Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Liberia

Liberia

Population 4,6 millions
PIB par habitant 694 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,2 -2,5 -3,0 3,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 23,5 27,0 14,0 9,5
Solde public / PIB (%)* -5,1 -4,5 -3,0 -2,2
Solde courant / PIB (%)** -23,4 -21,5 -21,3 -21,5
Dette publique / PIB (%) 42,2 53,2 61,7 63,5

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus, année fiscale 2021 allant du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021 **Coopération internationale incluse

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources naturelles (caoutchouc, fer, or, diamant, pétrole)
  • Soutien financier de la communauté internationale
  • Membre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

POINTS FAIBLES

  • Infrastructures déficientes
  • Dépendance aux cours des matières premières
  • Pauvreté et chômage importants, éducation et santé défaillantes
  • Récente épidémie d’Ebola, réapparition possible
  • Démocratie récente et fragile, forte corruption
  • Environnement des affaires difficile
  • Secteur informel prépondérant

Appréciation du risque

Reprise de la croissance

La croissance du Libéria a été volatile depuis l’épidémie d’Ebola survenue en 2014. Après avoir été déjà négative en 2019, partiellement en raison de la dépréciation de la monnaie et de la faiblesse du secteur extérieur, la croissance s’est contractée un peu plus en 2020 suite à la pandémie de COVID-19. Les mesures de lutte contre la propagation de l’épidémie telles que la fermeture de certains établissements, comme, par exemple, les écoles, les églises, les cinémas ou encore les restrictions d’accès aux restaurants et aux banques ont impacté la demande intérieure. Afin de réduire l’impact sur la population, dont la situation est déjà difficile, le gouvernement a mis en place, avec la participation de ses partenaires internationaux, un plan de réponse à la pandémie. Des aides aux ménages les plus pauvres et les plus vulnérables ont été fournies. Il y a aussi un volet consacré à la relance économique par le biais d’investissement dans le secteur privé et la mobilisation des recettes intérieures. Cependant, la baisse d’activité s’explique principalement par la diminution des exportations (29% du PIB en 2019). Celles du secteur minier (près de 50% des exportations), principalement d’or, ont baissé, malgré la progression du cours, en raison d’une demande extérieure affaiblie, tout comme celles de caoutchouc et d’huile de palme. En 2021, la demande extérieure devrait se redresser, ce qui permettra aux exportations de reprendre et, ainsi, à la croissance de rebondir. Les services ont enregistré des pertes en raison des restrictions liées à la crise de la COVID-19, impactant divers secteurs tels que le tourisme, les transports et les services financiers, mais devraient être mieux orientés en 2021. L’agriculture et la sylviculture (un tiers du PIB), qui emploient 60 % de la population, devraient être résilientes en 2021, du fait de la hausse des capacités de production de caoutchouc et d’huile de palme.

L’inflation a, de son côté, nettement baissé en raison de la baisse de la demande, des prix bas du pétrole, ainsi que d’un resserrement des conditions monétaires. En effet, le manque de billets de banque a entraîné une contraction de la masse monétaire et, ainsi, une moindre dépréciation du dollar libérien réduisant l’inflation. Elle reste tout de même élevée en raison de la dépréciation tendancielle du dollar libérien face au dollar américain. En 2021, une légère hausse des prix mondiaux du pétrole, produit d’importation important, ralentira la baisse de l’inflation.

 

Des déficits financés par l’aide extérieure

Le déficit du compte courant reste très élevé, malgré l’aide internationale, mais stable. Le solde est particulièrement impacté par l’important déficit commercial (18% du PIB en 2020), qui, pourtant, ne cesse de diminuer grâce au recul des importations induit par la forte dépréciation tendancielle du dollar libérien face au dollar américain (1 USD valait 97 dollars libériens en juillet 2017, contre 195 en octobre 2020), ainsi qu’à une progression modeste des exportations. En 2020, la baisse des exportations a pu être compensée par la baisse des importations et celle des prix du pétrole. En 2021, le déficit ne devrait pas varier en raison de la reprise concomitante des exportations et des prix du pétrole. Le déficit courant sera financé par des IDE (8% du PIB), mais surtout des prêts multilatéraux concessionnels. L’augmentation de la dépense publique pour contenir la pandémie, couplée à la baisse des recettes due au ralentissement de l’activité, ont creusé le déficit public (-20,5% en 2020 contre -18% en 2019). Cependant, les dons réduisent considérablement ce déficit. Ceci devrait perdurer en 2021 en raison des fonds supplémentaires perçus suite à la COVID-19. Ainsi, le FMI a concédé 50 millions de dollars dans le cadre de sa Facilité rapide de crédit et un allègement du service de la dette dans le cadre du Catastrophe Containment Relief Trust s’élevant à 45 millions de dollars sur 2 ans. L’UE a approuvé le décaissement de 59 millions de dollars dans le cadre de deux programmes visant à promouvoir le développement économique et la reprise post-COVID. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont également débloqué des fonds pour divers projets de santé, de sécurité alimentaire et pour atténuer les effets de la pandémie. Du fait de ces financements, la dette publique s’est alourdie considérablement. Cependant, sa part extérieure (70% du total), est presque exclusivement multilatérale et concessionnelle. Sa part domestique a récemment augmenté, du fait des emprunts auprès de la banque centrale.

 

Une stabilité politique incertaine

L’ex-footballeur George Weah a été élu président en décembre 2017, ce qui, après deux guerres civiles successives (1990/97 et 1999/2003), représente la première transition démocratique et pacifique entre deux présidents élus depuis 73 ans. Au travers de son programme « Pro-Poor », le président Weah a affirmé sa volonté de remédier au manque d’infrastructure, de promouvoir l’accès aux services publics de base, ou encore de lutter contre la corruption. Néanmoins, la faiblesse de l’économie, l’inflation, ainsi que les problèmes récurrents de corruption, nourrissent les protestations de la population et détériore la stabilité politique. De plus, la gestion contestée de la crise de la COVID-19, handicapée par la faiblesse de l’offre sanitaire, a été mise en avant, pesant davantage sur la popularité du président, déjà affaiblie par les troubles sociaux et les scandales de corruption. Les prochaines élections sont prévues en 2023, en attendant, la stabilité politique pourrait bien être défiée par les multiples critiques que rencontre l’administration Weah.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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