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Afghanistan

Afghanistan

Population 36,0 millions
PIB par habitant 545 US$
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,7 2,7 3,0 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,0 0,6 2,6 4,5
Solde public / PIB (%) -0,6 1,5 -0,8 -0,1
Solde courant / PIB (%) 4,7 9,1 2,0 0,2
Dette publique / PIB (%) 7,5 6,9 7,5 7,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Soutien financier et militaire de la communauté internationale
  • Perspectives d’exploitation de matières premières (gaz, pétrole, minéraux, etc.)
  • Développement de corridors logistiques (Lapis-Lazuli) et énergétiques régionaux (CASA-1000, TAPI) via le pays

POINTS FAIBLES

  • Situation sécuritaire et géopolitique instable
  • Pauvreté
  • Corruption et gouvernance faible
  • Dépendance vis-à-vis de l’aide internationale
  • Fragilités du système bancaire et faible diffusion du crédit
  • Forte dépendance au secteur agricole

appréciation du risque

Impasse militaire et incertitudes politiques fortes

Les groupes insurgés sont à l’apogée de leur extension territoriale depuis 2001, tandis que le contrôle territorial de l’État central est passé sous la barre des 50 %. Malgré une cohésion renforcée des Talibans sous le commandement d’Haibatullah Akhunzada, le groupe insurgé n’a pourtant pas réussi à prendre possession et tenir de capitale provinciale depuis 2015. Le conflit reste donc dans une impasse. L’avenir du pays est suspendu aux négociations de paix entre les États-Unis et les Talibans : elles pourraient mener à une sortie progressive des forces américaines en échange d’un engagement des Talibans à empêcher l’implantation des groupes islamistes internationaux et à engager des négociations de paix et de partage du pouvoir avec le gouvernement. Les insurgés ayant récemment enchaîné plusieurs succès militaires, leur disposition à négocier pourrait s’en trouver affectée : les Talibans continuent de refuser le dialogue avec le gouvernement, et pourraient bien trahir les engagements pris avec les Américains, pour combattre un ennemi affaibli, dont l’armée est corrompue, sous-financée, en perte de légitimité et fait face à l’absentéisme et à de nombreuses désertions.

Le premier tour des élections présidentielles de septembre 2019, quatrièmes élections depuis la chute du régime taliban, n’a pas désigné de vainqueur et ouvre la voie à un second tour, qui opposera le président sortant, Ashraf Ghani, à Abdullah Abdullah, chef du gouvernement. Les élections ont été entachées par diverses irrégularités, la contestation par l’opposant principal, ainsi que des attaques terroristes dans tout le pays. La légitimité des institutions est doublement remise en question : les élections ont connu le plus faible taux de participation (20 %), et le principal opposant et les candidats, Ashraf Ghani – le président sortant – et Abdullah Abdullah, ont indiqué leur refus d’un accord de partage de pouvoir semblable à celui passé en 2014, un facteur qui pourrait accroître les tensions entre les ethnies qu’ils représentent. La question de l’effondrement de l’État reste posée. Dans le pire des cas, un scénario semblable à celui de 1992 est envisageable, quand l’arrêt du soutien soviétique au gouvernement de l’époque a fait éclater l’Afghanistan en fiefs contrôlés par des chefs de guerre locaux, et causé une guerre civile de quatre ans.

 

Une économie agricole aidée par de bonnes récoltes

En 2019, la croissance afghane s’est redressée, en bonne partie grâce à la rémission de la sécheresse connue en 2018. Le secteur représentant toujours 44 % de l’emploi et 25 % du PIB, ses bons chiffres permettront une élévation de la consommation des ménages. Les perspectives de croissance de l’Afghanistan connaîtront donc une amélioration en 2020, grâce à ces conditions climatiques favorables, qui stimuleront la production agricole.

Les secteurs manufacturier et des services continueront de souffrir des incertitudes liées au report du second tour au printemps 2020. Ces incertitudes et la question sécuritaire pèseront aussi sur la confiance des investisseurs, et viendront limiter l’influx de capitaux privés en Afghanistan. Le crédit au secteur privé a poursuivi son déclin, et avoisine aujourd’hui les 3 % du PIB. Les banques, pourtant en excès de liquidités, préfèrent détenir des titres de dette publique : les prêts au secteur privé ne représentent que 15,7 % des dépôts. L’extension des collatéraux éligibles et du registre des crédits devrait impacter positivement l’intermédiation bancaire. Malgré la croissance, le dynamisme démographique entraînera une nouvelle augmentation de la pauvreté. L’inflation continuera son accélération, due à la demande accrue de produits alimentaires.

 

Dépendance complète à l’aide internationale pour financer les déficits jumeaux

La dépense publique a dû augmenter en 2019, en réponse à des besoins militaires accrus. Les revenus de l’État sont restés solides, bénéficiant des réformes de collecte de l’impôt de 2018. Ils ne compenseront cependant pas la réduction des dons

à l’État afghan, qui représentent environ 50 % du budget. L’ajustement se fera donc par un déficit modéré en 2020, et une stagnation des investissements de développement. La dette restera faible, mais l’accès réduit de l’État au marché le rend vulnérable aux réductions de l’aide internationale. Les marges de manœuvre budgétaire demeureront minimales. Les financements extérieurs sont cruciaux pour la sécurité du pays, l’armée afghane (50 % des dépenses) étant financée à 90 % par l’étranger.

Le solde commercial restera largement négatif (environ - 35 % du PIB), au vu des faibles exportations, grevées par la situation difficile du voisin pakistanais. Les déficits externes du pays continueront d’être financés par des dons de l’étranger. Si leur réduction causera une dégradation du solde courant en 2020, ce dernier permettra tout de même de maintenir les réserves de change à un niveau acceptable (un peu moins d’un an d’importations).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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