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Maldives

Maldives

Population 0,4 millions
PIB par habitant 14 571 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 6,9 7,5 6,5 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,3 1,4 1,5 2,3
Solde public / PIB (%) -3,0 -4,6 -5,0 -5,6
Solde courant / PIB (%) -21,9 -25,3 -20,4 -15,7
Dette publique / PIB (%) 61,6 68,0 70,1 71,4

(e):Estimation. (p): Prévision.

POINTS FORTS

  • Relations bilatérales croissantes avec l’Arabie Saoudite et la Chine, et restaurées avec l’Inde
  • Croissance de l’activité touristique sur les atolls inhabités
  • Infrastructures aéroportuaires
  • Soutien de la part de la Banque Mondiale et de la Banque asiatique de développement

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture internationale due à l’importance du tourisme dans l’économie nationale
  • Insularité
  • Déficit budgétaire chronique et hausse de la dette publique
  • Instabilité politique
  • Vulnérabilité aux catastrophes naturelles ; forte exposition aux effets négatifs du changement climatique ; 80 % des terres se situent à un mètre ou moins au-dessus du niveau de la mer
  • Pollution excessive ; défis en matière de gestion des déchets

Appréciation du risque

Croissance stable mais tributaire du tourisme et des projets d’infrastructures

La croissance devrait rester élevée en 2020, malgré un léger ralentissement. Le tourisme restera le moteur de l’économie (24 % du PIB). Le secteur a continué son expansion au premier semestre 2019, avec 18,7 % d’arrivées en plus par rapport au premier semestre 2018. Si l’Europe reste la première région d’origine des touristes, la croissance de 2019 a été due à un rebond des partenaires asiatiques (+ 20,4 % d’arrivées), qui représentent 37,9 % des voyageurs. Le nombre de touristes indiens notamment a doublé. Cette diversification relative est de bon augure, et la principale menace pesant aujourd’hui sur la croissance maldivienne serait une baisse aiguë de la croissance mondiale, via son impact sur les budgets des touristes. L’ajout d’une piste d’atterrissage et d’un nouveau terminal de passagers à l’aéroport de Malé permettra d’augmenter l’afflux de touristes sur l’île, qui devrait passer de 1,4 million en 2018 à 2 millions en 2020. Mais malgré son importance, le projet a accumulé les retards, ce qui pourrait imposer un goulot d’étranglement au secteur touristique. La construction a ralenti en 2019, avec l’achèvement de nombreux projets. Elle restera néanmoins un des piliers de l’activité des Maldives en 2020. Le secteur de la pêche demeure important, bien qu’archaïque, et représente encore 20 % de l’emploi et 10 % du PIB. L’inflation devrait rester basse en 2020, grâce à la modération des prix mondiaux de l’énergie et au maintien des politiques de subventions alimentaires actées en 2018.

 

Le dilemme d’un ajustement budgétaire compatible avec la croissance

Les autorités doivent concilier la soutenabilité de la dette publique avec le maintien de la croissance, vorace en investissements publics. Le déficit public s’est creusé en 2019, en lien avec des dépenses sociales accrues et le développement du secteur touristique, qui exige toujours de lourds investissements infrastructurels. Ces derniers devront être freinés et devraient passer de 4,8 % du PIB en 2018 à une moyenne de 3,6 % sur la période 2019/2021, selon les prévisions budgétaires. Les revenus de l’État resteront portés par des taux de croissance élevés, qui ne suffiront pas à compenser la hausse des dépenses courantes : le déficit public continuera de se creuser en 2020. Les projets publics maldiviens sont fortement dépendants des financements extérieurs (50 % de la dette souveraine), et les prêteurs sont peu nombreux. La Chine détient environ un tiers de la dette extérieure. Les besoins de refinancement sont élevés, la moitié de la dette étant de court terme. Le soutien des bailleurs gouvernementaux –notamment l’Inde, avec laquelle le nouveau gouvernement a amélioré ses relations – et l’établissement d’un fonds souverain dédié à l’amortissement des obligations arrivant à échéance en 2022 et 2023, devraient cependant assurer la solvabilité du souverain.

Le déficit courant est massif mais a commencé à se résorber en 2019, grâce à de solides recettes touristiques, et à la réduction du déficit du commerce de biens lié à la baisse des importations pour la construction, dans un contexte de finalisation ou de report de certains projets. Ces deux tendances étant appelées à se poursuivre, le rééquilibrage du compte courant continuera en 2020. Le déficit est financé par l’endettement extérieur pour les projets publics, tandis que le secteur privé dépend des IDE. Les réserves de change sont basses, et ne couvrent qu’un mois d’importations. Néanmoins, les entreprises du secteur touristique utilisant le dollar aussi bien pour leurs dépenses que pour leurs revenus, un choc négatif sur ce secteur devrait avoir un impact mitigé sur les réserves. Le système bancaire demeure peu développé : le crédit privé s’élève à 31 % du PIB seulement. Il est pourtant bien capitalisé, et la qualité de ses actifs est en amélioration constante depuis 2012.

 

Rafraîchissement dans la vie politique maldivienne

Les tensions politiques ont connu un recul avec l’élection du candidat de l’opposition et artisan du multipartisme maldivien, Ibrahim Mohamed Solih, en septembre 2018. Sous l’égide de son prédécesseur, Abdulla Yameen, le pays avait connu un tournant autoritaire, accompagné d’une dégradation de la sécurité et du climat des affaires. Le nouveau gouvernement, fort d’une majorité de 74 % obtenue lors des élections parlementaires d’avril 2019, a pour priorité l’amélioration du cadre institutionnel, avec un renforcement de l’état de droit et des libertés de la presse. Sur le plan économique, les grands projets d’infrastructures demeureront essentiels, mais le président Solih a aussi annoncé des mesures en faveur de la diversification et de la compétitivité, qui passeront par le soutien aux PME, et au secteur agricole. Les Maldives ont pourtant été rétrogradées au 147e rang du classement Doing Business 2020 de la Banque Mondiale, cinquième dégradation consécutive, expliquée par l’absence de réformes économiques lors de la première année au pouvoir du gouvernement actuel.

Les Maldives sont un partenaire géostratégique disputé en raison de leur position sur les routes maritimes commerciales internationales dans l’océan indien. La Chine a ancré son influence par le biais d’un accord de libre-échange et d’importants investissements dans les infrastructures (plus de 1,2 milliards USD) dans le cadre du projet des routes de la soie maritimes. Le changement de gouvernement en 2018 a relancé les conflits d’influence, alors que la nouvelle coalition a exprimé son souhait de faire renaître les liens historiques avec l’Inde.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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