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République centrafricaine

République centrafricaine

Population 5,1 millions
PIB par habitant 449 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,3 3,8 4,4 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,5 1,6 3,5 3,0
Solde public * / PIB (%) -1,1 0,4 2,1 0,6
Solde courant ** / PIB (%) -7,8 -7,9 -4,6 -5,4
Dette publique / PIB (%) 49,4 48,8 45,4 42,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus. **Coopération internationale incluse.

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (coton, café), sylvicole et minier (diamant, or, uranium)
  • Importance du soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Extrême pauvreté (deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté)
  • Vulnérabilité de l’économie aux chocs externes
  • Faiblesse des infrastructures de transport et des capacités de production d’énergie
  • Enclavement géographique
  • Situation politique et sécuritaire instable (une grande partie du territoire est contrôlée par des groupes rebelles armés)

Appréciation du risque

Une croissance entravée par la situation sécuritaire

La croissance devrait accélérer légèrement en 2020, portée par les activités forestière, agricole et minière. Elle sera également soutenue par l’aide internationale, mobilisée dans des projets d’infrastructures, notamment dans les secteurs de l’énergie et des communications. Toutefois, le pays reste l’un des plus pauvres et demeure soumis à un niveau de violence élevé. La croissance pâtira de ce contexte très fragile avec un secteur agricole, représentant plus d’un tiers du PIB en 2018, qui subit l’éclatement régulier de conflits dans les zones rurales. Néanmoins, la production de bois conservera sa bonne dynamique, générant environ la moitié des exportations, avant l’or, le café et le coton. En revanche, la production officielle de diamant restera limitée, pénalisée par l’embargo qui interdit toujours les exportations de diamants produits dans les zones contrôlées par les groupes rebelles. S’agissant de la demande interne, elle demeurera faible en raison du niveau élevé de pauvreté et de l’important exil de la population. L’inflation se situera proche de l’objectif de 3 % établi par la CEMAC, mais elle conservera son caractère volatile compte tenu de sa dépendance aux ruptures fréquentes de l’approvisionnement alimentaire. Le franc CFA étant indexé sur l’euro, l’inflation restera également impactée par l’évolution du taux de change euro-dollar.

 

L’aide internationale en soutien des finances publiques

L’accord avec le FMI au titre de la Facilité élargie de crédit s’est conclu en juillet 2019 avec le versement de la sixième tranche de prêt, ce qui témoigne des efforts consentis à poursuivre les réformes budgétaires. Le gouvernement est parvenu à maîtriser ses dépenses et à augmenter la part des recettes intérieures, bien qu’il reste de lourds progrès à faire pour généraliser la collecte fiscale sur l’ensemble du territoire. En s’engageant à poursuivre sur cette voie, le pays devrait pouvoir obtenir un nouvel accord avec le FMI. Néanmoins, l’équilibre des comptes publics repose toujours largement sur les dons, notamment ceux de la Banque mondiale et de l’Union européenne, qui ont représenté environ 11 % du PIB en 2019, soit plus de la moitié du budget. Le nouvel accord de paix a suscité une nette hausse de l’engagement international afin de financer sa mise en œuvre. Ce soutien budgétaire supplémentaire a permis de dégager un excédent plus élevé qu’espéré en 2019, malgré l’augmentation des dépenses sociales et sécuritaires. En 2020, la hausse des recettes intérieures se poursuivra, tandis que la part des dons dans le budget devrait reculer, entraînant une baisse de l’excédent budgétaire. Le ratio de dette publique sur le PIB devrait de nouveau diminuer avec l'apurement des arriérés. Toutefois, le pays demeure exposé à un risque élevé de surendettement.

Malgré les transferts des partenaires internationaux et des expatriés (à eux deux 12,5 % du PIB en 2019), le compte courant devrait encore afficher un important déficit en 2020, principalement lié au déficit de la balance des biens (14 % du PIB en 2019). La baisse de ce déficit en 2019 a résulté notamment d’un recul des importations, plus marqué que celui des exportations, causé par la fermeture temporaire de la principale route reliant Bangui au Cameroun. La hausse du déficit courant en 2020, relevant principalement de la diminution prévue des transferts publics, devrait être limitée. Les prêts bonifiés des organismes internationaux, liés ou non à des projets, financeront le déficit courant. De plus, les réserves de change, mutualisées entre les pays de la CEMAC, ont commencé à se reconstituer, ce qui réduit le risque de crise de la balance des paiements.

 

Un contexte sécuritaire et politique tendu

Le président Faustin-Archange Touadéra est au pouvoir depuis les élections de 2015/2016 qui se sont déroulées après une longue période de guerre civile, marquée par la brève prise de pouvoir par la coalition rebelle Séléka et la fuite de l’ancien président François Bozizé en 2013. Les prochaines élections présidentielle et législatives se tiendront à partir de décembre 2020 et resteront focalisées sur l’enjeu sécuritaire. En effet, malgré un nouvel accord de paix signé en février 2019 entre le gouvernement et les différents groupes rebelles, qui a contribué à faire reculer la violence, la situation sécuritaire reste très dégradée. Les factions de l’ex-Séléka, groupe armé à majorité musulmane, et les anti-balaka, majoritairement chrétiens, continuent de s’affronter. De nombreux autres groupes armés profitent de cette instabilité pour tenter de s’imposer localement. Le nouvel accord de paix prévoit d’intégrer des représentants de groupes rebelles au sein du gouvernement et de permettre à l’armée nationale de reprendre le contrôle du territoire (70 à 80 % est aux mains des rebelles), en s’appuyant sur des unités composées de militaires issus de l’armée régulière et des groupes rebelles. Cependant, l’application de cet accord sera difficile et hautement incertaine. En juin 2019, le pays comptabilisait plus de 600 000 déplacés internes, soit environ 13 % de la population, et autant de réfugiés dans les pays voisins. La mission de paix de l’ONU, Minusca, semble ne pas disposer des moyens suffisants et enregistre des pertes dans ses rangs.

En raison de ce contexte instable, le climat des affaires restera mauvais. La République centrafricaine est l’un des pays les plus mal notés du classement Doing Business (184e place sur 190 pays).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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