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République centrafricaine

République centrafricaine

Population 5,0 millions
PIB par habitant 389 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,5 4,3 4,3 4,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,6 4,1 4,0 3,4
Solde public / PIB (%) * 1,6 -1,1 0,9 0,7
Solde courant / PIB (%) * -5,5 -8,4 -8,9 -8,4
Dette publique / PIB (%) 56,0 53,4 48,6 44,4

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (coton, café), sylvicole et minier (diamant, or, uranium)
  • Importance du soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Extrême pauvreté (75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté)
  • Vulnérabilité de l’économie aux chocs externes
  • Faiblesse des infrastructures de transport et des capacités de production d’énergie
  • Enclavement géographique
  • Situation politique et sécuritaire instable (présence de nombreux groupes rebelles armés étrangers)

Appréciation du risque

Une croissance entravée par la situation sécuritaire

Après s’être stabilisée en 2018, la croissance devrait repartir à la hausse, portée par les activités forestières, agricoles et minières. Elle sera également soutenue par l’aide internationale, mobilisée dans des projets d’infrastructures, notamment dans le secteur de l’eau et des communications. Le projet CAB, permettant au pays de recevoir la fibre optique en 2022, et majoritairement financé par la BAD, en témoigne. Toutefois, le pays reste l’un des plus pauvres du monde et demeure marqué par la crise humanitaire et sécuritaire de 2013. La croissance pâtira de ce contexte très fragile avec un secteur agricole, représentant 42 % du PIB en 2017, qui subit l’éclatement régulier de conflits dans les zones rurales. Néanmoins, le secteur du bois devrait continuer son développement, générant près de la moitié des exportations, avant l’or, le café et le coton. Les exportations de diamant devraient poursuivre leur reprise, grâce à la levée partielle de l’embargo obtenue en 2016. S’agissant de la demande interne, elle demeurera faible, pénalisée par l’important exil de la population.

Bien que restant au-dessus du seuil de 3 % établi par la CEMAC, l’inflation devrait continuer sa décélération en 2019. Elle restera alimentée par le prix du pétrole, qui devrait rester élevé, et les ruptures occasionnelles de l’approvisionnement, compte tenu de l’insécurité. Le franc CFA étant indexé sur l’euro, l’inflation restera également impactée par l’évolution du taux de change euro-dollar.

L’aide internationale en soutien des finances publiques

Le pays, engagé auprès du FMI au titre de la facilité élargie de crédit, s’efforce de poursuivre ses réformes budgétaires. Ces efforts ont conduit au versement par le FMI de la quatrième tranche de prêt en juillet 2018, et devraient aboutir au maintien du faible excédent budgétaire en 2019. Les recettes évolueraient à la hausse, tirées à la fois par les recettes internes et les aides budgétaires, le pays demeurant dépendant de l’aide internationale (FMI, BAD, UE…). Le ratio de dette publique sur le PIB, devrait de nouveau diminuer avec l'apurement des arriérés. Toutefois, le pays demeure exposé à un risque élevé de surendettement.

Malgré les transferts des partenaires internationaux et des expatriés (à eux deux 10 % du PIB en 2018), le compte courant, principalement lié au déficit commercial (16 % du PIB en 2018), devrait encore afficher un important déficit. En effet, la hausse attendue des exportations sera compensée par celle des importations, exacerbées par un prix élevé du pétrole. De plus, les exportations pâtiront du contexte d’insécurité qui impacte leur approvisionnement. Les prêts bonifiés des organismes internationaux, liés ou non à des projets, financeront le déficit courant. De plus, les réserves de changes, mutualisées entre les pays de la CEMAC, ont commencé à se reconstituer, ce qui réduit le risque de crise de la balance des paiements.

Un président confronté à un contexte sécuritaire et politique tendu

Le Président Faustin-Archange Touadéra gère difficilement les conflits ethniques et confessionnels, malgré sa volonté initiale d’une république unie. En effet, le pays demeure dans une situation instable, où les milices de la Séléka, groupe armé à majorité musulmane, et les anti-balaka, majoritairement chrétiens, continuent de s’affronter. De nombreux autres groupes armés profitent de cette instabilité pour tenter de s’imposer sur la scène politique. En juin 2018, le pays comptabilisait plus de 600 000 déplacés internes, soit près de 13 % de la population, et presque autant de réfugiés dans les pays voisins (Cameroun, Tchad, République du Congo, République démocratique du Congo). L’ONU, présente dans le pays dans le cadre de sa mission de paix Minusca, semble ne pas disposer des moyens suffisants et enregistre des pertes dans ses rangs. De plus, le président doit aussi faire face à des dissensions dans son entourage politique : en juillet 2018, le président de l’Assemblée nationale, Abdoul Karim Meckassoua, a été accusé de planifier un coup d’État.

C’est dans ce contexte que Bangui entretient des relations étroites avec Moscou. En août 2018, les deux pays ont signé un accord militaire, prévoyant notamment la formation de soldats centrafricains. En plus de cette formation, la Russie assure la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra et a livré des armes à l’armée nationale après avoir obtenu une exemption à l’embargo de l’ONU, exemption qui a été refusée à la Chine. Cette position permet au Kremlin de consolider son influence dans la région et traduit de son intérêt pour les ressources minières centrafricaines.

En raison de ce contexte instable, le climat des affaires restera mauvais. La république centrafricaine est l’un des pays les plus mal classés du classement Doing Business (183e place sur 190 pays).

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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