Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Pakistan

Pakistan

Population 197,3 millions
PIB par habitant 1 546 US$
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018(e) 2019(p)
Croissance PIB (%) 4.5 5.4 5.4 2,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 2.9 4.1 3.9 7.0
Solde public* / PIB (%) -4.4 -5.7 -6.5 -6.5
Solde courant / PIB (%) -1.7 -4.1 -6.0 -5.0
Dette publique / PIB (%) 67.6 67.0 70.0 73.0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale 2019 de juillet 2018 à juin 2019.

POINTS FORTS

  • Marché intérieur considérable, alimenté par une démographie dynamique
  • Importants transferts de travailleurs expatriés
  • Main-d’œuvre peu chère et abondante
  • Perspective du corridor économique avec la Chine
  • Acteur important de la finance islamique

POINTS FAIBLES

  • Environnement géopolitique tendu et insécurité domestique (terrorisme)
  • Informalité (40 % du PIB) et faibles ressources fiscales (15 % du PIB)
  • Carences sanitaires, agricoles et éducatives
  • Retard de développement du Baloutchistan, des campagnes
  • Faible diversification sectorielle et dépendance énergétique
  • 40 % de la main-d’œuvre dans l’agriculture ; dépendance à la météorologie et aux prix mondiaux

Appréciation du risque

L’économie devrait ralentir…

L’activité perdra nettement de sa vigueur en 2019. Même si le ralentissement peut apparaître modéré, compte tenu de l’augmentation de la population (2 % par an), il sera fort rapporté à chaque tête d’habitant. La consommation des ménages (82 % du PIB) perdra de son dynamisme, mais vu son poids restera la première contributrice à la croissance. Le tonus des transferts d’expatriés qui profitent de la conjoncture favorable des pays du Conseil de Coopération du Golfe (62 % du total) et de la dépréciation de la roupie sera contrebalancé par le resserrement de la politique économique, notamment celui de la politique monétaire (taux directeur passé de 5,75 à 7,5 % entre janvier et juillet 2018). Ce dernier vise autant à modérer la demande et les tensions inflationnistes résultant de la hausse du prix de l’énergie et de la dépréciation de la roupie qu’à réduire les pressions sur cette dernière. Avec leur poids considérable dans la consommation, la décélération des importations qui devrait résulter de la dépréciation de la roupie et d’une nouvelle hausse des droits de douane jouera dans le même sens. Pour les mêmes raisons, l’investissement (15 % du PIB), déjà obéré par un environnement des affaires et des infrastructures médiocres, devrait également décélérer. Cela concernerait aussi l’investissement dans les infrastructures de transport et de fourniture d’électricité effectué dans le cadre du Corridor économique (CEPC) entre le Xinjiang chinois et le port de Gwadar (sud-ouest du Pakistan). Les services (58 % du PIB) avec le commerce, l’industrie (19 %), notamment extractive, textile, métallurgique, et l’agriculture (23 % du PIB), avec la canne à sucre, le coton, le riz et le blé, seront affectés par la moindre disponibilité des produits intermédiaires et de consommation importés.

 

… afin de réduire les déséquilibres budgétaires et extérieurs

À l’issue du dernier accord avec le FMI, fin 2016, la situation budgétaire s’est dégradée. Cela s'explique par une augmentation moins soutenue des recettes budgétaires due à la baisse de l’imposition des ménages intervenue, associée à une hausse des dépenses avant les élections législatives de 2018. Avec les contraintes accrues de financement, tant domestique qu’extérieur, le nouveau gouvernement a prévu d’engager un redressement. Il a procédé en septembre 2018 à une hausse moyenne du prix du gaz de 35 %, variable suivant les secteurs, afin de le rapprocher du coût de la ressource. La dette publique, à 70 % domestique et libellée en monnaie locale, malgré un recours accru au financement extérieur, a beaucoup augmenté et continuera de reposer sur la banque centrale et les autres banques, au détriment du crédit aux entreprises privées.

Le déficit courant a augmenté en 2017-2018 en raison du creusement du déficit commercial. Il devrait diminuer avec la reprise des exportations, en lien avec la dévaluation de la roupie et un meilleur approvisionnement en électricité, et avec la décélération des importations, si le prix du pétrole ne dérape pas. Le déficit commercial (10 % du PIB en 2018) restera le principal contributeur au déséquilibre. Il s’explique par la faiblesse des exportations (8,5 % du PIB), dont plus de la moitié constituées de produits textiles (linge de maison, habillement, filé de coton), le reste comprenant des produits agricoles (sucre, riz) et quelques produits manufacturés. La concurrence des pays voisins dans le textile est exacerbée par la surévaluation du taux de change effectif réel, malgré le fait que la banque centrale ait laissé la roupie se déprécier de 16 % face au dollar américain entre janvier et juillet 2018. Cela s’ajoute à la pression des importations résultant d’une demande domestique excédant le potentiel de croissance. Les transferts des expatriés (7 % du PIB) compensent partiellement le déficit commercial. Le déficit subsistant, ainsi que celui lié aux services et aux paiements de dividendes et d’intérêts sont financés par le recours croissant à l’endettement auprès de la Chine et de l’Arabie Saoudite (prêt d’USD 6 milliards en octobre 2018), accessoirement, sur les marchés, ainsi que par une ponction sur les réserves (tombées à 1,7 mois d’importations à juin 2018). Toutefois, la dette extérieure, à 80 % due par le secteur public, ne représente encore que 30 % du PIB et est en grande partie à taux concessionnels. Les IDE sont minimes, l’essentiel des investissements dans le cadre du CEPC étant financé par des prêts chinois. Le nouveau gouvernement envisage de conclure un nouvel accord de financement avec le FMI et d’associer l’Arabie saoudite au CEPC dans le but de soulager les comptes extérieurs.

 

Une transition démocratique ne mettant pas fin à l’insécurité

Malgré une campagne ponctuée d’actes terroristes menés par les talibans, les élections législatives de juillet 2018 ont constitué la seconde transition démocratique depuis 1947. Avec 116 députés sur 270, le Pakistan Tehreek-e-insaf, ou Parti de la Justice (PTI), est devenu la première force politique devant la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N, 64 sièges) et le Parti populaire (43 sièges). Bénéficiant du soutien de députés de petits partis ou indépendants, le Premier ministre Imran Khan doit compter avec des provinces (3 sur 4, dont le Punjab et le Sindh) dirigées par l’opposition. L’état-major gardera la main sur la politique étrangère et la sécurité. Le rapprochement avec l’Inde restera laborieux en raison du Cachemire. La Chine demeurera le principal partenaire économique avec le développement du corridor économique sino-pakistanais (CPEC). La relation avec les États-Unis, souvent orageuse à propos de l’Afghanistan et du terrorisme, demeurera empreinte par la coopération militaire.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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