pénuries de carburant et d'électricité continueront de contraindre l’activité économique. Cette dernière continuerait d’être minée par les conséquences du conflit en 2017. Le repli de l’investissement et la destruction des infrastructures laissent à penser que, même en cas d’apaisement du conflit, un retour au niveau de production précédent la guerre civile resterait difficile à court terme. Néanmoins, en cas de résolution du conflit et de mise en place d’un plan d’urgence (comme cela commence à se matérialiser à Aden et dans d'autres régions libérées qui ont de nouveau accès aux importations) financé grâce à l'aide des pays du Golfe, une amélioration interviendrait. La situation humanitaire n’en resterait pas moins préoccupante. L’ONU estime que plus de 18,8 millions d’individus auraient besoin d’une aide humanitaire, dont 10 millions d’une aide humanitaire d’urgence. Les blocages et les destructions des infrastructures portuaires accroissent le risque de pénuries alimentaires et de médicaments, entraînant une augmentation significative des prix pour les biens de première nécessité que vient renforcer le manque de devises. Les prix des biens alimentaires auraient augmenté de plus de 26 % en août 2016. La crise de liquidité qui s’est aggravée depuis que le gouvernement a décidé du transfert de la banque centrale de Sanaa à Aden renforce les difficultés d’approvisionnement.

 

Un état des comptes extérieurs et publics conditionné à l’évolution du conflit

La destruction des infrastructures portuaires limiterait fortement la reprise des échanges extérieurs. Le déficit courant devrait se maintenir en territoire négatif en 2017, mais diminuerait par rapport à 2016. La reprise d’une partie de la production pétrolière et la hausse des prix du baril en 2017 devraient, ainsi, favoriser les recettes d’exportations, alors que les importations resteront contraintes suite aux difficultés d’accès au marché intérieur. 

La situation des comptes publics est également critique. Les aides internationales, notamment bilatérales, deviennent les principales sources de financement de l’Etat. La baisse du prix du pétrole limite les recettes budgétaires, alors même qu’une grande partie des services publics n’est plus assurée. Au sein des zones d’affrontements, les associations humanitaires se substituent à l’Etat.

 

Une situation politique et sécuritaire critique

Depuis 2014, le Yémen est en proie à une guerre civile entre les rebelles Houthis et les forces gouvernementales soutenues par une coalition menée par l’Arabie Saoudite avec l’aide de neuf pays arabes. Avec l’intervention militaire de la coalition arabe sunnite, le conflit intègre une nouvelle dimension qui marque les tensions entre communautés chiite et sunnite exacerbées par la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Après un cessez-le-feu durant l’été 2016, les combats ont repris dès le mois d’août suite à l’échec des pourparlers de paix menés par l’ONU au Koweït. Les organisations terroristes telles qu’AQPA (branche régionale d’Al Qaida) ou l’Etat Islamique, déjà présentes sur le territoire, ont profité de la dégradation de la situation sécuritaire pour étendre leur influence et multiplier les attaques djihadistes. En octobre 2016, les Etats-Unis opèrent pour la première fois des frappes contre des sites de radars contrôlés par les rebelles Houthis, en représailles à une attaque contre un navire de sa flotte. Jusqu’alors, le pays fournissait uniquement un soutien logistique et des renseignements à la coalition. En novembre 2016, suite à l’échec d’un nouveau processus de paix mené par l’ONU, les rebelles Houthis ont décidé unilatéralement de former un gouvernement composé de 42 ministres. Ces derniers contrôlent toujours le Nord-Ouest du territoire qui représente plus de 50 % de la population totale du pays.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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