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Myanmar

Myanmar

Population 52,8 millions
PIB par habitant 1 299 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,4 6,5 2,0 5,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,0 8,6 6,1 6,2
Solde public / PIB (%)* -3,0 -3,9 -6,0 -6,5
Solde courant / PIB (%) -4,7 -2,6 -3,5 -4,2
Dette publique / PIB (%) 40,4 38,8 42,8 45,2

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2021 : octobre 2020 à septembre 2021

POINTS FORTS

  • Ouverture progressive de l'économie
  • Matières premières abondantes (minéraux (notamment jade, cuivre et or), gaz et pétrole), opportunités en hydroélectricité
  • Proximité d'économies dynamiques (Inde, Chine, Thaïlande)
  • Grand potentiel touristique
  • Fort potentiel du secteur primaire (agriculture)
  • Population jeune (27 % de la population a moins de 14 ans)
  • Recul de la pauvreté
  • Disponibilité d'une main-d'œuvre peu coûteuse
  • Membre de l’ASEAN

POINTS FAIBLES

  • Corruption hautement endémique et environnement des affaires défaillant
  • Problèmes ethniques en lien avec l’intolérance de la minorité musulmane rohingya par la majorité bouddhiste, mais aussi des minorités bouddhistes qui disposent de groupes armés (Shan, Karen, Kachin…)
  • Condamnation internationale de la discrimination à l'égard des minorités : 135 groupes ethniques sont présents dans le pays, l’ethnie majoritaire bamar représente 68 % de la population
  • Banque centrale inefficace
  • Manque de diversification et d'infrastructures (électricité, raffinage, éducation, santé)
  • Secteur financier sous-développé
  • Pays très exposé aux catastrophes naturelles (tremblements de terre, cyclones, inondations, etc.)

Appréciation du risque

La reprise portée par l’investissement

La croissance économique a nettement ralenti en 2020 en raison de la crise, même si le pays est resté l’un des plus performants dans la région. Des confinements partiels ont été mis en place dans les villes, ainsi que des restrictions sur les déplacements, et les usines (de textile, notamment) fermées en fonction de l’évolution de la propagation du virus. L’économie a été aussi impactée par la baisse des activités touristiques (4,6% du PIB et 4,8% de la population active en 2019), des perturbations de la chaîne d'approvisionnement pour le secteur de l'habillement et des pertes pour les PME engendrant des licenciements qui ont nui à la consommation privée (50% du PIB). Cependant, la baisse de la consommation a modéré l'inflation. De plus, le COVID-19 Economic Relief Plan de 2020 englobe des mesures fiscales et monétaires d’urgence (crédit bonifié aux petites entreprises et travailleurs indépendants, nourriture et argent aux ménages par exemple), dont certaines se prolongeront sur les premiers mois de 2021. La Banque Centrale du Myanmar a abaissé son taux directeur jusqu’à 7%. Les investissements, notamment provenant de l’étranger, qui augmentaient jusqu’à la crise, commanderont une reprise de l’activité en 2021. La Commission des investissements du Myanmar a approuvé 219 nouveaux projets étrangers dans le pays entre octobre 2019 et juillet 2020, pour un total de USD 5 milliards. Ces IDE ont porté sur la production d'électricité, principalement, mais également sur l'immobilier, l'industrie manufacturière, ainsi que l'industrie pétrolière et gazière. Cependant, les nouveaux investissements ont été retardés en raison des restrictions de voyage et de l'arrêt de certaines activités,, la priorité est donnée à trois projets : Le parc industriel de Hlegu, la ville écologique intelligente de Yangon Amata et le complexe industriel Corée du Sud-Myanmar.

 

Un déficit courant croissant, les IDE aussi

Le déficit budgétaire s’est accru en raison de la hausse des dépenses liées à la lutte contre le COVID-19. Dans le même temps, les recettes qui proviennent principalement des ventes de biens et services par les entreprises d'État et des impôts ont baissé à cause du ralentissement économique. Le niveau de la dette extérieure publique ou garantie par l'État restera soutenable (environ 20 % du PIB en 2020) et le risque associé est jugé faible par le FMI (dette majoritairement concessionnelle), qui met cependant en garde quant au trop faible niveau des réserves (équivalent à 3 mois d’importations) en devises de la banque centrale. La dette domestique a été acquise par la banque centrale.

Le déficit courant s’est creusé, car les exportations (de vêtements et de gaz) ont diminué fortement en raison des perturbations de la chaîne d'approvisionnement, de la faiblesse de la demande extérieure et de la baisse des prix internationaux du gaz. Les importations ont moins baissé, la hausse des achats de matériels médicaux l’emportant sur la baisse de la demande de biens d’équipement en lien avec celle de l’investissement. Le déficit des revenus devrait également augmenter en lien avec le rapatriement des bénéfices par les entreprises étrangères. Le déficit courant sera financé par les IDE, même en baisse. La New Companies Law, votée en 2019, facilite l’accès au marché birman pour les non-résidents et devrait encourager les investissements étrangers à l’issue de la crise.

 

Un traitement des minorités en contradiction avec les améliorations démocratiques

Aung San Suu Kyi, leader de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) et Prix Nobel de la paix pour sa promotion de la démocratie, est devenue conseillère d'État en 2015 à la suite des premières élections législatives libres depuis 1990. Ce rôle qui lui a été conféré pour gouverner sans être présidente (la Constitution l'interdisant en raison de ses liens familiaux à l’étranger). Le président Win Myint, élu en 2018, est le premier sans formation militaire depuis plus de cinq décennies. Néanmoins, une partie substantielle du pouvoir reste aux mains de l’armée qui détient constitutionnellement un droit à 25 % des sièges au Parlement et des ministères régaliens. En dépit des mesures de confinement empêchant les partis de faire campagne et de l’annulation du scrutin dans l’Etat de Rahkine où le conflit entre l'armée d'Arakan, en quête d'autonomie, et les forces armées du Myanmar s'est intensifié, les élections du 8 novembre 2020 à la chambre des représentants (chambre basse) et la chambre des nationalités (chambre haute) se sont tenues. Elles ont confirmé la prééminence de la LND et d’Aung San Suu Kyi, dont le ternissement de sa stature internationale, suite à sa passivité dans la crise des Rohingya, n’a pas nui à sa popularité interne et reste cheffe du gouvernement. Depuis août 2017, la minorité musulmane rohingya, originaire du Bangladesh, qui n'a jamais obtenu la citoyenneté, est victime d'abus de l'armée. L’UNHCR estime que 10 000 personnes ont été tuées et plus de 740 000 trouvé refuge au Bangladesh. L'ONU a qualifié cette situation d’« épuration ethnique ». L'UE, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie, qui appliquent des sanctions économiques et politiques ont organisé conjointement avec l'Agence des Nations unies pour les réfugiés une conférence des donateurs le 22 octobre 2020, afin de promouvoir le soutien aux réfugiés Rohingyas et aux pays d'accueil. Parallèlement aux refroidissement des relations avec l’Ouest, le pays a développé de bonnes relations avec l’ASEAN et la Chine.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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