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Gabon

Gabon

Population 2,1 millions
PIB par habitant 8220 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 0,5 0,8 2,8 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,7 4,8 2,3 1,0
Solde public / PIB (%) -2,6 -1,2 1,0 0,8
Solde courant / PIB (%) -4,5 -2,4 2,1 0,8
Dette publique / PIB (%) 62,6 60,6 56,4 53,9

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • 5e producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne ; 2e producteur africain de bois ; place de 1er producteur mondial de manganèse convoitée
  • Efforts de diversification de l’économie entrepris dans le cadre du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE)
  • Membre de la CEMAC

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement tributaire du secteur pétrolier
  • Coût élevé des facteurs de production, lié à l’insuffisance des infrastructures (transport et électricité)
  • Chômage élevé et pauvreté endémique
  • Contexte politique et social difficile, corruption omniprésente
  • Stock d’arriérés domestiques et extérieurs pas encore apuré

Appréciation du risque

Une reprise contrainte par la demande intérieure

Après avoir bénéficié du rebond de la production de pétrole en 2019 (après plusieurs années de déclin), l’accélération de l’activité devrait être plus mesurée en 2020. L’investissement privé, en souffrance depuis 2014, devrait être un important contributeur à la croissance, jouissant des efforts des autorités pour accroître l’attrait du secteur pétrolier, et particulièrement de la révision du code des hydrocarbures en juillet 2019. Hors pétrole, il devrait également continuer d’être dynamique dans les secteurs minier (manganèse), agroalimentaire (huile de palme, caoutchouc) et forestier, même si ce dernier pourrait souffrir d’une image dégradée suite à un scandale de corruption. Toutefois, si les investissements déjà réalisés dans ces secteurs devraient soutenir les d’exportations, la contribution de la balance commerciale resterait contrainte par des cours de l’or noir moins favorables, en dépit d’une potentielle hausse des volumes d’exportations de pétrole (qui représente environ 70 % des recettes d’exportations). De plus, le contexte budgétaire contraignant pèsera sur les contributions de la consommation et de l’investissement publics. Le rôle important de l’État comme pourvoyeur d’emplois signifient également que les contraintes budgétaires devraient se répercuter sur la consommation privée.

 

Malgré l’excédent courant, une situation extérieure vulnérable

En 2020, le solde budgétaire devrait rester positif, mais légèrement se détériorer. Responsables d’environ 40 % des revenus de l’État, les recettes pétrolières devraient être affectées par les moindres gains de production et les cours de l’or noir moins favorables. Les recettes hors pétroles devraient poursuivre leur progression grâce aux efforts d’optimisation de la mobilisation des ressources fiscales, notamment sous les auspices du programme de mécanisme élargi de crédit (MEDC) avec le FMI. L’effort de consolidation budgétaire devrait également être poursuivi du côté des dépenses, en s’attachant à contenir l’importante masse salariale de l’État (qui absorbent près de 60 % des recettes). La dépense d’investissement en capital pourrait augmenter afin de relancer les projets d’infrastructures. Les économies réalisées devraient notamment permettre de financer l’apurement des arriérés domestiques et extérieurs, et permettre de réduire le ratio de dette. Les parts importantes de dette extérieure (70 % du total) et de dette libellée en devises étrangères (environ 60 % du total) restent toutefois des sources de vulnérabilité, qui pourraient faire grimper le coût du service de la dette.

En 2020, l’excédent du solde des transactions courantes devrait se réduire. Le surplus commercial devrait notamment être moins élevé en raison de l’évolution des exportations de pétrole. Les comptes des services, et des revenus, avec les rapatriements de profits des entreprises étrangères, devraient rester très largement déficitaires. Les remises de travailleurs étrangers installés au Gabon devraient entretenir le léger déficit du compte des transferts. Les versements du FMI dans le cadre du programme MEDC (qui doit prendre fin en juin 2020) et les IDE devraient soutenir la position extérieure globale de la CEMAC et contribuer à la reconstitution des réserves de change communes. Néanmoins, le pays restera exposé, particulièrement en cas de nouveau choc sur les prix du pétrole, aux pénuries de liquidité qui ont régulièrement touché la zone monétaire d’Afrique centrale ces dernières années.

 

Une stabilité politique relative et fragile

Depuis sa réélection tumultueuse en 2016, le président Ali Bongo Ondimba, en poste depuis 2009 après avoir succédé à son père, la situation politique reste volatile. Certes, les divisions de l’opposition et l’isolement du principal opposant, Jean Ping, qui continue de se proclamer président élu, ont contribué à atténuer les vives tensions post-électorales. De plus, le dialogue national, organisé en 2017, a abouti, en janvier 2018, à une révision constitutionnelle qui semble renforcer l’exécutif. Le président est également ressorti conforté des élections législatives d’octobre 2018 qui ont permis au Parti démocratique gabonais (PDG), dont il est issu, d’obtenir la majorité absolue face à une opposition divisée et affaiblie par l’appel au boycott de M. Ping. Néanmoins, les interrogations sur l’état de santé du président suite à son hospitalisation en Arabie saoudite en octobre 2018 et à sa convalescence de cinq mois ont révélé des contestations de l’autorité de M. Bongo, avec notamment une tentative de coup d’État, rapidement avortée, en janvier 2019. Si ces incertitudes ont diminué depuis le retour du président au pays en mars 2019, en attendant les prochaines élections en 2023, de nouveaux problèmes de santé du président pourraient s’agglomérer au mécontentement de la population lié à la prévalence du chômage et au faible niveau de vie. Les grèves régulières de la fonction publique témoignent déjà d’un contexte social tendu. Elles pourraient faire dévier les autorités de leurs engagements en matière budgétaire et, ainsi, détériorer la perception de la gouvernance. Au côté des infrastructures défaillantes, de l’opacité et de l’indisponibilité de l’information commerciale et de la complexité des procédures administratives, celle-ci participe à un climat des affaires difficile (169e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2020).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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