Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Congo, République démocratique du

Congo, République démocratique du

Population 97,9 millions
PIB par habitant 509 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 5,8 4,4 -1,7 2,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 29,3 4,7 16,3 14,0
Solde public / PIB (%) 0,1 -0,7 -2,1 -1,5
Solde courant / PIB (%) -3,6 -3,8 -4,8 -4,1
Dette publique / PIB (%) 15,3 14,8 16,1 13,4

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minérales abondantes (cuivre, cobalt, diamant, or, étain…)
  • Potentiel hydroélectrique significatif
  • Participation internationale et coopération régionale au règlement des conflits dans la région des Grands Lacs

POINTS FAIBLES

  • Faiblesse des infrastructures (transports, énergie, télécommunication)
  • Situation humanitaire et sécuritaire précaire, avec de nombreuses milices armées sévissant à l’Est du pays
  • Risque de résurgence d’une épidémie de la maladie à virus Ebola
  • Fortes dépendance aux prix des matières premières
  • Faible gouvernance

Appréciation du risque

Le secteur minier, principal étalon de la reprise

En 2020, les mesures visant à limiter la propagation de la COVID-19 ont poussé l’économie en récession. En 2021, l’activité, bien qu’encore limitée, devrait renouer avec la croissance. Elle sera soutenue par la hausse des exportations minières (environ 17 % du PIB). Chahutés par la crise consécutive à la pandémie, les cours internationaux des métaux devraient être globalement plus favorables, tandis que les volumes de production devraient progresser. La production de cuivre et de cobalt (plus de 85 % des exportations en 2019), qui a augmenté en dépit de la crise en 2020, devrait se renforcer. Le projet de Kamoa-Kakula, qui devrait entrer en production à l’été 2021, permettra notamment de dynamiser la production de cuivre. En dépit d’un environnement des affaires difficiles (insécurité, épidémies, faiblesse des infrastructures, environnement opérationnel parfois imprévisible, exploitation minière illégale), les opportunités présentées par ce secteur devraient continuer d’attirer l’investissement privé étranger. L’investissement domestique devrait en revanche souffrir de la hausse du taux d’intérêt directeur de 7,5 % à 18,5 % en août 2020. Par ailleurs, si les perspectives favorables du secteur minier (14 % des recettes budgétaires) se confirment, elles devraient soutenir les dépenses du gouvernement. Néanmoins, les autorités pourraient être contraintes de faire preuve de modération dans la dépense publique, le déficit s’étant creusé en 2020. La consommation des ménages contribuera à la croissance, bénéficiant de l’assouplissement des restrictions visant à limiter la propagation de la COVID-19 et de la reprise dans le secteur de l’agriculture (environ 65 % de l’emploi formel). Néanmoins, avec près de 75 % de la population vivant sous le seuil international de pauvreté, sa contribution sera limitée. De plus, ces faibles revenus devraient continuer d’être mis sous pression par l’inflation élevée, en dépit d’une probable baisse en 2021 grâce à une stabilisation relative du franc congolais.

 

Des comptes publics et extérieurs d’autant plus vulnérables suite à la pandémie

En 2020, la faible mobilisation des recettes et les dépenses pour répondre à la crise liée à la pandémie de la COVID-19 ont creusé le déficit budgétaire. En 2021, il devrait se réduire grâce à l’amélioration dans le recouvrement des recettes. Néanmoins, le déficit devrait subsister compte tenu de dépenses relativement élevés. Elles seront dominées par la masse salariale, qui absorbera 57 % des recettes prévisionnelles de la loi initiale des finances 2021. L’exécution des dépenses d’investissement dépendra grandement des financements des bailleurs de fonds. La faible dette publique limite le risque de surendettement, mais les charges y étant associés pourraient rapidement devenir insoutenables compte tenu du faible taux de pression fiscale (environ 8 % du PIB). Bénéficiaire de l’initiative du G20 de suspension du service de la dette, ce risque semble néanmoins contenu à court-terme.

En 2021, le déficit du compte courant devrait se réduire, notamment au bénéfice d’un rebond des exportations de minerais. Il devrait permettre d’enregistrer de nouveau un excédent de la balance des marchandises. Néanmoins, il sera largement effacé par les importations de services dans ce secteur, qui alimenteront un déficit du compte des services. De plus, les rapatriements de profits des entreprises, principalement les opérateurs miniers étrangers installés en RDC, devraient creuser le déficit des revenus. Par contre, le solde positif du compte des transferts devrait s’amplifier, au bénéfice d’une augmentation de la coopération internationale courante. Si le déficit du solde courant devrait continuer d’entretenir les pressions baissières sur le franc congolais, qui a perdu plus de 15 % de sa valeur en 2020, son financement par les IDE dans les projets miniers et les prêts extérieurs concessionnels devraient permettre de ralentir la dépréciation. Avec des réserves de change à un niveau critique (moins d’un mois de couverture d’importations), la position extérieure du pays reste exposée à un choc sur les cours des matières premières. Après avoir bénéficié d’une Facilité de Crédit Rapide du FMI en 2020 pour faire face à l’impact de la pandémie sur les termes de l’échange, les autorités du pays ont engagé les négociations pour conclure un accord triennal avec l’institution de Bretton Woods.

 

Divisions politiques grandissantes dans un climat sécuritaire et humanitaire précaire

 

En décembre 2018, après deux ans de report des élections générales, et à l’issue d’un processus électoral dont l’intégrité a été mise en doute par de nombreux observateurs, dont l’influente Eglise Catholique, Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle, marquant la fin de près de 18 ans à la tête de l’Etat pour Joseph Kabila. Ce dernier reste néanmoins un personnage incontournable de la scène politique, gardant notamment une influence au Parlement, où son parti, le Front Commun pour le Congo (FCC), a gardé la majorité dans les deux chambres. En dépit d’un accord de coalition entre le parti du président, Cap pour le Changement (CACH), et celui de son prédécesseur, la domination du FCC est source de tensions grandissantes. Le refus du président Tshisekedi de ratifier la nomination à la tête de la commission électorale de Ronsard Malonda, considéré comme un proche de M. Kabila, a particulièrement illustré ces divisions grandissantes. Ce processus de nomination a généré des manifestations des supporters des deux camps qui s’ajoutent à un climat social déjà précaire. En 2020, les restrictions visant à contenir la propagation de la pandémie de COVID-19 ont également alimenté les revendications sociales, en plus de celles relatives à la prévalence de la pauvreté, à la corruption, à la faible gouvernance et à l’insécurité. En dépit des efforts de coopération avec les voisins de la région des Grands Lacs, l’activité des milices armées à l’Est du pays (Sud-Kivu, Nord-Kivu, Ituri) reste forte, entretenant une crise humanitaire aggravée par les épidémies de maladie à virus Ebola. Bien que les 10èmes et 11èmes épidémies aient officiellement pris fin en 2020, le risque de résurgence demeure élevé. L’instabilité sociale, politique, sécuritaire et humanitaire contribue à un climat des affaires très contraignant.

 

Dernière mise à jour : Février 2021 

Haut de page