Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Mali

Mali

Population 18,9 millions
PIB par habitant 813 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 5,8 5,3 5,0 4,7
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,8 1,8 2,1 2,5
Solde public / PIB (%) -3,9 -2,9 -3,3 -3,0
Solde courant / PIB (%) -7,2 -5,8 -6,9 -7,4
Dette publique / PIB (%) 35,9 36,0 37,1 37,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources naturelles agricoles (coton) et minières (or, bauxite, fer)
  • Stabilisation de la situation politique et effort de redressement économique
  • Assistance internationale

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux aléas climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières
  • Enclavement géographique
  • Situation sécuritaire fragile
  • Dépendance à l’aide internationale

Appréciation du risque

Une croissance dynamique mais volatile

La croissance économique, bien que toujours forte, devrait poursuivre son ralentissement en 2019. Les productions agricole et aurifère, moteurs de l’économie, subissent une conjoncture (cours des matières premières, risques sécuritaires…) moins favorable que les années précédentes, ce qui provoque une certaine volatilité de la croissance. La production aurifère, fer de lance de l’économie, devrait se maintenir à un niveau sensiblement similaire à l’année précédente. L’augmentation de la participation de l’État dans la mine de Fekola (entrée en pleine production en 2018) en août dernier, devrait générer une hausse (autour de 1 % du PIB) de ses revenus. Les incertitudes autour du cours de l’or (plus de 60 % des exportations et 12,5 % du PIB), pèseront donc énormément sur les performances du pays. Redevenu, en 2017, premier producteur africain, le secteur cotonnier devrait poursuivre sa croissance, en cas de conditions météorologiques favorables. La hausse de près de 5 % des surfaces cultivées, permettant de mieux optimiser l’utilisation des intrants et biens d’équipement, devrait assurer le pays de conserver son leadership. L’investissement public conservera son dynamisme (environ 9,5 % du PIB) en 2019. L’un des objectifs principaux est l’amélioration des infrastructures énergétiques (électricité) dont le déficit pèse sur la compétitivité des entreprises. L’accroissement du capital humain, souvent entravé par le haut niveau de pauvreté, d’inégalités et le faible niveau d’alphabétisation (environ 35 %) est aussi dans le viseur du gouvernement. Ce dernier a, dans ce sens, signé un partenariat de formation avec Huawei, en marge du sommet sino-africain de 2018, dans le but d’aider les jeunes maliens à acquérir des compétences dans le domaine des TIC. La principale contributrice au PIB restera, en 2019, la consommation privée qui sera dynamisée par une hausse des revenus agricoles, dont dépend 80 % de la population, et la maîtrise de l’inflation.

 

La bonne tenue des comptes publics et extérieurs soumise aux risques conjoncturels

Le gouvernement a présenté un budget pour 2019 visant à respecter le critère de convergence (moins de 3 % de déficit) de l’UEMOA. Très sensibles aux risques conjoncturels (notamment sécuritaires), les dépenses publiques (dont le poids est supérieur à 20 % du PIB) devraient poursuivre leur légère hausse en 2019. Depuis le début des troubles dans le nord du pays en 2012, les dépenses militaires et de sécurité ont plus que doublé, jusqu’à atteindre 3,8 % du PIB en 2017, et se maintiendront probablement à un niveau assez élevé en 2019, notamment dans le but de financer la force G5 Sahel. Ajouté à ces dépenses courantes, le pays se doit, par recommandation du FMI, de poursuivre ses dépenses d’investissement pour pallier le déficit infrastructurel et ainsi espérer construire le socle d’une croissance durable. Face à ces dépenses difficilement compressibles, le gouvernement devra miser sur une meilleure mobilisation des recettes fiscales pour pouvoir espérer respecter ses promesses budgétaires en 2019.

Largement dépendant du prix des matières premières, le déficit commercial devrait se creuser en 2019. L’augmentation du prix du pétrole (plus de 25 % des importations en 2018), ainsi que des produits d’alimentation (environ 15 %) devraient peser lourd dans la balance. La hausse de l’investissement public, notamment dans les biens d’équipement, devrait aussi participer à la hausse des importations. La hausse de la production de coton n’aura pas une amplitude suffisante pour empêcher la stagnation des exportations, aussi pénalisées par l’incertitude autour du cours de l’or. Cette détérioration de la balance commerciale, cumulée à la légère dégradation du déficit des services (plus de 11 % du PIB en 2018), ne devrait pas être compensée par l’amplitude trop faible de l’amélioration de la balance des transferts (12 % du PIB), causée par le maintien à un niveau élevé des remises des expatriés (augmentation de 5 % en 2019 d’après les prévisions du FMI) et, surtout, par la hausse de l’aide budgétaire étrangère, ce qui conduira au maintien à un niveau élevé du déficit courant. Le financement de ce déficit se fera principalement par la hausse des dons pour les projets, ainsi que par celles, très légères, des IDE et des investissements de portefeuille.

 

Réélection d’IBK et statu quo sécuritaire

Le mois d’août 2018 a vu la réélection du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) plus de 67 % des voix au second tour. Si la victoire d’IBK ne faisait guère de doute, son score − plus faible qu’en 2013 −, le fait d’avoir été poussé à jouer un second tour ainsi que les accusations de fraude par l’opposition reflètent la montée de la contestation dans la société malienne. Parmi les facteurs de mécontentement, on retrouve la corruption (le pays est classé 122/180 sur l’indice créé par Transparency International) qui gangrène le pays et le plus gros défi auquel doit faire face le pays : l’insécurité. Les attaques terroristes des groupes islamistes se poursuivent. En dépit de l’accord d’Alger de 2015, le conflit perdure entre l’État central et les tribus touareg du nord, qui réclament plus d’autonomie. La gestion des tensions reste compliquée (notamment à cause du financement de la force G5 Sahel), pour un pays qui doit mener de front cette lutte et la reconstruction de sa démocratie. Cette situation fragile pèse considérablement sur le climat des affaires du pays qui a encore perdu deux places au classement Doing Business 2019, se retrouvant à la 145e place mondiale.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

Haut de page