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Mozambique

Mozambique

Population 30,3 millions
PIB par habitant 475 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,7 3,4 2,3 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 15,4 3,9 2,7 4,1
Solde public / PIB (%) -3,8 -5,1 -6,6 -5,5
Solde courant / PIB (%) -18,5 -30,3 -36,2 -40,8
Dette publique / PIB (%) 105,6 108,9 111,0 116,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Situation géographique privilégiée : longue façade maritime, proximité avec le marché sud-africain
  • Importantes richesses minières (charbon), agricoles et potentiel hydroélectrique
  • Immenses ressources gazières découvertes au large des côtes en 2010

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification ; dépendance aux cours des matières premières (aluminium, charbon)
  • Insuffisance des infrastructures de transport et portuaires qui contraint toujours les capacités d’exportation de matières premières
  • Système bancaire contraint par les besoins de financement du gouvernement
  • Environnement politique et sécuritaire instable
  • Faiblesse de la gouvernance
  • Conditions climatiques difficiles

Appréciation du risque

Après les cyclones, le rebond

Après avoir été ralentie en 2019 par le passage des cyclones Idai et Kenneth, l’activité devrait retrouver de l’allant en 2020. L’effort de reconstruction suite aux dégâts des cyclones soutiendrait l’investissement public. Entravé depuis le défaut souverain consécutif à la révélation de 1,4 milliard USD de dette cachée en 2016, il devrait bénéficier en 2020 du retour de certains bailleurs internationaux, L’investissement privé devrait également être un moteur important de la croissance grâce aux flux générés par les perspectives d’exploitation des réserves offshore de gaz naturel liquéfié (GNL), avec, par exemple, les investissements prévus par Anadarko et Exxon Mobil dans des terminaux d’exportation. L’insurrection islamiste dans la région clef de Cabo Delgado pour les projets de GNL ou une éventuelle escalade de l’instabilité politique domestique pourrait néanmoins ralentir l’investissement. La contribution des échanges extérieurs devrait souffrir de la hausse des importations de biens d’équipement relatifs à la reconstruction et aux projets liés au GNL, mais aussi d’un probable affaiblissement de la demande indienne et chinoise pour le charbon et l’aluminium, qui représentent plus de 50 % des exportations. Les mesures d’assouplissement monétaire, qui ont permis à la croissance du crédit de revenir en territoire positif en 2019 après deux ans de contraction, et l’inflation relativement faible permettraient à la consommation privée de participer à l’accélération de l’activité. Néanmoins, la demande intérieure restera entravée par les revenus réduits par la mauvaise année agricole 2019 (cyclone et sécheresse).

 

Des contraintes budgétaires persistantes, malgré l’accord de restructuration

Creusé par la diminution des recettes fiscales dans les zones sinistrées par les cyclones et l’augmentation des dépenses liées à la reconstruction dès 2019, le déficit budgétaire devrait se réduire en 2020, principalement grâce aux appuis d’aide à la reconstruction. La consolidation budgétaire comprenant la rationalisation des dépenses, notamment de la masse salariale de l’État, et l’amélioration de la collecte des recettes seront probablement poursuivies. Toutefois, les besoins de reconstruction, le service croissant de la dette et la situation financière précaire des entreprises publiques mettront sous pression la dépense publique. L’accord de restructuration avec les détenteurs de l’Eurobond en défaut, conclu en septembre 2019, allège le poids de la dette sur les finances publiques, mais le pays reste largement privé de financements extérieurs à cause du stock d’arriérés. Le financement du déficit devrait donc s’appuyer sur l’emprunt domestique et les prêts concessionnels.

En 2020, l’ample déficit courant devrait continuer de se creuser à cause des projets d’exploitation de GNL. Le compte des services sera particulièrement grevé par les services techniques liés à la réalisation de ces projets, tandis que la balance commerciale s’alourdira sous le poids de la facture d’importations en biens d’équipement. Dans une moindre mesure, l’effort de reconstruction devrait également affecter ces deux comptes. Le rapatriement des profits des entreprises étrangères et le paiement des intérêts de la dette se traduiront par un nouveau déficit des revenus. En revanche, l’excédent des transferts devrait bénéficier des dons extérieurs, mais ne suffira pas à combler le déficit courant. Les IDE et les financements de projets associés au GNL devraient permettre de le financer. Bien que les réserves de change (équivalentes à moins de quatre mois d’importations) et le metical se soient stabilisés, le large déficit courant expose le pays aux chocs extérieurs.

 

Les élections fragilisent la stabilité politique

Les résultats officiels des élections présidentielles, législatives et provinciales qui se sont tenues le 15 octobre 2019 ont confirmé la domination du Front de libération du Mozambique (Frelimo). Le parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1975 a ainsi obtenu 184 des 250 sièges de l’assemblée, tandis que le président Filipe Nyusi a été réélu pour un second mandat avec 73 % des voix. Néanmoins, entachés par des accusations de fraude et des violences, ces scrutins fragilisent la tentative de règlement pacifique des tensions héritées de la guerre civile post-indépendance (1975-1992) entre le Frelimo et la Résistance national du Mozambique (Renamo), qui a obtenu 60 sièges. Cette dernière, qui avait répudié l’accord de paix de 1992 pour reprendre les armes entre 2013 et 2016, a vu la Cour constitutionnelle rejeter son recours contre les résultats des élections. En outre, l’insurrection d’une branche armée de la Renamo, suite à la signature d’un nouvel accord de paix, en août 2019, entre les deux partis après trois ans de trêve précaire, pourrait prendre de l’ampleur et raviver la violence. La frustration de la population à l’égard de la corruption et de la mauvaise gestion des finances publiques et des opportunités économiques limitées persistera, amplifiant le risque de protestations. Des appels à la démission du Président Nyusi ont, par ailleurs, été lancés en novembre 2019 à la suite d’allégations devant un tribunal américain selon lesquels il aurait bénéficié d’un pot-de-vin lié au scandale de la dette. Le risque politique est aussi entretenu par une insurrection islamiste qui a débuté en octobre 2017 dans la province de Cabo Delgado au nord du pays. L’environnement politique instable participe à la perception d’un climat des affaires dégradé (138e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2020).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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