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Afghanistan

Afghanistan

Population 32,5 millions
PIB par habitant 570 US$
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,2 2,7 2,3 2,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,4 5,0 3,0 4,0
Solde public / PIB (%) * 0,1 -0,6 -0,5 -0,8
Solde courant / PIB (%) ** 7,3 5,0 5,3 1,1
Dette publique / PIB (%) 7,8 7,0 6,8 6,4

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Incluant les dons. ** Incluant les transferts officiels.

POINTS FORTS

  • Soutien financier et militaire de la communauté internationale
  • Perspectives d’exploitation de matières premières (gaz, pétrole, minéraux, etc.)

POINTS FAIBLES

  • Situation sécuritaire et géopolitique instable
  • Pauvreté
  • Corruption et gouvernance faible
  • Dépendance vis-à-vis de l’aide internationale
  • Fragilités du système bancaire et faible diffusion du crédit
  • Forte dépendance au secteur agricole

appréciation du risque

Une situation sécuritaire préoccupante dans un contexte politique plus incertain

L’année 2018 a été marquée par une poussée des talibans sur le territoire afghan, notamment à travers des attaques meurtrières dans l’ensemble du pays. L’offensive sur la capitale de la province de Ghazi, à majorité hazara (minorité chiite), a été repoussée par les forces gouvernementales et leurs alliés américains en août, mais n’a pas empêché les forces talibanes de prendre possession d’une partie de la province. Le contrôle de cette région est un enjeu de taille pour le groupe armé, pour qui le contrôle d’une région non sunnite permettrait d’asseoir sa légitimité comme force politique capable de gouverner. La position de Ghazi est aussi stratégique sur le plan géographique, sur la principale route qui relie Kaboul aux provinces du sud (Kandahar), fiefs des talibans. Cette offensive reflète la position de faiblesse dans laquelle se trouve le gouvernement de Kaboul, ne contrôlant véritablement que 30 à 50 % du pays. Le groupe armé a pour l’instant refusé de négocier directement avec le gouvernement, mais des avancées pourraient avoir lieu dans ce domaine avec les efforts diplomatiques russes. Alors que les talibans avaient accepté de s’asseoir à la table des négociations avec les États-Unis, l’annonce récente de Donald Trump de retirer la moitié des 14 000 soldats américains dans le pays est susceptible de changer la donne politique et de déstabiliser davantage le pays. La présence de l’État Islamique se fait aussi de plus en plus visible à travers des attaques meurtrières ciblant particulièrement les localités et quartiers chiites. Les élections parlementaires d’octobre 2018 furent le théâtre d’une nouvelle montée des violences, avec plusieurs centaines de morts et de blessés selon un rapport de l’ONU. Alors que tarde l’annonce des résultats pour l’ensemble du pays, la chambre basse du Parlement devrait être particulièrement fragmentée devant le grand nombre de candidats indépendants. Les élections présidentielles prévues en avril seront le principal enjeu de l’année 2019, augmentant l’incertitude dans ce contexte sécuritaire difficile. Les retards de décompte des voix à la suite des élections parlementaires de fin 2018 pourraient mener à un report des élections de quelques mois, laissant le temps à d’autres candidats de se déclarer pour affronter le président Ashraf Ghani, candidat à sa propre succession. Alors que la candidature du chef de l’exécutif Abdullah Abdullah (selon l’accord de gouvernement en place depuis 2014) est encore incertaine, l’ancien conseiller à la sécurité, Mohammad Hanif Atmar, a déjà annoncé sa participation. Enfin, les relations avec le Pakistan demeureront tendues, alors que le gouvernement de Kaboul accuse son voisin de soutenir l’insurrection des talibans.

 

Une économie agricole toujours fragile

En 2019, la croissance devrait rester faible, contrainte par la situation sécuritaire difficile. Les effets de la grande sécheresse qui a touché le pays au second semestre 2018 devraient commencer à s’atténuer. Cependant, le manque de graines pour les futures récoltes devrait avoir des conséquences de long terme sur le secteur agricole qui emploie plus de 80 % de la population active. Avec 2,2 millions de personnes touchées, les mauvaises conditions climatiques ont déplacé plus de personnes au cours de l’année 2018 que le conflit avec les talibans. La culture d’opium devrait continuer d’alimenter l’économie illégale, présente dans 30 à 50 % des villages selon les régions (jusqu’à 85 % dans les provinces du Sud). L’industrie et les services devraient également observer une croissance modérée dans l’attente d’une stratégie de développement du secteur minier, contraint par le manque d’infrastructures et la situation sécuritaire. La consommation privée restera très dépendante des flux de remises des émigrés. L’inflation devrait augmenter, face à la hausse des prix alimentaires suite aux mauvaises conditions climatiques. Les incertitudes politiques et la question sécuritaire seront autant de facteurs qui pèseront sur la confiance des investisseurs, limitant l’afflux de capitaux privés dans le pays.

Une dépendance complète à l’aide internationale pour financer les déficits jumeaux

Avec 51 % des recettes de l’État provenant de dons, l’équilibre des finances publiques est largement dépendant de l’aide internationale sans laquelle le déficit public dépasserait les 10 % du PIB. Dans le cadre d’une facilité élargie de crédit du FMI, le gouvernement a entamé depuis 2016 des réformes pour améliorer la collecte de recettes fiscales. Cependant, l’exacerbation des problèmes sécuritaires dans le contexte électoral devrait en limiter l’ampleur. Dans le cadre du partenariat avec le FMI, le gouvernement devrait aussi augmenter son investissement, notamment dans le développement d’infrastructures pour la santé et l’éducation. Toutefois, le poids des dépenses liées au paiement des salaires des fonctionnaires dans le budget (48 % en 2017) devrait limiter les ressources disponibles pour ces investissements qui seront encore majoritairement pris en charge par les bailleurs de fonds internationaux.

Le solde commercial restera largement négatif (à hauteur de -30 % du PIB) compte tenu de la faiblesse des exportations du pays. Ce déficit sera financé par les dons internationaux. L’aide internationale continuera aussi de soutenir les réserves de change du pays qui s’élevaient à 10 mois d’importations mi-2018.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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