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Nicaragua

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Population 6,5 millions
PIB par habitant 1 943 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) -3.7 -2.0 6.0 3.5
Inflation (moyenne annuelle, %) 5.4 3.7 6.0 4.0
Solde public / PIB (%) -0.3 -2.2 -1.5 -2.0
Solde courant / PIB (%) 6.0 7.6 2.5 3.0
Dette publique / PIB (%)* 41.7 47.9 49.5 50.8

(e) : Estimation (p) : Prévision *Comprend uniquement le gouvernement central, ce qui inclue l’organisme de sécurité sociale

POINTS FORTS

  • Ressources minérales (or), agricoles (café, sucre, viande) et halieutiques (crustacés)
  • Appartenance aux zones de libre-échange Amérique centrale/Etats-Unis et Amérique centrale/UE
  • Flux importants de remises des expatriés

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité forte aux catastrophes naturelles
  • Insuffisances en matière de santé, d’éducation et persistance de la pauvreté
  • Insuffisance des infrastructures (énergie, transport)
  • Lacunes institutionnelles : concentration du pouvoir au sein de l’exécutif et du parti sandiniste, corruption
  • Economie fortement dollarisée

Appréciation du risque

Une reprise qui s’essouffle

La reprise de l’économie observée en 2021 devrait ralentir face à un moindre dynamisme de l’économie américaine, principale destination des exportations et pourvoyeuse de remises d’expatriés. Cependant, ces flux de remises resteront élevés et soutiendront la consommation des ménages confrontés à un marché du travail qui stagne, sans retrouver les niveaux pré-crise de 2017. La réélection de Daniel Ortega en novembre 2021 devrait aussi signifier la fin de nombreux transferts aux ménages, utilisés par le pouvoir pour s’assurer de l’appui de la population. Dans ce contexte, le retour de l’inflation dans le haut de la fenêtre cible de la banque centrale (3 +/- 1%) dans le courant de l’année 2022 sera bienvenu pour les ménages les plus pauvres. Cela devrait permettre à la banque centrale de maintenir sa politique accommodante au cours des premiers mois de l’année, avant un resserrage, lorsque la reprise sera suffisamment consolidée. Cela permettra une poursuite de la croissance du crédit au secteur privé, en cours depuis la fin 2021, toutefois trop faible pour pallier aux besoins de l’économie. En effet, face aux risques de défaut dans le secteur productif, les banques ont tendance à prêter avant tout au secteur public, laissant le secteur privé dans un cercle vicieux de sous-investissement. Les investissements étrangers resteront, pour leur part, restreints à quelques domaines d’activités comme la mine et l’énergie (projet de raffinerie de gaz de l’américain de New Fortress Energy sur la côte pacifique). Les sanctions américaines contre les principaux interlocuteurs des investisseurs dans le pays font peser une menace sur la réussite de ces investissements et, en cas d’échec, ces derniers pourraient se transformer en repoussoir pour de futurs projets. La demande publique devrait rester concentrée sur les infrastructures et la reconstruction à la suite des tempêtes de fin 2020, profitant de l’exemption humanitaire pour accéder aux fonds des organismes multilatéraux, normalement bloqués par les sanctions internationales. La demande des Etats-Unis soutiendra la production de minerais, notamment d’or, mais aussi la production agricole (café, sucre, viande) qui bénéficiera d’un effet de base à la suite des pertes causées par les tempêtes sur la récolte 2021. La production manufacturière, notamment de câbles, d’appareils électriques et de vêtements, devraient connaître une certaine dynamique. La construction sera tirée par la demande publique, tandis que le secteur touristique reste encore sous-développé, affectant l’hôtellerie et la restauration.

 

Des comptes publics corrects et une position extérieure confortable

La hausse des recettes en 2021 a permis au gouvernement de fortement réduire le déficit public. Toutefois, l’essoufflement de la dynamique de demande devrait mener à une moindre croissance des revenus en 2022, menant à une réaugmentation du déficit. Il devrait être financé par l’accès à aux prêts multilatéraux de la Banque centroaméricaine pour l’intégration économique, dont le poids dans le financement du pays a augmenté ces dernières années. En effet, en raison de son actionnariat régional, elle échappe aux sanctions américaines qui pèsent sur l’octroi de fonds par les autres organismes multilatéraux. Cependant, l’exception humanitaire devrait être à nouveau utilisée par le gouvernement auprès de la Banque interaméricaine de développement, du FMI et de la Banque Mondiale pour financer la reconstruction et la lutte contre le COVID-19. Largement concessionnelle (93% des déboursements en 2021 venaient d’organismes multilatéraux), la dette reste limitée en termes de PIB et donc soutenable.

 
Du point de vue des comptes extérieurs, la balance des biens devrait voir son déficit se réduire, alors que le ralentissement de la demande interne limiterait la croissance des importations et compenserait la hausse des prix du pétrole. Les exportations de produits agricoles, de minerais et de produits manufacturés bénéficieront de la demande des Etats-Unis. L’excédent des services restera très limité, alors que l’excédent des revenus sera amoindri. En effet, le rapatriement des dividendes augmente, alors que les flux de remises progresseraient moins rapidement. Le surplus courant renforcera les réserves de change très confortables (8 mois d’importations en septembre 2021). Cela devrait suffire à maintenir l’ancrage du cordoba au dollar.

 

Tensions accrues avec la communauté internationale suite aux élections contestées

Le 7 novembre 2021, Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007, et sa vice-présidente, et première dame, Rosario Murillo, ont remporté l’élection présidentielle avec 75% des voix, et les législatives. Le processus a été largement boycotté par l’opposition et critiqué sur la scène internationale. Alors que le pouvoir avait systématiquement arrêté tous les candidats de l’opposition dans les mois précédents, la participation a été faible. Alors que le gouvernement annonce un chiffre de 65%, l’opposition annonce 20% de participation, seulement, faisant penser que seuls les soutiens d’Ortega se sont déplacés (18% d’intentions de vote pour le président suivant certains sondages). Cette élection a été largement critiquée par les Etats-Unis, l’Union européenne et l’Organisation des Etats Américains qui a enclenché une procédure d’exclusion. De leur côté, les Etats-Unis ont renforcé leurs sanctions contre les hauts responsables du pays. Le vote du Renacer Act au Congrès, le 3 novembre 2021, oblige l’exécutif à prendre de telles mesures. Le gouvernement Biden a, toutefois, déclaré vouloir éviter des sanctions économiques globales qui rajouteraient aux tensions économiques subies par les ménages. Cependant, il est peu probable que ces sanctions facilitent une transition démocratique. Toute détérioration financière est suivi par un ajustement des dépenses au détriment de la population dont toute velléité de soulèvement est solidement encadrée. 

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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