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Niger

Niger

Population 18,8 millions
PIB par habitant 438 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

PRINCIPAUX INDICATEURS éCONOMIQUES

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,9 4,9 5,2 5,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,2 2,4 3,9 2,0
Solde public * / PIB (%) -6,2 -5,0 -5,9 -4,5
Solde courant * / PIB (%) -15,7 -13,8 -16,7 -17,9
Dette publique / PIB (%) 45,2 45,3 46,3 48,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Quatrième producteur mondial d’uranium
  • Exportateur net de produits pétroliers et d’or
  • Effort d’investissement dans l’agriculture et les infrastructures
  • Membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
  • Soutien financier des prêteurs multilatéraux

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux chocs climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières
  • Économie encore largement dépendante d’une agriculture de subsistance
  • Système de perception des taxes et des droits de douane déficient
  • Frontières poreuses favorisant l’immigration illégale et les trafics
  • Croissance rapide de la population et grande pauvreté
  • Détérioration de la situation sécuritaire et menace terroriste

Appréciation du risque

L’investissement et le secteur extractif comme principaux moteurs de la croissance

L’économie devrait poursuivre son rythme de croissance rapide en 2019 grâce à l’investissement infrastructurel, au secteur agricole et aux prix élevés du pétrole et de l’uranium.

L’importance du soutien financier international (facilité élargie de crédit du FMI de 100 millions DTS) devrait permettre à l’investissement public de contribuer largement à la croissance à travers le financement de nombreux projets, principalement dans le secteur de l’énergie (centrale électrique solaire de Niamey, cofinancé par l’AFD et l’UE) et les transports (réhabilitation de l’axe Cotonou Niamey fiancé par l’OPEP et la BID). L’investissement privé devrait lui aussi se développer grâce à la croissance du crédit bancaire, au respect du programme du FMI qui rassure les investisseurs, notamment étrangers. La construction d’une cimenterie par le milliardaire nigérian Aliko Dangote (275 millions d’euros, livraison en 2020) permettra d’alléger les importations du pays (80 % du ciment est importé).

Les projets agricoles, eux aussi cibles de l’investissement public, notamment celui d’irrigation dans les régions d’Agadez, Tahoua, Dosso, Tillabéry (soutenus financièrement par l’Association internationale de développement) devraient permettre l’accroissement des rendements et des revenus agricoles, objectif du plan 3N (les Nigériens nourrissent les Nigériens), et participer, ainsi, au dynamisme de la consommation des ménages. Cumulés à la reprise progressive de l’économie nigériane, cela pourrait aussi dynamiser les exportations. Ces dernières devraient surtout profiter du niveau élevé des cours du pétrole et de l’uranium, dont la production devrait encore croître dans les années à venir comme en témoigne le lancement de nouvelles prospections par l’entreprise chinoise Zijing Hechuang Science and Technology Development Company.

 

Des déficits jumeaux financés par l’aide internationale

Le déficit public devrait légèrement se résorber, principalement grâce à une hausse des recettes. Le pays a dû s’engager dans des réformes fiscales afin de mieux percevoir ses recettes, conditions sine qua non à l’octroi, par le FMI, d’une facilité élargie de crédit. L’institution internationale s’est déclarée satisfaite des mesures prises, notamment sur les droits de douane. Parallèlement, le pays devrait aussi profiter de l’augmentation des recettes des exportations de pétrole et d’uranium, dont le prix et la production devraient augmenter. Enfin, la réintroduction de la taxe sur les appels internationaux élargira aussi la marge de manœuvre budgétaire. Les dépenses, quant à elles, se maintiendront à un niveau élevé. Elles seront majoritairement dirigées vers l’investissement public, mais les dépenses courantes pourraient pâtir, en cours d‘année, d’une détérioration du climat social et sécuritaire. Le déficit ainsi que l’amortissement de la dette publique seront financés par l’emprunt obligataire (72 %) et les prêts programmes et prêts projets.

Le déficit courant devrait continuer de se creuser en 2019. Malgré le dynamisme des exportations de pétrole et d’uranium, les importations de biens et de services, notamment liés au secteur extractif, devraient s’intensifier, dégradant la balance commerciale dans son ensemble. La balance des revenus, structurellement déficitaire, devrait encore se creuser avec le développement des investissements étrangers ces dernières années. Les transferts, des expatriés et d’aide budgétaire, se maintiendront, mais leur amplitude sera trop faible pour empêcher la détérioration du déficit courant. Ce déficit sera financé pour près de la moitié par des prêts projets, et d’autant par des investissements, dont la moitié d’IDE.

 

Une situation sécuritaire et sociale dégradée

La situation politique nigérienne est caractérisée par la mainmise du président Mahamadou Issoufou (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme) sur les différentes institutions depuis la victoire de son parti aux élections présidentielle et législatives de février-mars 2016.

L’opposition est très critique vis-à-vis des actions du président, et a, notamment, décidé de retirer sa participation à la révision du code électoral, voulue par le gouvernement. Bien que marginalisée, elle est susceptible de catalyser la grogne populaire qui est née de l’opposition au projet de loi de finances qui prévoit la création et l’augmentation de nouvelles taxes pour répondre aux attentes du FMI. Toutefois, la principale menace réside dans une situation sécuritaire très dégradée, les groupes terroristes de la région (Boko Haram, AQMI, Al-Murabitoun) trouvant au Niger un terreau fertile de recrutement (fort taux de pauvreté et peu de perspectives) et des frontières poreuses favorables à leurs actions. La coopération internationale devrait continuer à se renforcer autour de la force G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso), pour tenter de contenir les troubles observés dans les pays voisins (notamment au Nigéria). Cette situation sécuritaire incertaine pèse sur le climat des affaires (143e du classement Doing Business), avec un risque d’enlèvement ciblant les ressortissants étrangers toujours élevé.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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