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Irak

Irak

Population 39,1 millions
PIB par habitant 5 884 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -0,6 3,4 -12,0 1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,4 -0,2 0,6 0,8
Solde public / PIB (%) 7,8 0,8 -17,5 -13,1
Solde courant / PIB (%) 6,7 1,1 -12,6 -3,0
Dette publique / PIB (%) 48,9 46,9 68,3 75,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Quatrième plus grande réserve prouvée de pétrole brut dans le monde ; deuxième producteur de l’OPEP et quatrième producteur mondial
  • Faibles coûts d’extraction du pétrole
  • Forte croissance de la population active
  • Soutien financier international (FMI et prêts bilatéraux)

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée et fortement dépendante du secteur pétrolier
  • Tensions fortes entre la majorité chiite au pouvoir et le reste de la population
  • Tensions avec le Kurdistan autonome et important contributeur au secteur pétrolier
  • Coût de la reconstruction et des aides aux victimes suite au conflit armé
  • Faible poids du secteur privé, hors hydrocarbures, dans le PIB
  • Faiblesse et étroitesse du secteur bancaire
  • Déficience des institutions, ainsi que des systèmes éducatif, sanitaire et de protection sociale
  • Corruption endémique

Appréciation du risque

Faible reprise de l’activité

L’Irak a été très affecté par la pandémie de COVID-19 en 2020. Le nombre de cas ayant rapidement augmenté, le gouvernement fut contraint de limiter la propagation du virus en fermant les frontières, les écoles et les universités, mais également en imposant un confinement national. De plus, l’économie irakienne est fortement dépendante du secteur énergétique, notamment de l’activité pétrolière (1/3 du PIB en 2019). Or, la production pétrolière a largement diminué pendant la crise, en lien avec la baisse de la demande extérieure. Les exportations de pétrole (44% du PIB en 2019) ont aussi souffert de la diminution concomitante des prix du pétrole, ce qui a aussi pesé sur les recettes publiques à 90% d’origine pétrolière. La demande intérieure a également été impactée. La consommation des ménages (62% du PIB en 2019) a ainsi baissé en raison de la baisse de revenus. Ceci a durement impacté l’économie du pays qui est alors entrée en profonde récession.

En 2021, la croissance devrait mollement rebondir, tout en restant sous son niveau d’avant crise. Les exportations, donc, aussi, la production pétrolière devraient se redresser. De plus, une légère hausse des prix du pétrole est attendue. La production pétrolière devrait aussi augmenter en raison des investissements faits dans de nombreux champs, tels ceux de Majnoun et Halfaya. De nouveaux développements, comme par exemple l’extension du champ de Kirkouk permettront au pays de produire davantage. Ces développements coïncideront avec le redressement des IDE après leur contraction en 2020. Néanmoins, cette expansion de la production sera largement freinée par l’application, bien que partielle, des limitations contenues dans l’accord l’OPEP+, qui devraient perdurer en 2021. Les investissements du secteur privé devraient tarder à reprendre en raison de l’aversion au risque des entreprises et des incertitudes économiques liées à la crise. La consommation des ménages devrait reprendre légèrement grâce au ruissellement de la manne pétrolière accrue, malgré une propension forte à épargner.

 

Des déficits jumeaux largement déterminés par le pétrole

Le solde du compte courant est principalement déterminé par les recettes pétrolières, qui ont fortement diminué en 2020. Malgré la baisse des importations induite par la baisse de consommation des ménages, la chute des exportations pétrolières a entraîné un lourd déficit. Cependant, en 2021, le déficit devrait nettement se réduire en raison de la reprise des exportations, ainsi que de la légère hausse des prix du pétrole. Toutefois, l’excédent pétrolier en net hausse ne permettra pas faire disparaître le déficit en raison de la reprise des importations due au redressement de la demande intérieure.

Un considérable déficit public s’est creusé en 2020 en raison de la chute des recettes pétrolières et de l’augmentation des dépenses pour faire face à la pandémie. En effet, le ministère des finances a dû fournir à celui de la santé près de 42 millions de dollars, provenant de la réserve pour imprévus, pour lutter contre le virus. De plus, la Banque centrale d’Irak a mis en place un fonds constitué de dons d’institutions financières, comme elle-même et la Trade Bank of Iraq, afin de soutenir ce même ministère. La Banque centrale a également réduit ses réserves obligatoires et mis en place un moratoire sur le paiement des intérêts des petites et moyennes entreprises. En 2021 le déficit public devrait rester élevé, car les recettes publiques ne devraient pas retrouver leur niveau d’avant crise en raison du niveau toujours inférieur des investissements, ainsi que des restrictions de l’OPEP qui brideront les revenus pétroliers.

Du fait du besoin de financement supplémentaire, tant public qu’extérieur, la dette publique s’est considérablement alourdie en 2020 et la détérioration se poursuivra en 2021. Sa part extérieure (60% du PIB en 2019) a notamment augmenté et est une source de préoccupation importante. Cette accroissement de la dette pourrait fragiliser un peu plus les réserves de change, déjà très sollicitées pour assurer son service, et absorber une partie des recettes pétrolières. Le dinar irakien est indexé au dollar américain au taux de 1 182 ID pour 1 USD, alors que le taux du marché noir était en moyenne de 1 229 ID sur la période mai-août 2020.

 

Une situation politique et sociale fragile

La situation politique et sociale demeure instable. Les manifestations, qui ont débuté en octobre 2019, plus rares durant le confinement, sont toujours d’actualité, parfois violentes. Les protestataires dénoncent la corruption endémique, la déficience des services publics, le manque d’opportunités d’emplois, ou encore les interférences étrangères (américaine ou iranienne) dans la politique irakienne, à travers des milices armées pour la seconde. Plus globalement, ils estiment ne pas profiter des richesses tirées du pétrole et réclament la refonte du système politique. Le premier ministre, Mustafa al-Kadhimi, nommé à titre transitoire, suite à la démission de Adel Abdul-Mahdi en novembre 2019 sous la pression populaire et celle de l’ayatollah Ali al-Sistani, tente d’apaiser les tensions, malgré deux factions, une pro-Iran et l’autre nationaliste, en conflit au sein du parlement. M. Kadhimi a prévu des élections législatives anticipées en juin 2021. En ce qui concerne la politique étrangère, l’Irak s’efforce de garder des relations neutres avec ses principaux alliés, les États-Unis et l’Arabie Saoudite d’une part, et l’Iran, d’autre part. Malgré les efforts de M. Khadimi pour attirer des investissements saoudiens dans le secteur énergétique, l’Arabie saoudite reste prudente dans ses décisions d’investissement en raison de la forte présence iranienne dans la politique irakienne.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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