Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Luxembourg

Luxembourg

Population 0,6 million
PIB par habitant 115 839 $US
A2
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,1 2,3 -3,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,0 1,6 0,2 1,3
Solde public / PIB (%) 3,1 2,4 -8,3 -3,9
Solde courant / PIB (%) 0,0 2,2 0,6 1,1
Dette publique / PIB (%) 21,0 22,0 28,1 29,4

(e) Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Stabilité fiscale
  • Main-d'œuvre multilingue qualifiée
  • Infrastructures de haute qualité ; réglementation favorable aux entreprises
  • Importante place financière internationale
  • Niveau de vie élevé

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance à l’égard d'un secteur financier important
  • Économie vulnérable à la conjoncture économique dans la zone euro
  • Impact budgétaire à long terme du vieillissement de la population
  • La pression internationale en faveur d'une réforme fiscale menace de réduire l'assiette fiscale

Appréciation du risque

Rebond de l’activité, portée par un secteur financier résilient

Suite à une récession d’une ampleur sans précédent, l’économie devrait rebondir nettement 2021, sans toutefois compenser l’intégralité des pertes de l’année précédente. Face à la première vague de la pandémie au printemps 2020, le gouvernement avait instauré un confinement, avec la fermeture de toutes les activités non-essentielles - sans restrictions de déplacements cependant. Si, en conséquence, le pays avait enregistré une chute substantielle du PIB de l’ordre de 8,5% sur le premier semestre, il avait fait preuve d’une relative résilience par rapport au reste de la zone euro, et notamment aux autres pays de la région ayant mis en place un confinement similaire (perte d’activité de l’ordre de 20% en moyenne pour la France, l’Italie ou l’Espagne). Bien que la consommation des ménages et l’investissement des entreprises se soient effondrés dans des proportions comparables aux pays les plus affectés, l’économie luxembourgeoise a bénéficié lors de cette crise de la résilience du secteur financier, qui représente 27% du PIB, dont les métiers sont propices au télétravail. Deuxième principal centre de gestion de fonds au monde (4 700 milliards EUR d’actifs gérés), derrière les Etats-Unis, l'économie luxembourgeoise est très exposée à la volatilité des marchés financiers internationaux, qui se sont globalement montrés solides en 2020 après un effondrement au printemps. Le secteur financier est essentiellement composé de banques étrangères (filiales de banques européennes) - sur les 130 banques recensées en 2019, sept étaient des banques commerciales tournées vers le marché domestique - et de fonds d'investissement alternatifs. Grâce à la diversité de ses activités, la rentabilité du secteur financier est moins affectée par des taux d'intérêt très bas. La fin de la période de transition ayant suivi la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne permettra l’afflux d’IDE des entreprises délocalisées du Royaume-Uni, notamment dans le secteur de l’assurance. En ce qui concerne la stabilité financière, la capitalisation est forte et les autorités prennent des mesures pour contenir les risques immobiliers (changement de règle sur l'amortissement accéléré de l'investissement immobilier locatif). Au-delà de la finance, si le Luxembourg est devenu un pôle de R&D scientifique, le poids de l’industrie dans le PIB est en recul constant (5% du PIB en 2019 – dont le tiers dans la métallurgie -, contre 6% en 2010 et 13% en 1995), au profit des activités immobilières et des services aux entreprises (20% du PIB) et des services non marchands (19%).

 

Finances publiques saines malgré les dépenses liées à la pandémie

Tandis que l’année 2020 avait marqué la fin d’une décennie d’excédents budgétaires, en raison de la chute de l’activité et des mesures de soutien (chômage, aides directes entreprises, reports de paiements d'impôts et de cotisations sociales), le déficit public devrait se réduire nettement en 2021. Les comptes publics resteront malgré tout nettement déficitaires en raison de la prolongation de certaines de ces mesures (chômage partiel, aides aux entreprises) face à la persistance de la pandémie, et de la hausse de l’investissement public, notamment dans les infrastructures de transport, pour relancer l’activité (4,3% du PIB, +0,6 point par rapport à 2019). Bien que la réforme fiscale globale initialement prévue pour 2021 ait finalement été reportée en raison de l’incertitude sanitaire, une taxe carbone à hauteur de 20 euros/tonne de CO2 sera introduite en 2021 – et augmentera de 5 euros/tonne par an d'ici 2023 -, et les revenus immobiliers réalisés par les fonds d'investissement seront imposés au taux de 20%, sans déduction. Quoi qu’il en soit, la dette publique, qui était la plus faible de la zone euro avant la crise, restera à un niveau très bas.

Par ailleurs, après avoir fortement diminué en 2020, principalement en raison de la chute de la balance des revenus imputable aux cotisations sociales versées aux frontaliers pendant le confinement (chômage partiel, congé extraordinaire pour raisons familiales), l’excédent du compte courant devrait rebondir en 2021. Si les échanges commerciaux devraient croître, le déficit de la balance commerciale et de celle des revenus dû aux transferts transfrontaliers restera compensé par l'excédent notable de la balance des services, imputable aux trois quarts au secteur financier (20 milliards d’euros).

 

Un gouvernement renforcé par sa gestion de la première vague

A la tête du pays depuis 2013, le Premier ministre Xavier Bettel, du parti démocratique (DP, centre-droit), est resté au pouvoir suite aux élections législatives de 2018 à la faveur d’un accord conclu, comme lors du précédent mandat, avec le parti socialiste (LSAP) et Déi Gréng (écologiste), conférant à la coalition une courte majorité (31 sièges sur 60). Arrivé en tête de ces élections avec 28 % des voix – soit 11 points de plus que le DP -, le Parti populaire chrétien-social (CSV) est le principal parti d’opposition avec 21 sièges. Si le DP a été contraint d’accorder des concessions à ses partenaires, notamment au parti écologiste, le seul des principaux partis à avoir enregistré une progression en 2018, comme l’en attestent les projets d’investissements verts et la récente taxe carbone, la coalition apparaît particulièrement stable. Selon un sondage de juin 2020, le parti du Premier ministre était sorti renforcé par sa gestion de la première vague de la pandémie, avec des intentions de vote en hausse (21%) qui offriraient à la coalition une majorité plus confortable (33 sièges), en cas d’élections anticipées.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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