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République centrafricaine

République centrafricaine

Population 4,7 millions
PIB par habitant 480 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,8 4,5 0,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,6 2,7 2,5 3,0
Solde public / PIB (%)* 0,4 1,4 -3,0 -0,6
Solde courant / PIB (%)** -7,9 -5,1 -6,0 -5,5
Dette publique / PIB (%) 48,8 47,8 47,0 45,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus **Coopération internationale incluse

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (coton, café), sylvicole et minier (diamant, or, uranium)
  • Importance du soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Extrême pauvreté (deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté)
  • Vulnérabilité de l’économie aux chocs externes
  • Faiblesse des infrastructures de transport et des capacités de production d’énergie
  • Enclavement géographique
  • Situation politique et sécuritaire instable (une grande partie du territoire est contrôlée par des groupes rebelles armés)

Appréciation du risque

La croissance devrait retrouver son niveau d’avant crise

La République Centrafricaine (RCA) n’a été que faiblement impactée en terme sanitaire par la pandémiede COVID-19. Sur le plan économique, la croissance de 2020 a été anémique, mais devrait, cependant, retrouver son niveau d’avant crise en 2021.

L’économie de la RCA est dépendante de ses exportations (19% du PIB) et donc de ses partenaires, particulièrement la France et la Chine (respectivement 33% et 13% des exportations totales en 2019). Ces pays, fortement impactés par la crise de la COVID-19-, ont vu leur demande se contracter, entraînant une baisse de leurs importations. La vente de diamants a été particulièrement impactée, au vue d’une moindre demande liée à la fermeture des ateliers de taille en Inde, de polissage en Israël, et l’arrêt de la certification en Belgique. De plus, la demande de bijoux a chuté en raison de la fermeture des bijouteries dans les pays confinés. Cependant, la demande de diamants devrait augmenter en 2021, le stock accumulé en 2020 être vendu et la production progresser. La production agricole (près de 40% du PIB) a également diminué en conséquence de la pandémie. En effet, les récoltes ont été moins fructueuses et la difficulté à se procurer des engrais a impacté la production. En 2021, la reprise du secteur agricole demeure très incertaine de par sa dépendance aux aléas climatiques et la timide reprise de la demande. Les exportations de bois (2/3 des exportations totales) ont largement diminué en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Ces dernières devraient reprendre en 2021 en raison d’investissements massifs du gouvernement dans ce secteur et d’une nécessité de reconstruire des infrastructures détruites par la guerre civile.

Cette méforme des exportations a creusé le déficit courant, qui a tout de même été atténué par le recul des importations, notamment la baisse du prix du pétrole et une moindre demande du côté des ménages. En effet, leur consommation a baissé en raison des distorsions du marché du travail causées par la COVID-19, alimentant l’incertitude sur le futur et les poussant à épargner. Ce déficit devrait se réduire en 2021, grâce à une reprise graduelle des exportations, mais resterait important. Les importations devraient aussi repartir, grâce à une légère hausse de l’emploi, qui stimulerait la consommation des ménages. De plus, les achats de biens d’équipement devraient reprendre rapidement, car le besoin de reconstruction est important. Enfin, suite à la COVID-19, le gouvernement pourrait massivement investir dans le système sanitaire. Par contre, la reprise des investissements privés reste incertaine, en raison de l’importante aversion au risque des entreprises et des incertitudes économiques liées à la crise.

 

Une importante dépendance à l’aide extérieure

Le gouvernement a rapidement adopté des mesures budgétaires afin de soutenir l’économie, les entreprises, notamment, par le biais d’un fonds destiné à prévenir les faillites d’entreprises et les pertes d’emplois, ainsi que les ménages les plus pauvres et les plus vulnérables. Le plan d’intervention face à la COVIDd-19 a été estimé à environ 268 millions de dollars (12% du PIB). En plus du soutien budgétaire, le plan comporte un rééchelonnement de prêts ainsi qu’une aide supplémentaire par le biais de l’OMS. Par ailleurs, la RCA reste très dépendante des financements extérieurs en raison d’un taux de prélèvement fiscal faible. Ces derniers lui permettent de limiter son déficit budgétaire, malgré des dépenses publiques élevées (17% du PIB en 2019). Dans le contexte de la crise sanitaire, l’Agence Française de développement, la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale, ainsi que l’UE ont délivré un appui budgétaire de plus de 400 millions de dollars (18% du PIB). Le FMI a également accordé deux prêts concessionnels dans le cadre de sa Facilité de crédit élargie approuvée en décembre 2019. Pour la dette extérieure, le G20 a accordé un délai pour le service de la dette.

 

Une situation politique et sécuritaire volatile

La situation politique et sécuritaire demeure très précaire en conséquence de la guerre civile qui a perduré jusqu’en 2016. Les élections de décembre 2020 ont opposé plusieurs partis, notamment celui de François Bozizé, président jusqu’en 2013, et celui de Faustin-Archange Touadéra ancien président. Ce dernier sort vainqueur des élections. Les élections se sont, une nouvelle fois, focalisées sur les enjeux sécuritaires, essentiels pour la reprise économique. En effet, malgré un nouvel accord de paix signé en février 2019 entre le gouvernement et les différents groupes rebelles, qui a contribué à faire reculer la violence, la situation sécuritaire reste très dégradée. Les factions de l’ex-Séléka, groupe armé à majorité musulmane, et les anti-balaka, majoritairement chrétiens, continuent de s’affronter. De nombreux autres groupes armés profitent de cette instabilité pour tenter de s’imposer localement. Des violences sporadiques continuent de se produire, particulièrement dans les provinces. Le nouvel accord de paix prévoit d’intégrer des représentants des rebelles au sein du gouvernement et de permettre à l’armée nationale de reprendre le contrôle du territoire (70 à 80 % est aux mains des rebelles), avec des unités composées de militaires issus de l’armée régulière et des groupes rebelles. Cependant, l’application de cet accord est incertaine, à tout le moins difficile. En juillet 2020, le pays comptabilisait plus de 680 000 déplacés internes, (13 % de la population), et presque autant de réfugiés dans les pays voisins. La mission de paix de l’ONU, Minusca, semble ne pas disposer des moyens suffisants et enregistre des pertes dans ses rangs.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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