Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Bolivie

Bolivie

Population 11,4 millions
PIB par habitant 3565 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,2 4,2 2,6 1,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,8 2,3 1,7 3,0
Solde public / PIB (%) -7,8 -8,1 -7,8 -7,5
Solde courant / PIB (%) -4,9 -4,9 -5,0 -4,1
Dette publique / PIB (%) 51,3 53,9 57,7 59,7

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minérales (gaz, pétrole, zinc, argent, or, lithium, étain, manganèse) et agricoles (quinoa)
  • 15e exportateur mondial de gaz naturel
  • Appartenance à la Communauté andine et membre associé du Mercosur
  • Potentiel touristique
  • Monnaie ancrée au dollar américain

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée et dépendante des hydrocarbures
  • Faible développement du secteur privé et forte dépendance au secteur public
  • Pays enclavé
  • Importance du secteur informel
  • Insécurité, narcotrafic, corruption
  • Risques de troubles sociaux, pays fortement polarisé

Appréciation du risque

Un ralentissement de la croissance amplifié par les tensions sociales

Alors que les principaux moteurs de la croissance bolivienne avaient déjà commencé à ralentir, la crise politique déclenchée au lendemain des élections présidentielles d’octobre 2019 achèvera de freiner l’activité en 2020. La baisse de la demande en gaz naturel de l’Argentine et du Brésil, destinations de 98 % des exportations, devrait s’accentuer. Les manifestations de fin 2019 ont particulièrement ciblé les sites de production de gaz, freinant une production déjà sur le déclin et rendant impossible la réalisation des quotas de livraison bolivienS. Cette chute dans les arrivées de gaz bolivien a amplifié le recours au gaz domestique amorcé par les deux partenaires. Par ailleurs, la croissance 2019, en deçà du seuil des 4,5 %, n’a pas permis le paiement d’un bonus salarial équivalent à deux mois de salaire, attribué à tout salarié du secteur formel (public et privé) à la fin de l’année, et ce pour la deuxième année consécutive. La consommation privée devrait s’en trouver affectée, alors que la confiance des ménages a été fortement touchée par les différents mouvements de contestations et l’incertaine transition politique. La consommation publique, très forte ces dernières années, à travers la mise en œuvre du programme d’investissements Plan Nacional de Desarrollo Económico y Social, 48,6 milliards USD sur 2016/2020, devrait, elle aussi, ralentir avec la hausse de l’incertitude, alors que s’accumulent déjà les retards dans la livraison des projets. Les investissements privés seront eux, en plus, affectés par la contraction du crédit. Le ralentissement de la croissance des dépôts bancaires en 2019 et la hausse des prêts non performants renforcée par les troubles (+ 6,8 % en octobre 2019 par rapport à septembre) accentuent la tendance. La destruction d’un certain nombre d’infrastructures (routes, gazoducs) pendant les affrontements devrait aussi peser sur l’activité, alors que le secteur de la construction souffrira de la baisse d’activité dans les travaux publics. Le secteur agricole devrait pour sa part subir le contrecoup des feux de forêt au troisième trimestre de 2019.

 

Des déficits gouvernés par les revenus gaziers

La chute de la production gazière, dont les revenus génèrent 30 % des recettes de l’État, contraindra les finances publiques, déjà sous tension avec le large plan d’investissement mis en place entre 2016 et 2020. Avec des tensions sociales au plus haut, une baisse marquée des dépenses est peu probable au risque de déchaîner le mécontentement populaire. L’obtention d’un prêt de 100 millions USD auprès de la Banque latino-américaine de développement (CAF) en octobre 2019, pour soutien budgétaire, souligne ces difficultés. La dette publique, bien qu’en hausse, devrait rester soutenable, la part externe ne représentant que 24,5 % du PIB au 30 juin 2019. Le déficit du compte courant, bien qu’encore élevé, devrait se réduire. Les exportations de biens, largement dominées par le gaz et autres hydrocarbures, ainsi que les minerais, devraient souffrir de la renégociation de l’accord avec le Brésil et l’Argentine. L’accord d’approvisionnement avec l’entreprise brésilienne Petrobras a expiré en janvier 2020, et les négociations pour un nouvel accord devraient se conclure par une baisse des exportations boliviennes en faveur du gaz brésilien. La hausse du cours de l’or et du zinc devrait compenser une partie de cette baisse. Le ralentissement des importations, causé par la plus faible demande interne, et les moindres travaux publics qui allègent la demande en biens intermédiaires, contribuera à réduire le déficit commercial. Ce déficit sera partiellement financé par les remises des expatriés (3,5 % du PIB fin 2018), malgré le contrecoup du ralentissement de l’activité dans les pays hôtes (Argentine et Espagne). Avec de très faibles IDE, le déficit courant sera financé par les réserves de change, déjà fortement réduites, de 8,9 à 6,9 milliards USD entre fin 2018 et octobre 2019. Le régime de change à parité ajustable par rapport au dollar devrait accroître la pression sur ces réserves.

 

Tensions avivées par la division exacerbée du pays

Après avoir essuyé une défaite en 2016 au référendum proposant de retirer la limite à deux mandats présidentiels, Evo Morales, président depuis 2006 pour le parti Movimiento al Socialismo (MAS), a obtenu de la Cour suprême le droit de se représenter aux élections présidentielles d’octobre 2019. Il s’est déclaré gagnant à l’issue du premier tour face à Carlos Mesa, ancien président et candidat pour Comunidad Ciudadana. Cette déclaration, après un décompte peu transparent, a mis le feu aux poudres. Après un audit de l’Organisation des États d’Amérique confirmant d’importantes irrégularités, Evo Morales s’est vu obligé de démissionner sous pression de l’armée et des manifestations de l’opposition. Jeanine Áñez, seconde vice-présidente du Sénat et visage de l’opposition de droite à Morales, s’est déclarée présidente par intérim sans avoir obtenu l’aval du Parlement boycotté par les députés du MAS. S’en sont suivis de violents affrontements entre les partisans de Morales et l’armée, faisant plusieurs dizaines de victimes. La signature d’un accord entre le gouvernement par intérim et les membres les plus pragmatiques du MAS a permis d’apaiser temporairement les tensions avec la validation de la tenue d’élections dans les 120 jours après nomination de la nouvelle autorité électorale, élections auxquelles ne pourront participer ni E. Morales ni son vice-président Á. García Linera. Le climat restera très polarisé jusqu’aux nouvelles élections, les communautés indigènes craignant un retour sur les droits récemment acquis. Sur la scène internationale, le gouvernement par intérim a renversé les alliances, quittant l’Alliance bolivarienne avec Cuba et le Venezuela, pour se rapprocher des États-Unis et d’Israël.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page