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Zimbabwe

Zimbabwe

Population 14,5 millions
PIB par habitant 1 112 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 1,4 0,6 2,8 0,8
Inflation (moyenne annuelle, %) -2,4 -1,5 2,5 9,5
Solde public / PIB (%) -1,0 -10,0 -11,9 -9,8
Solde courant / PIB (%) -10,7 -9,2 -7,6 -7,1
Dette publique / PIB (%) 51,9 69,6 70,6 71,1

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources minières (platine, or, diamant, nickel)
  • Richesses agricoles (maïs, tabac, coton)
  • Potentiel de développement touristique
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community)
  • Normalisation des relations avec la communauté internationale

POINTS FAIBLES

  • Situation économique et financière sinistrée par la longue période d’hyperinflation
  • Pénurie de liquidités
  • Sous-investissement en infrastructures (notamment énergétiques)
  • Situations alimentaire et sanitaire précaires : la majorité de la population dépend de l’aide internationale
  • Taux de prévalence du sida parmi les plus élevés d’Afrique et du monde

Appréciation du risque

 

Croissance étranglée par la pénurie de liquidités

 

La croissance, largement tributaire de la production agricole, s’est redressée en 2017 à la faveur de conditions climatiques favorables, conduisant à une récolte exceptionnelle après deux années de sécheresse. La production de maïs a atteint 2,1 millions de tonnes, amenant le PIB agricole à croitre de 20 %. Cependant une nette décélération de l’activité devrait se matérialiser en 2018. Les précipitations pour la saison agricole 2017/2018 devraient être inférieures à celles de 2017, pénalisant l’activité. Les exportations d’or devraient continuer à bénéficier de la stabilité des cours mondiaux. Néanmoins, le secteur manufacturier pâtirait de la pénurie de devises qui contraint les importations. Depuis 2016, l’économie est paralysée par une crise de liquidités qui trouve ses sources dans la décision du gouvernement, en avril 2009, d’abandonner le dollar zimbabwéen au profit d’un panier de devises, faisant du dollar américain la monnaie de référence du système monétaire. Le creusement du déficit courant, la faiblesse des entrées de capitaux et la crise de confiance ont conduit à limiter les quantités de dollars en circulation, poussant les banques à limiter les retraits à 50 dollars par jour. La hausse des émissions de billets d’obligations indexés sur le dollar (bond notes), introduites en novembre 2016 par la banque centrale, suite à l’obtention d’un prêt de 500 millions auprès de l’Afreximbank, de même que le recours aux modes de paiement électronique ont permis d’atténuer la baisse de liquidités. L’accroissement de la masse monétaire en circulation a eu pour conséquence de sortir le pays de la spirale déflationniste dans laquelle il s’était inscrit depuis 2014. Toutefois, probablement sous-estimée par les chiffres officiels, l’inflation, notamment sur les biens importés, continue à augmenter rapidement, ravivant, désormais, le spectre de l’hyperinflation.

 

Déficits jumeaux insoutenables

 

Le déficit public s’est creusé en 2017. L’augmentation des recettes fiscales, liée au contexte économique plus favorable, n’a pas suffi à compenser les dépenses engagées par les autorités, allouées principalement au service de la dette et aux salaires des fonctionnaires. En 2018, le gouvernement ambitionnait de réduire le déficit public de à ٤ ٪ du PIB, mais ce scénario, déjà peu probable, souffre de l’incapacité du gouvernement à réduire les dépenses. Avec près de 90 % des dépenses allouées à la masse salariale en 2018, les marges de manœuvre budgétaire du gouvernement resteraient restreintes. En outre, le ralentissement de l’activité et l’organisation des élections présidentielles de 2018 auraient un impact négatif, respectivement, sur les recettes et sur les dépenses. La dette publique continuerait d’augmenter en l’absence de réforme et de consolidation budgétaire. Les autorités poursuivraient leur recours au marché domestique fragilisant ainsi le système bancaire et la croissance du crédit. Les arriérés détenus auprès des organismes internationaux limite la possibilité du pays d’avoir recours à l’aide internationale. Le pays a, certes, remboursé une partie des arriérés dus au FMI en octobre 2016, mais il doit toujours 1,6 Md de dollars à la Banque africaine ainsi qu’à la Banque mondiale.

La hausse du cours des métaux précieux devrait favoriser la croissance des exportations en 2018, mais la baisse du déficit courant restera principalement imputable à la contraction des importations. Tout comme en 2017, la pénurie de dollars devrait peser sur celles-ci et favoriser une dépréciation des bond notes sur le marché noir. Les pressions sur cette monnaie de substitution se poursuivraient en 2018 sans action de la Banque centrale et sans de nouvelles entrées de devise.

 

Le « Crocodile » succède à Robert Mugabe après 37 ans au pouvoir

Le 21 novembre 2017, après 37 ans à la tête du pays, Robert Mugabe, 93 ans, a été contraint à la démission. Celle-ci est intervenue une semaine après que l’armée, démentant néanmoins un coup d’État, a saisi plusieurs institutions à Harare et gardé M. Mugabe et sa femme en détention. L’intervention, sans effusion de sang, a été déclenchée par le renvoi du vice-président Emmerson Mnangagwa quelques semaines plus tôt, dans le but d’ouvrir la voie du pouvoir à l’épouse de Robert Mugabe, Grace Mugabe. La « transition démocratique assistée par l’armée » a ainsi permis à M. Mnangagwa, surnommé le « Crocodile », de succéder à M. Mugabe. Le président par intérim est déjà investi candidat aux élections générales de 2018 pour conforter son assise à la tête du pays. Longtemps aux côtés de Robert Mugabe et issu des rangs du ZANU-PF, le parti au pouvoir depuis l’indépendance, le « Crocodile » ne devrait pas bouleverser le fonctionnement politique du pays. Toutefois, alors que le chômage de masse et la pénurie de liquidités alimentent les griefs de la population, le nouveau président devra rapidement trouver des solutions à la crise économique. Pour cela, le dialogue pourrait être renoué avec les bailleurs de fonds internationaux et les partenaires bilatéraux pour bénéficier d’aides devenues indispensables. Le président entend également regagner la confiance d’investisseurs étrangers qui ont fui le pays, en grande partie, à cause de la gestion de M. Mugabe. Les élections 2018, promises par M. Mnangagwa, et les conditions dans lesquelles elles se tiendront pourraient ainsi servir de test sur la fermeté des engagements du « Crocodile ».

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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