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Sri Lanka

Sri Lanka

Population 21,4 millions
PIB par habitant 4 073 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,5 3,3 3,7 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,0 6,5 4,8 4,7
Solde public / PIB (%) -5,4 -5,5 -4,6 -4,0 
Solde courant / PIB (%) -2,1 -2,6 -2,9 -2,9
Dette publique / PIB (%) 79,6 79,1 78,0 77,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Production agricole diversifiée (thé, riz, noix de coco, caoutchouc)
  • Localisation stratégique au centre des routes commerciales entre l’Asie et le Moyen-Orient
  • Intérêts indien, chinois et japonais
  • Tourisme en forte croissance

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité de la production agricole aux désastres climatiques
  • Faibles dépenses publiques en capital du fait du lourd service de la dette
  • Vulnérabilité liée à la dépendance à l’égard des financements extérieurs de court terme
  • Manque d’infrastructures
  • Facteurs de tensions inter-ethniques entre Cinghalais et Tamouls

Appréciation du risque

Une crise politique qui pourrait fragiliser la reprise engagée

En 2019, le dynamisme de l’économie sri lankaise sera contraint par l’évolution de la crise politique en cours depuis octobre 2018. Principalement soutenue par l’activité dans le secteur des services, la croissance serait affectée par un maintien des incertitudes politiques en amont des élections générales prévues mi-2020. Le secteur touristique (11,6 % du PIB) serait le premier touché. Le secteur de la construction pourrait aussi souffrir de la suspension de différents projets d’infrastructures. En effet, le Japon et les États-Unis ont annoncé en novembre 2018 la suspension des financements (respectivement 1,4 et 0,5 milliards USD) pour des projets d’infrastructures, et ce jusqu’à la résolution complète de la crise. L’industrie manufacturière, notamment le textile et l’habillement, devrait continuer de bénéficier du système de préférences généralisées avec l’Union européenne (disparition des tarifs douaniers pour près de 1 200 produits sri-lankais dont différents produits textiles ainsi que le thé et les autres produits agricoles). Cependant, si la situation politique se détériorait à nouveau, une suspension de l’accord pourrait être envisagée par l’UE. L’agriculture (thé, caoutchouc, coco), dépendante des conditions climatiques, devrait connaître une croissance modérée. L’incertitude politique devrait peser sur la confiance des investisseurs alors que le pays peinait déjà à attirer des investissements étrangers. La consommation des ménages (62 % du PIB en 2017) devrait toutefois bénéficier du maintien de l’inflation dans la cible de la banque centrale (4-6 %). Cette dernière devrait continuer à mener une politique monétaire plus stricte (hausse de son taux directeur en novembre 2018) tout en augmentant le niveau de liquidité dans l’économie (baisse des réserves obligatoires pour les banques).

 

Une position extérieure fragile et des efforts de consolidation budgétaire potentiellement compromis

Engagé dans un processus d’assainissement de ses finances publiques sous l’égide du FMI, le gouvernement sri lankais a pris des mesures pour atteindre sa cible de 1 % de surplus primaire en 2018, avec l’entrée en vigueur du Inland Revenue Act en avril 2018 qui simplifie le système de taxation et rationalise les exemptions fiscales, pour accroître les recettes. Dans le cadre de l’accord FMI, le gouvernement projette un surplus primaire de 2 % en 2019. Toutefois, la crise politique pourrait compliquer l’atteinte de cet objectif. En effet, le conflit politique pourrait contraindre la mise en place des réformes et affecter la collecte des revenus fiscaux. Dans ce contexte, la soutenabilité de la dette publique reste compromise avec 4,2 milliards USD arrivant à échéance en 2019. Le conflit avec les créditeurs chinois fin 2017 a abouti à l’effacement d’un milliard USD de dette envers la Chine contre l’octroi du droit d’exploitation du port d’Hambatoa. Représentant près de 50 % de la dette publique, les emprunts en monnaies étrangères sont encore plus exposés, du fait de la fragile position extérieure du pays. En effet, mi-novembre 2018, la roupie avait déjà perdu plus de 15 % de sa valeur depuis janvier, reflétant les sorties de capitaux liées aux incertitudes politiques accrues. En 2019, la balance commerciale devrait être encore dans le rouge, avec un surplus des services qui reste inférieur au déficit des biens malgré la contraction des importations. Les remises des expatriés ne permettront pas d’équilibrer le solde courant. Le déficit ne sera pas compensé par les entrées de capitaux, obligeant à de nouveaux emprunts et à l’utilisation des réserves de change.

 

Le retour de la crise politique en amont des élections

La défaite de la coalition gouvernementale aux élections locales de février 2018 a exacerbé les tensions entre les deux partis qui la composent, respectivement dirigés par le président Maithripala Sirisena (Parti de la liberté) et le Premier ministre, Ranil Wickremesinghe (Parti national uni). Ces tensions ont déclenché une crise politique lorsque le président Sirisena a révoqué le Premier ministre Wickremesinghe le 26 octobre 2018, sans l’aval du Parlement. La désignation de Mahinda Rajapaksa (Front populaire sri lankais, vainqueur des élections locales de février 2018), président entre 2005 et 2015 et accusé de crimes de guerre contre la minorité tamoule en 2009, a achevé de mettre le feu aux poudres. Le nouveau gouvernement de Rajapaksa n’a pas obtenu la confiance du Parlement, encore majoritairement loyal à Wickremesinghe. Les tentatives du président de dissoudre le Parlement et d’organiser des élections anticipées dès janvier 2019 ont été déclarées inconstitutionnelles par la Cour suprême, qui a également déclaré le gouvernement de Rajapaksa illégitime après deux votes de défiance du Parlement. Suite à ces décisions de la Cour suprême, le président Sirisena a finalement rappelé Ranil Wickremesinghe au poste de premier ministre, mais les tensions restent extrêmement fortes entre les deux hommes. La situation restera très instable en amont des élections prévues début 2020, le parti de Ranil Wickremesinghe ne possédant pas une majorité suffisante au parlement pour mettre en place les réformes envisagées (majorité de 2/3 nécessaire). Cette crise politique sera un facteur de tensions dans les relations avec les pays occidentaux tandis qu’elle fournit une scène à la lutte d’influence régionale entre l’Inde et la Chine (favorable à M. Rajapaksa). Le risque d’une reprise des violences inter-ethniques ne peut pas être totalement exclu.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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