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Maldives

Maldives

Population 0,4 millions
PIB par habitant 12 527 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,5 4,8 4,7 6,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,5 2,8 1,5 1,7
Solde public / PIB (%) -9,7 -6,5 -7,6 -6,6
Solde courant / PIB (%) -24,5 -22,1 -18,0 -15,2
Dette publique / PIB (%) 65,0 69,4 72,0 73,5

POINTS FORTS

  • Relations bilatérales croissantes avec la Chine et l’Arabie saoudite
  • Croissance de l’activité touristique sur les atolls inhabités
  • Infrastructures aéroportuaires
  • Soutien de la part de la Banque Mondiale et de la Banque asiatique de développement (BAD)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture internationale due à l’importance du tourisme dans l’économie nationale
  • Insularité
  • Déficit budgétaire chronique et croissance de la dette publique
  • Instabilité politique
  • Vulnérabilité face aux catastrophes naturelles ; très forte exposition aux effets négatifs du changement climatique ; 80 % des terres se situent à un mètre ou moins au-dessus du niveau de la mer
  • Pollution excessive ; défis en matière de gestion des déchets

Appréciation du risque

Une croissance stable portée par le tourisme et les projets d'infrastructure

En 2019, la croissance devrait rester stable. Le secteur du tourisme (plus d'un tiers du PIB) continuera de jouer un rôle majeur dans la croissance. Au premier trimestre 2018, les arrivées de touristes ont augmenté de 10 % par rapport à l'année précédente grâce à l'expansion des infrastructures touristiques. Ces chiffres devraient encore progresser tout au long de 2019. La Chine continue d'apporter la plus forte contribution nationale en nombre de touristes (25 %), et l'Europe la plus forte contribution régionale (49 %). Les investissements massifs dans les infrastructures et le développement des îles touristiques continueront également à contribuer de manière significative à la croissance. Le projet d'agrandissement de l'aéroport international de Velana se poursuivra et la construction d'une nouvelle aérogare permettra d'accueillir plus de 7 millions de passagers par an, contre 1,5 million actuellement. Cette expansion est financée par des investissements chinois, saoudiens et émiratis. La Chine a engagé de loin les fonds les plus importants : dans le cadre du projet dit « Route de la soie maritime » (RSM), 830 millions USD (20 % du PIB des Maldives) ont été débloqués pour l'extension de l'aéroport. La Chine a déjà financé la construction d'une nouvelle piste d'atterrissage et d'un pont entre l'île de l'aéroport et la capitale, Malé, tous deux inaugurés en 2018. Grâce à ces projets en cours, le secteur du bâtiment devrait continuer à stimuler l'activité, l'emploi et la consommation domestique. Bien qu'il demeure archaïque, le secteur de la pêche représente encore environ 20 % de l'emploi et environ 10 % du PIB.

 

Forte dette publique extérieure et dépendance croissante vis-à-vis de la Chine

Le pays continue de participer à un programme de la Banque Mondiale visant à améliorer la gestion des finances publiques. Sous l'effet des investissements publics dans les infrastructures, principalement dans le secteur du tourisme mais aussi dans le logement social, le déficit budgétaire devrait rester élevé en 2019. En revanche, il diminuera par rapport à celui de 2018 grâce à l'augmentation des recettes fiscales provenant des droits de douane et de la taxe aéroportuaire. La mise en place d'un nouveau système en ligne d'administration et de paiement des impôts devrait également permettre d’accroître les recettes à assiette fiscale constante.

La dette publique augmente sous l'effet des investissements en cours dans les infrastructures. La part des prêts chinois destinés aux investissements dans le bâtiment dans le cadre du projet RSM est préoccupante, dans la mesure où elle atteint 70 % de la dette nationale totale et où les remboursements annuels à la Chine représentent environ 10 % du budget de l'État.

Le déficit de la balance courante sera légèrement plus faible en 2019, à mesure que la croissance des importations de biens d'équipement destinés au secteur du BTP ralentira. Les exportations de marchandises, principalement de poisson et surtout de thon, continueront d'augmenter légèrement. Cependant, l'absence d'industrie manufacturière contraint le pays à importer massivement. Les recettes du tourisme, qui font partie de la balance des services, constituent la principale contribution positive à la balance des opérations courantes. Le déficit est également alimenté par l'évolution des prix des matières premières et sera notamment alourdi par la hausse des prix du pétrole. Même s'il est en baisse, le déficit de la balance courante reste important, compte tenu notamment du faible niveau des réserves internationales et de l'exposition croissante aux créanciers internationaux. Le déficit courant et le niveau de la dette publique extérieure suscitent un risque de pression sur la rufiyaa. Par extension, il y a donc un risque lié au montant de la dette extérieure libellée en devises étrangères, en particulier dans un contexte d'appréciation du dollar américain et de resserrement monétaire à l'échelle mondiale.

 

Dans un climat autoritaire, l'opposition remporte les élections présidentielles

En 2018, le pays a glissé encore davantage vers l'autoritarisme sous la présidence d'Abdullah Yameen. En février, le président s'est opposé à la décision de la Cour suprême de libérer les opposants politiques emprisonnés, ce qui a provoqué des manifestations et des troubles sociaux. En réaction, le président Yameen a imposé l'état d'urgence pendant 45 jours. Cette décision a été condamnée par la communauté internationale et jugée anticonstitutionnelle. En septembre 2018, le candidat de l'opposition, Ibrahim Mohamed Solih, a été élu démocratiquement. Ce résultat est apparu comme un signe quelque peu inattendu mais de bon augure pour la démocratie, la stabilité et la transparence. Néanmoins, le climat des affaires et la sécurité se sont gravement détériorés pendant le mandat du président Yameen. L'instabilité, la corruption, l'autoritarisme et la radicalisation islamique demeurent des sources de préoccupation majeures. Dans le classement Doing Business 2018 de la Banque Mondiale, les Maldives ont été rétrogradées au 136e rang en 2018, loin de leur sommet atteint en 2006 (49e).

Les Maldives sont un partenaire géostratégique disputé en raison de leur position au regard des routes maritimes commerciales internationales dans l'océan Indien. La Chine a ancré son influence par le biais d'un accord de libre-échange et d'importants investissements dans les infrastructures (plus de 1,2 milliard USD) dans le cadre du projet RSM. Le changement de gouvernance en 2018 relance les luttes d'influence, la nouvelle coalition ayant exprimé l’intention de renouer des liens historiques avec l'Inde.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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