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Palestine

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Population 5,0 million
PIB par habitant 2 928 US$
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Synthèse

Principaux indicateurs économiques

  2016 2017 2018(e) 2019(p)
Croissance PIB (%) 4,1 3,1 1,4 1,4
Inflation (moyenne annuelle, %) -0.2 0,2 0,8 1,5
Solde public / PIB (%) * -8,1 -8,1 -8,3 -10,4
Solde courant / PIB (%) ** -10,1 -10,9 -12,7 -13,4
Dette publique / PIB (%) 36,4 35,9 39,2 44,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Hors dons. ** Avec dons.

POINTS FORTS

  • Statut d’État d’observateur à l’ONU depuis fin 2012
  • Population très jeune
  • Transferts importants de la diaspora

POINTS FAIBLES

  • Absence d’unité géographique, politique et économique
  • Taux de chômage très élevé
  • Restrictions de circulation en Cisjordanie imposées par Israël, et blocus de la bande de Gaza par l’Égypte et Israël
  • Enlisement du processus de paix avec Israël
  • Réductions des aides internationales

Appréciation des risques

Croissance faible en Cisjordanie et récession préoccupante dans la bande de Gaza

L’économie palestinienne devrait demeurer scindée en deux zones répondant à des dynamiques opposées. La croissance, quoique faible, sera bien réelle en 2019, mais elle masquera d’importantes divergences. En Cisjordanie, elle devrait atteindre 2,2 %, tandis que la bande de Gaza devrait s’enliser dans la récession, largement causée par le blocus économique qu’elle subit. La croissance cisjordanienne est en moyenne plus élevée que celle de Gaza depuis 1995 (respectivement 5,5 % et 3,1 %), et sa volatilité moins importante. La structure de ces économies, sensiblement similaire jusqu’au début des années 2000, continuera d’évoluer dans des sens différents en 2019. La consommation privée (90 % du PIB) devrait, dans les deux cas, être le principal moteur de l’économie. À Gaza, elle devrait être pénalisée par le fort taux de chômage, notamment en raison du blocus israélien qui empêche tout Gazaoui de travailler en Israël ou d’exporter vers l’État hébreu. La consommation cisjordanienne devrait être moins affectée, Israël étant le lieu de travail de 17 % de la population active et la première destination des exportations. De manière générale, les exportations palestiniennes devraient subir la relative force et stabilité du shekel, qui nuira à la compétitivité à l’export des entreprises, mais permettra d’assurer une certaine stabilité monétaire. La Palestine ne possédant pas sa propre monnaie, elle dépend donc de la politique monétaire israélienne. La bande de Gaza continuera de s’appuyer de manière importante sur les dépenses publiques, qui s’élèvent à plus de 40 % du PIB, soit le double de la Cisjordanie, et la baisse prévue des aides étrangères en 2019 sera préjudiciable à l’économie de l’Autorité palestinienne (AP). L’investissement productif, peu présent dans les deux zones (notamment en raison d’un environnement des affaires défavorable – 114e au classement Doing Business – et d’une situation instable), se stabilisera à 0,5 % du PIB à Gaza et à 6 % en Cisjordanie (respectivement 4 % et 26 % du PIB si on ajoute les investissements dans la construction).

 

D’importants déficits jumeaux résultants d’une situation de conflit

Le déficit public de l’AP devrait continuer de se creuser en 2019. Les revenus continueront à décroître en proportion du PIB, notamment à cause de la réduction des aides internationales. À l’inverse, les dépenses publiques devraient se maintenir à un niveau similaire à 2018. Les salaires des fonctionnaires (qui pèsent pour 50 % des dépenses courantes) devraient largement participer au maintien à un niveau élevé de dépenses (dont 90 % sont courantes). Par ailleurs, les importations et exportations palestiniennes supportent des taxes collectées par Israël, au nom de l’AP. Elles sont ensuite transférées à la Palestine, constituant la principale source de revenus de l’AP. Le transfert de ces revenus dépend de la relation entre les deux pays (Israël peut les bloquer en cas de non-paiement de l’électricité par la Palestine). En cas de blocage de ces recettes, l’AP verrait sa dette, largement domestique, exploser (jusqu’à atteindre les deux tiers du PIB en 2023) pour financer son déficit public.

La balance des biens et services, extrêmement déficitaire (environ 38 % du PIB en 2017), devrait se maintenir en 2019, la légère hausse des exportations compensant celle des importations, principalement axées sur les biens d’équipement. Les sommes reçues par les expatriés et perçues par les transfrontaliers (25 % du PIB) devraient subir un fléchissement en 2019. Cela devrait causer une dégradation du déficit courant, amplifiée par la baisse continue des aides extérieures, qui devrait se poursuivre en 2019. Un tiers du déficit courant sera financé par des dons gouvernementaux et privés, le reste étant composé d’investissements de non-résidents.

 

Situation interne intenable et relation difficile avec les États-Unis

Réélu en novembre 2016, Mahmoud Abbas (83 ans), président de l’AP et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), contrôle la Cisjordanie, alors que le Hamas d’Ismail Haniyeh contrôle la bande de Gaza depuis son élection démocratique en 2007. Les relations sont difficiles entre les deux territoires et, en 2017, l’AP a arrêté de payer l’électricité pour Gaza, provoquant une urgence humanitaire. La situation dans la bande est préoccupante sur le plan humanitaire et social. Les Gazaouis, quasi privés d'électricité, doivent composer avec les blocus israélien et égyptien, qui les empêchent d’avoir accès à certains biens de nécessité et de sortir du territoire. Face à cette situation, la jeunesse palestinienne a organisé les « marches pour le retour », dont le but était de retourner de l’autre côté de la frontière en forçant les barbelés israéliens. Ces marches ont causé le décès de 166 Palestiniens et d’un soldat israélien. La situation internationale continuera d’évoluer en 2019, après une année 2018mouvementée. Les États-Unis ont installé leur ambassade à Jérusalem en mai 2018, pour le 70e anniversaire d’Israël, reconnaissant, de facto, la ville comme capitale de l’État hébreu. Le consulat, principal point de contact avec l’AP, y sera déplacé et Donald Trump a fait annuler 200 millions USD d’aides à la Palestine. Toutefois, il devrait dévoiler un plan de résolution du conflit en 2019. Par ailleurs, durant cette même année, l’AP occupera la présidence du groupe « G77 + Chine » àl’ONU.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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