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Iran (République islamique de)

Iran (République islamique de)

Population 82,4 millions
PIB par habitant 5 417 $US
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Synthèse

major macro economic indicators

 

 

 

 

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,7 -4,8 -9,5 -8,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,6 30,5 35,7 31,0
Solde public / PIB (%) -1,8 -2,5 -4,4 -5,0
Solde courant / PIB (%) 3,8 4,1 -2,7 -3,4
Dette publique / PIB (%) 39,5 32,2 30,7 28,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Calendrier iranien : année 2020 du 20 mars 2020 au 21 mars 2021.

POINTS FORTS

  • Deuxièmes plus grandes réserves prouvées de pétrole et de gaz au monde
  • Population importante avec de nombreux consommateurs
  • Faible niveau de la dette extérieure
  • Situation géopolitique stratégique

POINTS FAIBLES

  • Renforcement des sanctions américaines
  • Augmentation de la dette intérieure
  • Faiblesse des infrastructures, obsolescence des équipements industriels
  • Secteur bancaire très fragile avec des sources de crédit limitées
  • Équilibre des comptes publics toujours plus menacé par la baisse des recettes pétrolières
  • Tensions croissantes avec les États-Unis et d’autres forces régionales

Appréciation du risque

Les sanctions américaines plongent l’économie dans la récession

À la suite du retrait unilatéral des États-Unis de l’accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action) en mai 2018, la détérioration de la situation économique en Iran se poursuit. La croissance du PIB devrait encore ralentir en 2020, principalement en raison des sanctions américaines qui vont de nouveau être imposées dans des secteurs clés iraniens tels que les banques, les transports et l’énergie. La décision des États-Unis, prise le 2 mai 2019, de mettre fin aux dérogations aux sanctions américaines prévues pour les importateurs de pétrole iranien continuera de peser sur les principales recettes d’exportation du pays. Le faible soutien des parties européennes en faveur du maintien de l’accord, qui se défient également des sanctions américaines, indique que les flux d’investissements en Iran continueront à souffrir malgré les opportunités commerciales offertes par l’Iran, l’un des principaux marchés du Moyen-Orient. Comme la réimposition des sanctions et la baisse des investissements entraîneront une diminution des entrées de capitaux dans le pays, le rial continuera de se déprécier davantage. De ce fait, l’inflation devrait rester élevée et le pouvoir d’achat des ménages continuera de s’éroder, pesant sur la consommation privée qui représente près de la moitié du PIB. Étant donné que la baisse des recettes d’exportation limiterait la capacité du gouvernement à accroître ses dépenses pour soutenir l’activité non pétrolière, le chômage restera élevé, ce qui constituera un autre frein à la consommation.

 

Le déficit budgétaire va se creuser pour atteindre son niveau le plus élevé depuis plusieurs années, en raison de la baisse des exportations pétrolières

Comme près de 50 % des recettes d’exportation étaient liées aux exportations de pétrole, la décision de l’administration américaine de mettre fin aux dérogations aux sanctions américaines dont bénéficiait le pétrole iranien a provoqué une forte baisse des recettes budgétaires du gouvernement. Les exportations de pétrole devraient s’établir en moyenne autour de 400 000 barils par jour (b/j) en 2020 (contre une moyenne de 1,3 million de b/j dans le cadre de dérogations aux sanctions) en raison de la nouvelle pression exercée par les États-Unis pour intensifier leurs efforts visant à réduire à zéro les exportations de pétrole de l’Iran. En février 2019, le Parlement a approuvé un projet de budget prévoyant 1,5 million de b/j d’exportations de pétrole. La baisse des prix du pétrole due au ralentissement de l’économie mondiale pose un autre problème pour les recettes d’exportation. N’ayant pas accès aux marchés financiers internationaux, le gouvernement a commencé à recourir à l’emprunt intérieur pour financer le déficit budgétaire. Compte tenu du faible niveau de la dette publique, le gouvernement dispose d’une marge de manœuvre suffisante pour avancer dans cette voie. Cependant, un niveau croissant d’emprunts intérieurs risquerait de compromettre les investissements productifs par l’effet d’éviction. Le gouvernement semble préférer exploiter les marchés intérieurs de la dette plutôt que d’introduire des mesures d’austérité budgétaire impopulaires.

 

Les tensions croissantes avec les États-Unis menacent l’équilibre régional

Les États-Unis se sont retirés de l’accord nucléaire iranien de 2015 au motif qu’il ne portait pas sur les missiles et l’interventionnisme iranien dans la région. Après la réimposition des sanctions américaines et l’annonce par l’administration Trump que de nouvelles sanctions seront introduites, l’Iran a déclaré qu’il voulait exporter un minimum de 700 000 b/j de pétrole et passer à 1,5 million b/j si l’Occident voulait négocier et sauver l’accord nucléaire. En représailles aux sanctions, l’Iran a annoncé qu’il avait enrichi l’uranium au-delà de la limite clé imposée dans l’accord, et qu’il réduirait ses engagements envers le pacte. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que l’Iran avait enfreint la limite d’enrichissement de 3,67 %. La reprise des activités nucléaires pourrait entraîner une confrontation entre l’UE et l’Iran et réduire le soutien politique de la Chine et de la Russie à l’Iran. De plus, après les attaques de pétroliers dans le détroit d’Ormuz en mai-juin 2019, les frappes coordonnées de drones en septembre sur la plus grande usine de traitement du pétrole au monde à Abqaiq (Arabie saoudite) et sur le champ pétrolifère de Khurais exploité par Saudi Aramco, puis l’attaque fin décembre de l’ambassade américaine à Bagdad par des milices chiites soutenues par l’Iran, suivie de l’élimination du commandant en chef des Gardiens de la Révolution chargé des opérations extérieures de l’Iran par un drone américain à l’aéroport de Bagdad, le risque d’escalade des tensions entre les États-Unis, leurs alliés et l’Iran s’est accru.

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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