Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Bosnie-Herzégovine

Bosnie-Herzégovine

Population 3,5 millions
PIB par habitant 5181 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,2 3,0 3,2 3,2
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,1 1,2 1,4 1,7
Solde public / PIB (%) 0,3 2,1 1,5 0,2
Solde courant / PIB (%) -4,9 -4,8 -5,7 -6,2
Dette publique / PIB (%) 44,0 39,4 39,0 38,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Assistance financière du FMI
  • Transferts importants des travailleurs expatriés
  • Accord de stabilisation et d’association avec l’UE doté de fonds de pré-accession
  • Potentiel touristique (11 % de l’emploi et 9,6 % du PIB) et hydroélectrique (déjà 34 % de l’électricité produite)

POINTS FAIBLES

  • Fragmentation institutionnelle, réglementaire, ethnique, économique
  • Manque d’investissement public (transport, éducation, santé)
  • Faible diversification et faible valeur ajoutée des exportations
  • Mauvais ciblage de la protection sociale
  • Taille importante du secteur informel, faible participation à la vie active (43 %), chômage élevé chez les jeunes

Appréciation du risque

Activité soutenue par la consommation

En dépit d’un environnement institutionnel et politique médiocre, l’activité économique devrait encore gagner en vigueur en 2019. La consommation des ménages serait encore favorisée par la progression des revenus, qui bénéficieront de la hausse des salaires, du dynamisme des transferts des expatriés (9 % du PIB) et de l’augmentation du nombre de visiteurs des pays voisins. L’emploi déclaré progressera à la faveur de la diminution de l’informalité et de créations dans l’ensemble des secteurs. Le crédit conservera une bonne progression, avec des créances douteuses (9 % de l’encours) qui continueront de baisser. Le commerce de détail profitera de cette bonne orientation. Par contre, les exportations de minerais, de bois, de métaux, de produits chimiques, de chaussures, pourraient perdre de leur dynamisme en raison du ralentissement à l’œuvre sur leurs principaux marchés. Cependant, les ventes agroalimentaires profiteraient de la libéralisation des échanges avec l’UE et la Russie, tout comme celles d’électricité. L’investissement public, dans les infrastructures, mais aussi dans l’administration, dépendra du déblocage par le FMI de financements supplémentaires dans le cadre de sa Facilité de crédit élargie, et, par ricochet, de ceux de l’UE (315 millions d'euros sur 2018/20) et de la BERD (700 millions d'euros sur 2018/20 en partenariat avec le privé). Leur versement est conditionné par l’avancement dans la mise en œuvre de l’Agenda de réformes adopté en 2015, mais aussi par les performances institutionnelles et administratives. Cet argent permet de dynamiser la construction à travers la poursuite de la construction de l’autoroute dite « Corridor Vc », qui doit traverser le pays entre la frontière croate au nord et l’Adriatique, ainsi que dans le secteur de l’énergie. L’investissement privé, domestique comme étranger, restera modeste du fait de la persistance des fragilités institutionnelles et d’un environnement des affaires médiocre que ne compense pas le bas coût du travail.

Comptes publics convenables, mais déficit courant élevé

Le léger desserrement de la politique budgétaire devrait se poursuivre, tout en ménageant un équilibre des comptes en 2019. Les recettes, constituées pour 40 % de TVA, représentent 43 % du PIB et progressent en phase avec l’activité. Les dépenses salariales sont contenues, même si c’est moins vrai pour l’entité serbe. Cet équilibre et la croissance modérée suffiront pour stabiliser le poids de la modeste dette publique, libellée essentiellement en euros (86 %) et en monnaie locale, le mark, ancré à l’euro, et détenue à 68 % par des créanciers étrangers parmi lesquels une moitié d’organismes multilatéraux publics. Elle se répartit à peu près également entre les entités bosno-croate et serbe constitutives du pays, mais, compte tenu des PIB respectifs, la dette publique serbe est plus lourde (60 % du PIB). Si la situation des comptes publics apparaît convenable, leur gestion fragmentée entre l’État central et les deux entités, le coût futur des systèmes de retraite et de santé et la mauvaise gouvernance au sein des entreprises publiques peuvent réserver des mauvaises surprises.

En 2019, le déficit courant pourrait encore se creuser. Toutefois, le déficit commercial devrait passer sous la barre du quart du PIB. Les transferts des expatriés et l’excédent des services (7 % du PIB) lié au tourisme et au transport permettront, comme d’habitude, de compenser partiellement le déficit commercial. Des financements internationaux et des IDE (2 % du PIB) permettront d’équilibrer la balance des paiements, tout en maintenant les réserves de change à un niveau confortable, équivalant à sept mois d’importations. Malgré le désendettement des banques, la dette extérieure pèse 53 % du PIB, répartie également entre débiteurs publics et privés.

Divisions ethniques et coexistence de trois gouvernements

Suite aux accords de Dayton de 1995, la Bosnie-Herzégovine, est divisée en deux entités autonomes distinctes : la Fédération de Bosnie-Herzégovine à dominante bosniaque (musulmane) et croate, et la République serbe de Bosnie, auxquelles s’ajoute le district de Brčko géré par l’État central. L’État central a à sa tête une présidence collégiale représentative des trois « peuples constitutifs » qui tourne tous les huit mois. La Constitution ne reconnaît que très peu de pouvoirs à l’État central chargé de la politique extérieure et monétaire, des droits de douane, de la TVA, des transports et de la défense. Même ces compétences sont gérées difficilement, car chaque composante ethnique dispose d’une minorité de blocage au sein du Parlement central. Les Bosniaques musulmans tentent de renforcer le rôle du gouvernement central, alors que les Croates, à la recherche de leur propre entité autonome, et les Serbes, tentés par le rattachement à la Serbie, s’efforcent d’enrayer les processus législatifs. Les élections présidentielles et législatives d’octobre 2018 se sont encore déroulées sur des lignes ethniques, plaçant en tête les partis nationalistes dans les assemblées. La seule surprise est venue de l’élection de Zeljko Komsic du Front démocratique face à son rival Dragan Covic du parti nationaliste croate HDZ au poste réservé aux Croates au sein de la présidence collégiale. De longues négociations sont prévisibles pour la formation des coalitions de gouvernement, ce qui ralentira l’adoption des réformes conditionnant la reprise des financements multilatéraux et la candidature à l’UE. La complexité institutionnelle ne facilite pas le traitement des insuffisances de la justice, des disparités réglementaires, de la corruption, de la lourdeur et de la faible efficacité administrative.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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