Les études économiques et analyses risques pays Coface
Zimbabwe

Zimbabwe

Population 13,3 millions
PIB par habitant 1043 $US
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Evaluation des risques dans ce pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013 2014  2015 (p) 2016 (p)
Croissance PIB (%) 4,5 3,8 1,5 2,7
Inflation (moyenne annuelle) 1,6 -0,2 -1,6 0,0
Solde budgétaire / PIB (%) -1,9 -1,4 -1,3 -0,5
Solde courant* / PIB (%)  -25,4  -22,0  -22,9 -21,8
Dette publique / PIB (%) 54,2 53,4 54,4 57,5

 

(e) Estimations (p) Prévisions * hors dons

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources minières (platine, or, diamant, nickel)
  • Richesses agricoles (maïs, tabac, coton)
  • Potentiel de développement touristique
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community)
  • Normalisation des relations avec la communauté internationale

POINTS FAIBLES

  • Situation économique et financière sinistrée par la longue période d’hyperinflation
  • Sous-investissement en infrastructures (notamment énergétiques)
  • Situations alimentaire et sanitaire précaires : la majorité de la population dépend de l’aide internationale
  • Taux de prévalence du sida parmi les plus élevés d’Afrique et du monde

Appréciation du risque

 

Croissance vulnérable et inflation faible

La croissance économique a diminué en 2015 en raison d’une importante sècheresse. De meilleures récoltes devraient aider une reprise de l’activité en 2016, modérée par la faiblesse des prix mondiaux des matières premières et une production conditionnée à de bonnes conditions climatiques. Le secteur minier continuera aussi d’être un moteur de la croissance, surtout la production d’or qui représente 12 % des recettes d’exportations. L’activité industrielle continuerait de diminuer, entrainant de nombreuses fermetures d’entreprises, en raison des faiblesses structurelles du pays : manque d’investissements, infrastructures déficientes et vulnérabilité à la concurrence commerciale du voisin sud-africain. L’agenda de développement (ZIM ASSET) reste une priorité pour augmenter la productivité et la compétitivité du secteur privé, mais sa mise en place nécessite d’importants financements, dont ne dispose pas le pays, d’autant plus que son accès aux financements extérieurs resterait contraint en 2016. La demande interne resterait pénalisée par la hausse du chômage et les faibles transferts des travailleurs expatriés en Afrique du Sud.
Le Zimbabwe est définitivement sorti de sa spirale hyperinflationniste (2008) grâce à l’utilisation accrue du dollar américain et du système multidevises. Toutefois, le pays devrait continuer à faire face en 2016 à des pressions déflationnistes de par la faiblesse de la demande interne, des prix modérés des matières premières et de l’énergie ainsi que l’appréciation du dollar réduisant la valeur des importations majoritairement en provenance d’Afrique du Sud. Elles devraient cependant être atténuées en 2016 par une hausse des salaires dans le secteur public.

 

Le pays a de plus en plus de difficultés à financer son déficit courant

En 2016, le déficit budgétaire devrait rester déficitaire avec la faiblesse de l’économie qui limiterait les recettes fiscales et les dépenses en personnel qui resteraient considérables (environ 80 % des dépenses publiques). Le pays devrait donc entreprendre une consolidation budgétaire et une restructuration de la dette afin de cibler les dépenses et de bénéficier à nouveau des aides internationales essentielles pour le développement économique et social du pays. Dans cette perspective le FMI a renouvelé fin 2015 son programme d’assistance technique au pays et une atteinte des objectifs pourrait favoriser un retour des bailleurs internationaux. Un accord a également été conclu avec le FMI, la Banque Mondiale et la BAD pour réduire les arriérés du Zimbabwe d’ici avril 2016, mais les conflits politiques qu’il engendre amenuisent ses chances de succès. La dette du pays pourrait donc se réduire à condition que les factions politiques n’entravent pas la mise en œuvre des mesures.
L’importante sécheresse en 2015 a entrainé une baisse des exportations renforcée par la chute des prix des matières premières et une perte de compétitivité liée à la forte dépréciation de la monnaie de son principal concurrent, l’Afrique du Sud, face au dollar. Les importations de biens alimentaires ont augmenté pour faire face à la pénurie. En 2016, le déficit courant devrait rester à un niveau critique et les dons et les flux d’IDE sont largement insuffisants pour le couvrir. Les réserves de change sont très faibles, le stock étant inférieur à un mois d’importations fin 2015. Le financement du déficit courant apparait donc comme un enjeu crucial à court terme et est conditionné à l’aide internationale.

Tensions politiques et sociales et normalisation progressive des relations internationales

Robert Mugabe, 91 ans, pourrait ne pas aller jusqu’à la fin de son mandat courant jusqu’en 2018. La «lutte» pour sa succession s’annonce virulente avec un factionnalisme marqué au sein de son parti (ZANU-PF) et la multiplication des opposants comme l’ancienne vice-présidente J.Mujuru qui a lancé son parti «People first». Le mécontentement de la population est grandissant face à la crise alimentaire, la hausse du chômage et de la pauvreté (72 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté) ainsi que l’absence de changement politique.
R. Mugabe peut cependant compter sur l’appui des pays de la région, notamment des quinze membres de la SADC. L’UE a décidé de reprendre l’aide directe au Zimbabwe notamment à travers l’apport hors budget de 270 millions de dollars au cours des cinq prochaines années. Le soutien de la communauté internationale reste cependant très léger. Seule une restructuration de la dette du pays et un changement de politiques économiques pourraient amener une reprise des prêts et dons des bailleurs internationaux dont le pays est fortement dépendant pour combattre la pauvreté ou pour investir dans les infrastructures. L’instabilité politique et l’environnement des affaires le plus dégradé de la région (182ème rang sur 189 pays selon l’étude Doing Business 2016 de la Banque mondiale) ne sont pas en mesure d’attirer des investisseurs et aucune amélioration n’est à attendre à court terme. Le pays est donc amené à se tourner vers des pays comme la Chine pour financer ses investissements. Le géant asiatique a en effet une influence croissante dans le pays notamment à travers l’adoption cette année du yuan comme monnaie d’échange, déjà présent dans le panier de devises depuis 2014.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016

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