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Myanmar

Myanmar

Population 52,6 millions
PIB par habitant 1 278 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 5,9 6,8 6,8 6,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,8 4,0 6,0 5,8
Solde public / PIB (%) * -2,5 -2,7 -2,9 -3,5
Solde courant / PIB (%) -3,9 -4,3 -5,3 -5,7
Dette publique / PIB (%) 35,7 33,6 33,2 34,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale 2019 d’octobre 2018 à septembre 2019.

POINTS FORTS

  • La transition démocratique et l’ouverture de l’économie progressent
  • Matières premières abondantes (jade, minéraux, gaz et pétrole), opportunités en hydroélectrique
  • Proximité d’économies dynamiques (Inde, Chine, Thaïlande)
  • Grand potentiel touristique
  • Fort potentiel du secteur primaire (agriculture)
  • Population jeune (27 % de la population a moins de 14 ans)
  • Disponibilité d’une main-d’œuvre peu coûteuse
  • Membres de l’ASE

POINTS FAIBLES

  • Corruption hautement endémique
  • Crise ethnique extrême en lien avec l’intolérance de la minorité musulmane Rohingya par la majorité bouddhiste
  • Condamnation internationale de la discrimination à l’égard des minorités
  • Une banque centrale inefficace
  • Manque de diversification et d’infrastructures (électricité, raffinage, éducation)
  • Un secteur financier sous-développé

Appréciation du risque

La croissance restera très rapide

La croissance économique restera l'une des plus dynamiques de la région. L'agriculture – qui représente près d'un tiers du PIB, la moitié de l'emploi total et un secteur d'export majeur – bénéficie de la grande fertilité des sols, mais pâtit d'une faible rentabilité. Grâce aux investissements publics dans le secteur, les modes de production et les produits sont progressivement améliorés afin de stimuler les exportations. En 2019, une bonne mousson et la hausse des prix du riz soutiendront le secteur. La part de la croissance imputable au secteur manufacturier (textile, mais aussi assemblage automobile, machines et électronique) continuera d'augmenter, grâce à la demande extérieure principalement, bien que la dépréciation de la monnaie (-17 % par rapport au dollar depuis le début de l'année en novembre 2018) entraînera une baisse des recettes d'exportation. Les exportations seront également exposées au risque de révocation de l'accès préférentiel au marché unique européen en réponse à la crise liée aux Rohingya, mais bénéficieront de l'intensification des échanges avec la Chine. La croissance sera également stimulée par les investissements chinois en infrastructures (dans le cadre du protocole d'accord signé sur le couloir économique Chine-Myanmar |CMEC]) et par les réformes que le gouvernement engagera en prévision des élections de 2020. Des réformes viseront à faciliter l'entreprenariat et l'accès des PME au crédit. Dans le même temps, les secteurs miniers et touristiques continueront de croître régulièrement, mais souffriront du manque d'infrastructures. L'inflation restera élevée, mais, compensée par une croissance plus forte des salaires elle ne nuira pas à la consommation privée (50 % du PIB), qui restera aussi soutenue par les transferts des résidents birmans à l'étranger.

 

Des déficits jumeaux croissants, mais des entrées d'IDE constantes

Le budget de l'exercice 2018/19 augmentera le déficit. Les dépenses consacrées à l'approvisionnement énergétique et aux services sociaux ainsi qu'aux infrastructures augmenteront. Les revenus proviendront principalement des entreprises d'État (bien que seulement 22 des 32 entreprises nationalisées soient rentables) et des impôts. Le financement budgétaire par la banque centrale devrait être ramené à 20 % du budget, avec le risque de renforcer les pressions inflationnistes. Le niveau de dette extérieure publique et garantie par l'État reste soutenable (15 % du PIB en juin 2017), bien que le FMI estime que c'est un risque dans le contexte de la dépréciation de la monnaie locale. Le déficit de la balance courante devrait se creuser en raison de l'accroissement du déficit de la balance commerciale de marchandises lié aux importations pour les projets d'infrastructure financés par les IDE. Les exportations continueront d'augmenter, notamment vers la Chine (premier partenaire commercial), grâce au nouveau gazoduc (le gaz est le produit le plus exporté : 39 % des exportations totales) et par les ventes de vêtements. Toutefois, la croissance nominale des exportations ne reprendra que partiellement après la forte dépréciation de la monnaie en 2018. En outre, le déficit du compte primaire augmentera en raison du rapatriement des bénéfices par les entreprises étrangères. Le déficit de la balance courante sera financé par les entrées d'IDE (le Myanmar a été le premier pays bénéficiaire d'IDE parmi les pays les moins avancés en 2017 – CNUCED). Pour améliorer la résistance aux chocs extérieurs, les autorités ont supprimé une bande commerciale de devises étrangères en août 2018, libéralisant ainsi le taux de change.

 

Des améliorations démocratiques en contradiction avec le traitement des minorités

Le Conseil national de défense et de sécurité (CNPDS) est l'instance suprême du pouvoir. De plus, l'armée détient un droit constitutionnel de 25 % des sièges dans les deux chambres. Toutefois, ces dernières années, une libéralisation politique sans précédent a eu lieu. Les premières élections législatives avec tous les partis d'opposition depuis 1990 ont eu lieu en 2012, puis en 2015. Aung San Suu Kyi, leader de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et Prix Nobel de la paix pour la promotion de la démocratie, est conseillère d'État. Ce rôle lui a été conféré pour gouverner sans être présidente car la Constitution l'interdit en raison de ses relations familiales à l’étranger. Le président, Win Myint, est le premier sans formation militaire depuis plus de cinq décennies. La LND a conservé sa majorité aux élections de mi-mandat de 2017 dans les deux chambres, malgré un soutien croissant aux partis minoritaires. Officiellement, 135 groupes ethniques sont présents dans le pays, tandis que la LND est associée au groupe majoritaire bamar. Depuis août 2017, la minorité musulmane rohingya, qui n'a jamais obtenu la citoyenneté et est largement considérée comme résultant de migrations du Bangladesh, est victime d'abus de l'armée. Les observateurs internationaux estiment que 7 000 personnes ont été tuées et que 720 000 ont fui, principalement au Bangladesh. L'ONU qualifie cette situation de « nettoyage ethnique ». Des sanctions économiques et politiques ont été appliquées par l'UE, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie. En 2018, la Birmanie a demandé le rapatriement des réfugiés suite aux pressions internationales, mais aucune mesure n'a été prise pour garantir leurs droits ou leur sécurité. Parallèlement, le pays entretient de bonnes relations avec l’ASEAN et la Chine. L'environnement des affaires reste précaire : le pays figure au 171e rang dans l’index Doing Business 2019 de la Banque Mondiale.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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