Les études économiques et analyses risques pays Coface
Zimbabwe

Zimbabwe

Population 14,1 millions
PIB par habitant 1 002 $US
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 3,9 1,1 -0,3 -2,5
Inflation (moyenne annuelle) -0,2 -2,4 -1,6 4,6
Solde budgétaire / PIB (%) -1,5 -1,1 -4,9 -3,1
Solde courant / PIB (%) -23,2 -21,4 -19,8 -18,7
Dette publique / PIB (%) 55,3 58,9 58,9 57,6

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources minières (platine, or, diamant, nickel)
  • Richesses agricoles (maïs, tabac, coton)
  • Potentiel de développement touristique
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community)
  • Normalisation des relations avec la communauté internationale

POINTS FAIBLES

  • Situation économique et financière sinistrée par la longue période d’hyperinflation
  • Pénurie de liquidités
  • Sous-investissement en infrastructures (notamment énergétiques)
  • Situations alimentaire et sanitaire précaires : la majorité de la population dépend de l’aide internationale
  • Taux de prévalence du sida parmi les plus élevés d’Afrique et du monde

Appréciation du risque

 

La croissance économique entravée par une crise de liquidités

En 2016, la croissance, largement tributaire de la production agricole (tabac, coton, canne à sucre), s’est contractée, pénalisée par les conditions climatiques défavorables en 2015/2016. La production hydroélectrique et l’approvisionnement en eau ont également été perturbés par la sécheresse induite par les phénomènesEl NiñoetLa Niñaces deux dernières années. De son côté, le secteur minier est négativement affecté par la faiblesse des cours des matières premières exportées. En 2017, en dépit de prévisions climatiques plus encourageantes, l’économie, paralysée par une crise de liquidités, devrait continuer de se contracter. Cette crise trouve ses sources dans la décision du gouvernement en avril 2009 d’abandonner le dollar zimbabwéen, au profit de l’euro, du rand, du yuan et surtout du dollar. Avec la chute des cours des matières premières et les sécheresses, les recettes d’exportations ont dégringolé, réduisant l’entrée de devises étrangères. De plus, découragés par l’environnement économique défavorable et le contexte politique, les investissements sont et seront limités. La pénurie de liquidités verra ainsi les entreprises, luttant pour obtenir des devises étrangères, limiter leur activité et entraver la poursuite de leurs opérations. Pour faire face à cette pénurie, la banque centrale a décidé d’introduire fin novembre 2016 des billets d’obligations indexés sur le dollar. Néanmoins, synonyme de réintroduction du dollar zimbabwéen pour les citoyens, cette mesure fait craindre une récurrence de l’hyperinflation qui a touché le pays en 2008/2009.

Luttant depuis contre des pressions déflationnistes, l’inflation est repartie en 2016 en raison de la dépréciation du rand et des prix de l’alimentation plus élevés suite aux sécheresses. L’inflation devrait poursuivre sur sa tendance haussière en 2017.

 

Le double déficit du Zimbabwe dans une situation critique

Les recettes du gouvernement déclinent en même temps que le PIB. Aussi, en 2016, le déficit budgétaire s’est creusé, pénalisé par les faibles récoltes de tabac, principale exportation et source majeure de revenus pour le gouvernement Zimbabwéen. La sécheresse est également à l’origine de l’augmentation des dépenses qui ont dépassé la cible du gouvernement et ainsi contribué à amplifier le déficit. Avec des conditions climatiques plus favorables en 2017, des recettes fiscales supérieures et des dépenses plus faibles devraient permettre de réduire le déficit budgétaire. Néanmoins, le Zimbabwe doit également entreprendre une consolidation fiscale pour réduire ce qui constitue la majeure partie de ces dépenses : les salaires des fonctionnaires et le service de la dette. La situation est d’autant plus critique que le gouvernement ne pourra certainement pas compter sur l’aide des prêteurs multilatéraux alors qu’il doit encore rembourser 1,6 milliards de dollars d’arriérés à la BM et à la BAD, et bien qu’il ait rempli toutes ses obligations financières auprès du FMI après le remboursement de 107,9 millions de dollars d’arriérés.

L’importante sécheresse en 2016 a entrainé une baisse des exportations renforcée par la chute des prix des matières premières et une perte de compétitivité liée à la forte dépréciation de la monnaie de son principal concurrent, l’Afrique du Sud, face au dollar. Les importations de biens alimentaires ont augmenté pour faire face à la pénurie. En 2017, le déficit courant devrait rester à un niveau critique et les dons et les flux d’IDE demeurent largement insuffisants pour couvrir le besoin de financement. La pression de plus en plus forte sur la balance des paiements intensifie la pénurie de dollars et de liquidités.

 

R. Mugabe fragilisé par les tensions économiques, politiques et sociales

Robert Mugabe, 92 ans, pourrait ne pas aller jusqu’à la fin de son mandat courant jusqu’en 2018. La «lutte» pour sa succession s’annonce virulente avec un factionnalisme marqué au sein de son parti (ZANU-PF) et la multiplication des opposants comme l’ancienne vice-présidente J.Mujuru qui a lancé son parti «People first». Dans le contexte économique actuel, la position de R. Mugabe est fragilisé : le mécontentement de la population est grandissant face à la crise alimentaire, la hausse du chômage et de la pauvreté ainsi que l’absence de changement politique.

Mugabe peut cependant compter sur l’appui des pays de la région, notamment des quinze membres de la SADC. Le soutien de la communauté internationale reste cependant très léger. Seule une restructuration de la dette du pays et un changement de politiques économiques pourraient amener une reprise des prêts et dons des bailleurs internationaux dont le pays est fortement dépendant pour combattre la pauvreté ou pour investir dans les infrastructures. Le remboursement de ses dernières obligations financières auprès du FMI en 2016 ne suffira pas à garantir une nouvelle aide financière au Zimbabwe. L’instabilité politique et l’environnement des affaires le plus dégradé de la région (183ème rang sur 190 pays selon l’étudeDoing Business 2017 de la Banque mondiale) ne sont pas en mesure d’attirer des investisseurs et aucune amélioration n’est à attendre à court terme. Le pays est donc amené à se tourner vers comme la Chine pour financer ses investissements. Le géant asiatique a en effet une influence croissante dans le pays notamment à travers l’adoption en 2015 du yuan comme monnaie d’échange.

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

Haut de page
  • Français