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Zambie

Zambie

Population 18,3 millions
PIB par habitant 1 318 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,0 1,4 -2,1 0,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,5 9,1 15,4 15,0
Solde public / PIB (%) -7,6 -9,1 -12,0 -10,0
Solde courant / PIB (%) -1,3 0,6 1,2 -0,4
Dette publique / PIB (%) 77,2 91,9 120,5 120,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Richesse minière (cuivre, cobalt, uranium, or, diamants, manganèse)
  • Richesse agricole (maïs, tabac)
  • Potentiel hydroélectrique majeur

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au cuivre, accentuée par la dépendance vis-à-vis de la Chine, principal importateur du minerai
  • Enclavement et dépendance aux voies de communication des pays voisins
  • Production d’électricité insuffisante reposant quasi exclusivement sur l’hydro-électricité, réseaux de transport défaillants
  • Fortes inégalités, carences sanitaires, éducatives et administratives
  • Défaut souverain en 2020 et endettement extérieur insoutenable

Appréciation du risque

La crise de la dette succède à celle consécutive à la pandémie

En 2020, la croissance a enregistré sa première année de récession depuis 1998, l’impact de la pandémie de COVID-19 aggravant une situation déjà défavorable. En 2021, la reprise sera molle, contrainte par la crise de la dette. Elle sera principalement impulsée par la consommation des ménages, bénéficiant d’un assouplissement des restrictions liées à la pandémie. Néanmoins, l’inflation élevée, qui sera entretenue par la dépréciation du kwacha et une hausse probable des prix de l’électricité, contiendra son rebond. Après qu’il a fait défaut sur sa dette en novembre 2020, il sera coupé d’une large partie de ces financements extérieurs. En leur absence, les politiques d’assainissement budgétaire devraient se ressentir sur la contribution de l’investissement et de la consommation publics. L’assèchement des crédits extérieurs constituera notamment un obstacle aux importations d’électricité. Le faible niveau d’eau du barrage hydroélectrique de Kariba, qui génère notamment de l’énergie pour la province riche en minéraux du Copperbelt, a déjà incité le ministre de l’énergie à avertir d’un rationnement de l’électricité jusqu’en mars 2021. Cette situation devrait toucher l’activité dans le secteur des mines. Ainsi, si les prix du cuivre (environ 70 % des exportations de biens) devraient être plus favorables en 2021, les volumes d’exportations pourraient, comme en 2019, souffrir de ces difficultés d’approvisionnement en électricité. En outre, avec une prudente reprise du tourisme, la contribution des échanges extérieurs sera probablement limitée. Une réputation ternie par le défaut souverain et par des amendements à l’environnement opérationnel, surtout dans le secteur minier, seront des obstacles à la contribution de l’investissement privé. En outre, la confiance des investisseurs et des consommateurs pourrait également être érodée par un climat social instable en année électoral.

 

Après le défaut, les défis budgétaires et extérieurs s’accumulent

Alors que le pays était déjà engagé sur une trajectoire d’endettement inquiétante, la crise consécutive à la pandémie a rendu le défaut inéluctable. Il est devenu officiel le 13 novembre 2020, 30 jours après le manquement de l’échéance de paiement d’un coupon de USD 42,5 millions de l’un de ses trois Eurobonds. Il fait suite à des déficits budgétaires chroniques, financés par de l’endettement extérieur non-concessionnel (plus de 75 % de la dette extérieure), composé également de prêts contractés auprès de la Chine et de prêts syndiqués. Le fardeau de la dette, libellée à 65 % en devises étrangères, a également été alourdi par la dépréciation du kwacha depuis près d’une décennie. Le pays devrait donc faire face à des difficultés pour obtenir des financements extérieurs, obligeant le gouvernement à réduire les dépenses, particulièrement ceux d’investissement en capital. Aussi, le déficit budgétaire devrait se réduire en 2021, mais restera élevé, alimenté par le coût de la dette. En effet, bien que bénéficiant de l’initiative du G20 de suspension du service de la dette, les charges relatives à celle-ci ne seront que marginalement allégées et absorberont plus de 40 % du budget d’après le budget 2021. Même si le gouvernement espère conclure des accords de restructuration, ils pourraient prendre du temps à prendre forme. Des progrès de ces négociations dépendront également la conclusion d’un accord avec le FMI. Dans ce contexte, le gouvernement, qui s’est engagé à ne pas contracter de nouveaux emprunts commerciaux extérieurs, devrait accroître l’emprunt domestique pour financer le déficit.

En 2021, après deux années consécutives d’excédent, le compte courant devrait redevenir déficitaire, dans le sillage d’une réduction de l’excédent commercial. Il subira un rebond des importations, après deux années consécutives de fort déclin, malgré un sursaut des exportations de cuivre. Certes, la reprise du tourisme devrait contribuer à réduire le déficit des services. Néanmoins, les paiements du service de la dette alimenteront le déficit du compte des revenus. La coopération internationale courante, suite au défaut, devrait baisser, limitant la contribution positive du compte des transferts. Les faibles flux de capitaux devraient également entraîner un déficit du compte financier et de capital, entretenant la fragilité de la position extérieure du pays. Les pressions resteront donc fortes sur les réserves de change (environ 2 mois de couverture d’importations) et le kwacha, qui s’est déprécié de plus de 30 % en 2020.

 

2021 : de nouvelles élections controversées ?

Elu dans la contestation en 2016, Edgar Lungu, issu du Front patriotique (PF) sera sans doute candidat à sa réélection en août 2021, en dépit des controverses entourant sa candidature. La Cour constitutionnelle a tranché en 2018 que l’intérim de 18 mois du président (2015-2016) suite au décès de Michael Sata ne constituait pas un premier mandat et qu’il pouvait donc se présenter sans dépasser la limite de deux mandats. Après deux années de déclin du revenu par habitant, probablement suivi d’une troisième en 2021, la crise de la dette, la prévalence de la pauvreté, la perception d’un virage autoritaire et les tensions entourant le rôle de la Chine dans le pays alimenteront la frustration sociale et pourrait éroder le soutien au PF et à Edgar Lungu. Alors qu’il avait tout juste obtenu un score au-dessus du seuil de 50 % pour éviter un second tour en 2016, le président pourrait cette fois y être confronté. Il pourrait y croiser le candidat du Parti uni pour le développement national (UPND), qui, comme en 2016, devrait constituer la principale opposition. Une victoire du président Lungu et du PF, aux élections législatives, rencontrerait probablement des contestations. La tentative, avortée en octobre 2020, d’une réforme constitutionnelle critiquée comme une tentative d’ancrer le pouvoir du PF et du président, annonce déjà un processus électoral controversé. Les menaces de retrait de la licence d’exploitation minière de Glencore en avril 2020 ont de nouveau signalé aux opérateurs une détérioration du climat des affaires. En 2021, la santé précaire des finances publiques pourrait également pousser le gouvernement à augmenter les taxes minières, incommodant d’autant plus les opérateurs du secteur.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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