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Pakistan

Pakistan

Population 204,7 millions
PIB par habitant 1 349 US$
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 5,5 1,9 -0,4 1,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,9 6,7 10,7 8,8
Solde public / PIB (%)* -6,5 -9,1 -8,0 -6,9
Solde courant / PIB (%) -6,3 -4,9 -1,1 -2,5
Dette publique / PIB (%) 72,1 85,5 87,2 85,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 1 juillet - 30 juin. Données 2020 : AF19-20.

POINTS FORTS

  • Marché intérieur conséquent, soutenu par une démographie dynamique
  • Transferts importants des travailleurs émigrés
  • Main-d’œuvre nombreuse et peu coûteuse
  • Développement de corridors économiques avec la Chine et l’Asie centrale, porte sur l’océan indien
  • Acteur important de la finance islamique
  • Potentiel minéral

POINTS FAIBLES

  • Voisinage tendu, fragilité politique et insécurité domestiques
  • Informalité (40 % du PIB et 60% de l’emploi) et faibles rentrées fiscales (13 % du PIB)
  • Éducation (40% d’illettrés), santé, infrastructures et agriculture déficientes
  • Retard de développement du Baloutchistan, favorisant le séparatisme, et des zones rurales, propice au développement de l’islamisme radical
  • Dépendance énergétique, production électrique déficiente
  • Faible base manufacturière (20% du PIB) et exportatrice, faible diversification sectorielle
  • 20% du PIB et 40 % de la main-d’œuvre dépendant du secteur agricole, sensible aux aléas climatiques et aux prix mondiaux

Appréciation du risque

Une reprise contrainte

Déjà fortement ralentie en 2019, suite à la politique d’austérité visant à réduire les déficits, l’économie s’est légèrement contractée en 2020, en raison de la crise du COVID-19 et des mesures sanitaires associées. Si le pays a été confiné en avril 2020, lors de la deuxième vague (octobre à décembre), le gouvernement à privilégier des confinements locaux pour réduire l’impact. L’activité, qui a repris timidement au second semestre 2020, devrait gagner en vigueur en 2021, grâce à l’arrivée du vaccin au second semestre et à l’amélioration de la situation sanitaire. La consommation privée (80% du PIB) a bénéficié du plan de soutien budgétaire en faveur des ménages, notamment de ceux à faible revenu, ainsi que la fermeté du flux de remises des expatriés (8% du PIB), qui devraient profiter de l’amélioration de la conjoncture en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis. Cependant, les ménages restent confrontés au chômage, à l’irrégularité des revenus agricoles, à une inflation élevée liée à la dépréciation de la roupie, ainsi qu’à l’augmentation des prix alimentaires et de l’énergie. De plus, la hausse des tarifs publics pourrait reprendre et le taux d’intérêt directeur, abaissé au plus fort de la crise de 625 points de base à 7%, remonter sous la pression du FMI, tandis que les salaires du public et le pensions sont gelés. L’activité dans les services (60% du PIB, notamment le commerce et le transport), restera contrainte. L’investissement public devrait rester anémique, car sous contrainte budgétaire. Malgré la poursuite du soutien public au secteur de la construction, ainsi qu’à l’achat d’équipements (allégement fiscal et ciblage des prêts de banques commerciales), l’investissement privé restera surtout lié aux projets chinois dans le cadre du Couloir économique Pakistan-Chine (CEPC) avec ses infrastructures (énergie et transport). Enfin, le pays a été affecté par la baisse de la demande mondiale de biens « non-essentiels » (textile, coton), qui représentent plus de 50% des exportations du pays (9% du PIB), mais dont la reprise est attendue en seconde partie d’année.

 

Fragilité des comptes, mais soutien international

Après sa nette détérioration en 2019, suite à une augmentation des intérêts de la dette, le rééquilibrage attendu du déficit public en 2020, suite à la conclusion de l’accord avec le FMI en juillet 2019 (USD 6 milliards sur 39 mois), a été enrayé par la crise, avec la baisse des recettes et l’augmentation des dépenses publiques. Les dépenses relatives à la protection sociale, à la santé, à l’éducation et au logement seront encore élevées sur l’année fiscale 2021, tandis que les intérêts de la dette et les dépenses de défense resteront conséquents (46% et 20% des dépenses, respectivement). En septembre 2020, la part extérieure représentait 42,2 % de la dette publique et était détenue à 40 % par des créanciers multilatéraux et à 25% par la Chine.

Le déficit courant s’est réduit en 2019-2020. En effet, le déficit commercial (20% du PIB) s’est amélioré en raison de la baisse des importations, notamment due à la dépréciation de la roupie (-4,8% face au dollar). Pourtant, les exportations (textiles principalement, mais, aussi, riz, sucre et alcool) n’ont pu profiter de cette dépréciation, et les transferts des travailleurs expatriés sont restés le principal mode de financement du déficit commercial, les flux d’IDE restant réduits (0,5 % du PIB). En 2020-2021, le déficit courant devrait se creuser légèrement, en raison de la hausse des importations, notamment de produits pétroliers, tandis que les exportations reprendront en même temps que la demande de biens non essentiels dans les pays partenaires. La vigueur des remises d’expatriés et la suspension du paiement des intérêts de la dette bilatérale dans le cadre de l’Initiative du G20 allègeront la charge. La flexibilisation du change, demandée par le FMI, devrait, à l’avenir, empêcher les comptes extérieurs de diverger de leur équilibre. Grâce à l’amélioration de la balance courante, les réserves de change ont augmenté, représentant trois mois d’importations fin 2020. Elles ne pourraient suffire à couvrir le besoin de financement extérieur (USD 30 milliards en 2020-21) comprenant l’amortissement de la dette extérieure (100% du PIB) et le déficit courant. En plus du recours au marché, le pays s’est assuré un soutien financier extérieur officiel, d’abord bilatéral (Chine, Arabie Saoudite et Émirats arabes unis), puis multilatéral, en hausse depuis la crise. Les versements dans le cadre du mécanisme élargi de crédit du FMI pourraient reprendre en 2021.

 

Des tensions internes et extérieures, mais des soutiens

Onze partis d’opposition, réunis depuis septembre 2020 dans le Mouvement démocratique pakistanais (MDP), demandent la démission du premier ministre Imran Khan, arrivé au pouvoir grâce à la victoire de son parti Pakistan Tehreek-e-Insaf en 2018 lors d’élections truquées par l’armée, selon eux. Pour le Premier ministre il s’agit pour les principaux partis d’oppostion d’allumer un contrefeu, alors que leurs dirigeants sont fragilisés par des décisions de justice défavorables dans des affaires de corruption. Des membres du MDP ont menacé de démissionner en masse de l'Assemblée nationale dans le cadre de leur campagne visant à délégitimer l'administration actuelle. L'armée, actrice de la vie politique, pourrait être amenée à arbitrer.

Sur le plan extérieur, les tensions avec l’Inde au sujet du Cachemire se sont ravivées après la levée de l’autonomie dont bénéficiait la partie indienne de la région. La relation houleuse avec les États-Unis restera importante et orientée sur la coopération militaire. Le Pakistan a utilisé son influence sur les talibans afghans pour qu’ils négocient et signent un accord en février 2020 avec les États-Unis, permettant aussi un rapprochement avec l’Afghanistan. La Chine restera son principal partenaire économique dans le cadre du CPEC et de leur accord commercial.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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