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Mozambique

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Population 29,5 millions
PIB par habitant 426 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,8 3,7 3,3 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 19,8 15,4 4,2 6,1
Solde public / PIB (%) -7,1 -4,6 -8,1 -8,9
Solde courant / PIB (%) -35,0 -19,4 -23,6 -29,8
Dette publique / PIB (%) 128,7 111,6 121,5 129,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Situation géographique privilégiée : longue façade maritime, proximité avec le marché sud-africain
  • Importantes richesses minières (charbon), agricoles et potentiel hydroélectrique
  • Immenses ressources gazières découvertes au large des côtes en 2010

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification ; dépendance aux cours des matières premières (aluminium, charbon)
  • Insuffisance des infrastructures de transport et portuaires qui contraint toujours les capacités d’exportation de matières premières
  • Système bancaire contraint par les besoins de financement du gouvernement
  • Environnement politique et sécuritaire instable
  • Faiblesse de la gouvernance
  • Conditions climatiques difficiles

Appréciation du risque

Des perspectives de croissance médiocres

En 2019, l’économie devrait légèrement rebondir, mais restera contrainte par la crise consécutive aux révélations, en 2016, de dettes cachées par les autorités. Secteur moteur dans les performances de croissance avant le déclenchement de cette crise, la construction devrait continuer de souffrir des contraintes de financement du gouvernement liées à la suspension des aides internationales. En outre, le recours de l’État aux sources de financement domestique, au détriment du secteur privé, pèse sur le secteur bancaire. En conséquence, le crédit au secteur privé devrait continuer de se contracter, malgré l’assouplissement monétaire opéré par la banque centrale, pesant sur le secteur des services, notamment le commerce. Dans ce contexte de contraction du crédit, la croissance de l’agriculture restera contrainte par l’accès structurellement limité au crédit. Motrice de la croissance après l’épisode sévère de sécheresse en 2016, son rebond devrait néanmoins se poursuivre. Outre le secteur agricole, la croissance sera aussi portée par les secteurs halieutique et minier. Si la montée en puissance de la production de charbon devrait continuer à fléchir après le bond enregistré en 2017, celle-ci devrait rester robuste. La production de graphite devrait accélérer : outre l’augmentation de la production de la mine de Balama, les sites de Ancuabe et de Caula devraient commencer à produire en 2019. L’inflation devrait augmenter, avec l’affaiblissement de la désinflation des prix alimentaires et la hausse de ceux de l’énergie (carburants et électricité). Les prix resteront vulnérables à une dépréciation du métical.

 

Surendettement persistant, position extérieure vulnérable

En 2019, le déficit budgétaire devrait se creuser, en lien avec la hausse du coût du service de la dette et celle des dépenses nécessaires à l’organisation des élections, malgré les efforts visant à élargir la base d’imposition avec, une revue des régimes spéciaux d’imposition, et ceux visant à réduire la masse salariale de l’État (absorbant environ 55 % des recettes). La progression des dépenses d’investissement sera limitée par les contraintes de financement extérieur induites par l’important fardeau de la dette, libellée essentiellement en devises étrangères (près de 85 % de la dette totale). L’accord de restructuration d’un Eurobond de 726,5 millions USD, trouvé en novembre 2018, bien qu’un premier pas nécessaire vers une sortie de la crise de la dette, ne résout pas la situation de surendettement : les arriérés extérieurs restent importants et de nouveaux défauts restent possibles. L’assouplissement monétaire devrait permettre au gouvernement de continuer à recourir au financement domestique, mais la viabilité à terme de cette solution semble limitée.

En 2019, l’important déficit courant se creuserait en lien avec la détérioration du solde commercial. En effet, alors que la progression des exportations devrait ralentir, les perspectives de production (2022/23) de gaz naturel liquéfié (GNL) alimenteront la demande de biens d’équipement. De même, le déficit du compte des services sera grevé par les besoins de services techniques liés au développement de ces projets gaziers, tandis que celui de la balance des revenus souffrira des paiements d’intérêts de la dette et des rapatriements de profits. Seule la balance des transferts contribuera positivement à la balance courante. Le déficit devrait, néanmoins, être financé par les flux massifs d’IDE, principalement associés aux projets de GNL. Malgré la reconstitution des réserves de change et la stabilisation du metical en 2018, le très large déficit courant expose le pays aux chocs extérieurs. L’accord de restructuration de la dette pourrait faciliter l’obtention d’un prêt du FMI, qui soutiendrait la position extérieure. Toutefois, le manque d’éclaircissement sur l’utilisation des 2 milliards USD de dettes dissimulées devrait continuer de bloquer les négociations avec le FMI.

 

Climat politique précaire, à l’épreuve des échéances électorales 2019

Prévus en octobre 2019, les scrutins présidentiels, législatifs et provinciaux devraient de nouveau éprouver la stabilité politique fragile du pays. Les tensions héritées de la guerre civile post-indépendance (1975-1992) entre le Front de libération du Mozambique (Frelimo), au pouvoir depuis 1975, et la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), ancienne guérilla armée devenue parti politique en 1992, ont été, de nouveau, ravivées par les élections locales contentieuses d’octobre 2018. Premières élections depuis 2009 à se tenir avec la participation de la Renamo, qui avait repris les armes entre 2013 et 2016 pour contester la mainmise du Frelimo, les municipales se sont soldées par des accusations de fraude et, surtout, par la suspension des négociations de paix lancées fin 2016. Les avancées réalisées, avec notamment l’accord sur le programme de désarmement de la branche armée de la Renamo, sont ainsi mises en suspens. Aussi, ce seront les inquiétudes relatives à une éventuelle flambée de violence qui pourraient dominer, avant même la bataille des urnes entre Filipe Nyusi, président depuis 2015 et candidat à sa réélection, et le successeur (pas encore désigné à l’écriture de ces lignes) du leader historique de la Renamo Afonso Dhlakama (décédé en mai 2018). Un tel scénario n’est pas exclu, compte tenu de l’historique de violence, de la crise de la dette et de la perception de corruption qui alimentent le mécontentement. Les attaques terroristes attribuées à des mouvements islamistes, principalement près de la frontière avec la Tanzanie, constituent une source de déstabilisation supplémentaire. Dans ce contexte, la perception d’une gouvernance faible et d’un climat des affaires difficile (135e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2019) persistera.

 

Dernière mise à jour : Février 2019 

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