Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Irak

Irak

Population 38,9 millions
PIB par habitant 4 950 $US
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%)  11,0 -0,8 3,1 4,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,4 0,1 2,0 2,0
Solde public / PIB (%) -13,9 -2,3 0,3 -0,6
Solde courant / PIB (%) -8,6 0,7 0,2 -1,6
Dette publique / PIB (%) 64,4 58,0 54,7 54,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Quatrième plus grande réserve prouvée de pétrole brut dans le monde
  • Faibles coûts d’extraction pour le pétrole
  • Soutien financier international (FMI et prêts bilatéraux)

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée et fortement dépendante du secteur pétrolier
  • Tensions fortes entre la majorité chiite et les autres minorités
  • Tensions avec le Kurdistan autonome et important contributeur au secteur pétrolier
  • Coût de la reconstruction et des aides aux victimes suite au conflit armé
  • Faible poids du secteur privé, hors hydrocarbures, dans le PIB
  • Faiblesse et étroitesse du secteur bancaire
  • Déficience des systèmes éducatifs, sanitaire et de protection sociale

Appréciation du risque

Nette accélération de l’activité en 2019

Une année après la fin du conflit, le bilan de la guerre contre l’État islamique reste lourd. Les infrastructures de base ont été endommagées et certaines villes comme Mossoul et Tall Alfar ont été détruites à 70 %. La Banque Mondiale estime le coût des dommages générés par les affrontements à 45 milliards USD et évalue les besoins de financement pour la reconstruction à 88,2 milliards USD. Lors de la conférence pour la reconstruction organisée au Koweït en février 2018, la communauté internationale s’est engagée à contribuer à hauteur de 30 milliards USD, principalement sous forme de facilités de crédit et d'investissements. En 2018, l’investissement en infrastructures est resté le principal moteur de l’économie, hors pétrole. Deuxième producteur de l’OPEP et cinquième mondial, l’Irak est très dépendant du secteur pétrolier. Malgré l’accord de l’OPEP, la conjoncture pétrolière plus favorable en 2018, a permis à l’économie de renouer avec la croissance. En 2019, la montée en régime des champs pétroliers de Majnoun et Halfaya devrait conduire à une hausse de la production de plus de 450 mille barils par jour sur trois ans. La probable hausse des quotas de l’OPEP en 2019 devrait également laisser plus de latitude aux autorités iraquiennes pour augmenter leurs exportations. Les prix du pétrole toujours élevés devraient en outre donner des marges de manœuvre supplémentaires au gouvernement pour augmenter significativement les dépenses. Parmi les investissements notables, les autorités ont signé un protocole d'accord avec les sociétés General Electric et Siemens pour reconstruire et moderniser le réseau électrique du pays. Ce projet devrait permettre de générer jusqu'à 25 gigawatts d'électricité et créer plus de 65 000 emplois directs et indirects.

 

De légers déficits courant et public

La loi de finances 2018 a été le premier budget voté depuis que le pays a déclaré la victoire sur l’État islamique en 2017. Avec 90 % des recettes budgétaires issues du pétrole, la hausse des cours du pétrole a permis au gouvernement de dégager un léger surplus budgétaire en 2018. Malgré l’augmentation des revenus pétroliers, les comptes publics devraient poster un léger déficit en 2019. Le budget 2019 prévoit une augmentation des dépenses de 23 % par rapport à 2018. L’investissement public augmenterait de 32 % et devrait se concentrer sur les secteurs clefs tels que l’énergie, la sécurité. La répartition du budget entre les provinces devrait cependant continuer à être sujet à controverse entre les partis politiques, en particulier le différend qui oppose l’État central à la région automne du Kurdistan. L’État central a, en effet, décidé de baisser l’allocation destinée à la région de 17 % à 12 %, conduisant à une crise politique ennovembre 2018.

En dépit de la hausse des recettes d’exportations, la croissance des importations induite par la hausse des investissements publics devrait peser sur le surplus commercial, tandis que les balances des services et des revenus resteront déficitaires. Le léger déficit courant sera partiellement financé par des IDE dans le secteur pétrolier, ainsi que par des prêts multilatéraux et bilatéraux destinés à la reconstruction. Enfin, les pressions à la baisse sur le dinar irakien devraient diminuer avec l’amélioration de la situation sécuritaire et la hausse des prix du pétrole, permettant à la banque centrale de maintenir l’ancrage au dollar.

 

Une situation politique fragile

Les élections législatives de mai 2018 furent les premières élections organisées dans le pays après la reprise de Mossoul par les forces nationales irakiennes. En raison des divisions ethniques et religieuses, le scrutin a été suivi par une longue période de négociations. Barham Salih issu de l'Union patriotique du Kurdistan (PUK) a finalement été élu à la présidence irakienne en octobre, ce qui a permis de mettre fin à plusieurs mois de blocage. Ce dernier a nommé le politicien chiite indépendant Adel Abdul Mahdi au poste clé de Premier ministre. Présenté comme le ministre de la réconciliation, Adel Abdul Mahdi a la lourde tâche de répondre au mécontentement de la population. Le pays est sorti divisé par le conflit et les manifestations se sont multipliées depuis la fin de la guerre. Les élections législatives de mai ont en effet été marquées par un faible taux de participation (44,5 %) et par un nombre élevé de candidats indépendants. Ils ont fait ressortir le désintérêt grandissant de la population pour le système politique irakien qui a été éclaboussé par de multiples scandales de corruption.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

Haut de page
  • Français