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Laos

Laos

Population 7,1 millions
PIB par habitant 2 566 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 6,8 6,3 6,4 6,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,7 2,0 3,1 3,3
Solde public / PIB (%) -5,5 -4,4 -4,3 -4,1
Solde courant / PIB (%) -10,6 -12,0 -12,1 -12,0
Dette publique / PIB (%) 55,8 57,2 58,0 56,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes : minéraux (cuivre, or, bauxite, fer, zinc), pétrole et matières premières agricoles (maïs, riz, canne à sucre, caoutchouc, manioc, soja, café)
  • Expansion du secteur hydroélectrique et diversification de l’économie
  • Investissements étrangers dans les secteurs des matières premières et de l’énergie
  • Intégration régionale (ANASE) et adhésion à l’OMC

POINTS FAIBLES

  • Déficit important et persistant de la balance des opérations courantes
  • Faiblesse des réserves de change
  • Lacunes en matière de gouvernance et fortes inégalités
  • Secteur bancaire fragile
  • Risque souverain important en raison de la dette extérieure élevée, en particulier celle détenue par la Chine
  • Sensibilité aux prix des produits de base ainsi qu’à la conjoncture économique et à la géopolitique régionale (pays enclavé)

Appréciation du risque

Une croissance résiliente soutenue par une économie diversifiée

La croissance se remet des catastrophes naturelles de 2018 et devrait rester robuste en 2020 grâce à la diversification économique vers l’agriculture, les services et le secteur manufacturier. L’hydroélectricité continuera de soutenir la croissance du PIB grâce à la construction et aux exportations, avec la réalisation de plusieurs projets énergétiques sur le Mékong, tels que les barrages de Xayabury et de Don Sahong, qui permettront d’augmenter la capacité de production à 2 200 MW d’ici 2020. L’électricité représente actuellement un quart des exportations et répond principalement à la demande de la Chine, du Vietnam et de la Thaïlande, qui absorbent 70 % des exportations totales du Laos. Compte tenu des tensions commerciales et du ralentissement économique mondial, la demande en électricité de ces trois principaux partenaires commerciaux devrait diminuer, menaçant de ce fait la croissance prévue du Laos. En 2020, le tourisme en provenance des pays de l’ANASE, et de la Chine, va stimuler la croissance des services et être soutenu par le développement des infrastructures par le gouvernement (extension de l’aéroport international, installation de marques hôtelières internationales) et par des campagnes publicitaires pour la promotion du tourisme. Sous réserve des conditions climatiques de cette année, l’agriculture, qui représente 30 % du PIB et 60 % de la main-d’œuvre, devrait rebondir après les inondations de 2018, qui ont fortement affecté la récolte du riz et les infrastructures. Compte tenu des mauvaises récoltes, de la dépréciation du Kip et de la propagation de la peste porcine africaine en Asie du Sud-Est, les prix à la consommation risquent d’augmenter temporairement.

 

Vulnérabilité aux chocs externes due à la persistance de déficits élevés

Le déficit budgétaire devrait diminuer cette année grâce à la poursuite de l’assainissement des finances publiques, mais lentement en raison de recettes insuffisantes. Cette situation résulte de taux d’imposition peu élevés et de subventions qui représentent plus de 5 % des recettes. La dette publique extérieure estimée à 58,5 % du PIB en 2019 expose le pays à des chocs extérieurs, notamment à une forte baisse des exportations et à une dépréciation de la monnaie. En outre, les deux tiers de la dette publique sont libellés en devises étrangères, ce qui expose l’économie aux fluctuations des taux de change. L’économie repose de plus en plus sur la Chine, qui devient sa principale créancière en investissant massivement pour répondre aux besoins en infrastructures de l’économie (train à grande vitesse, projets énergétiques) et en détenant plus de 42 % de la dette extérieure du Laos. Bien que le système bancaire soit relativement solide et bien capitalisé, il est encore fortement dollarisé, ce qui rend le pays vulnérable en cas de crise financière. Les réserves de change, qui couvrent aujourd’hui environ 1,2 mois d’importations, ne suffisent pas à amortir ces risques.

Le déficit élevé de la balance courante devrait persister, financé par la dette extérieure et les entrées d’IDE (7,8 % du PIB à l’heure actuelle), principalement de Chine. Les exportations augmenteront grâce à l’augmentation de la capacité de production hydroélectrique et contribueront à compenser les importations liées aux catastrophes naturelles et aux projets. L’économie reçoit également une aide extérieure (APD : 3 % du RNB selon la Banque Mondiale en 2017), ce qui en fait l’un des plus importants bénéficiaires de l’aide au sein de l’ANASE.

 

Croissance et relations extérieures au détriment du développement humain et de l’environnement

Le Parti révolutionnaire populaire lao (PPRL), communiste, est le seul parti autorisé dans le pays et il contrôle tous les aspects de la politique et des libertés civiles. Classé 154e sur 190 pays dans le rapport Doing Business 2019 de la Banque Mondiale, l’environnement des affaires souffre de l’opacité et des barrières commerciales qui réduisent la compétitivité et l’attractivité de l’économie auprès des investisseurs. En outre, malgré les récentes campagnes de lutte contre la corruption, cette dernière reste fortement présente, plaçant le pays au 132e rang sur 180 de l’indice de perception de la corruption de Transparency International pour 2019.

Alors que le Laos connaît une croissance économique rapide, les inégalités se creusent, la population à faible revenu étant privée de terres et d’accès aux ressources naturelles avec la réalisation des barrages, ce qui entraîne une frustration croissante. L’achèvement récent du barrage de Xayaburi, dans le bassin inférieur du Mékong, ne profite guère au pays car 95 % de l’électricité produite sera exportée vers la Thaïlande alors que l’eau est à un niveau très bas, ce qui menace les activités le long du fleuve. D’autre part, ces projets renforcent la coopération en matière de commerce et d’investissement avec la Thaïlande et ses voisins, ce qui atténue les problèmes transfrontaliers historiques.

 

Last update : Février 2020

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