Libéria

Afrique

PIB / Habitant ($)
749,2 $
Population (en 2021)
5,3 Millions

Evaluation

Risque Pays
D
Climat des affaires
D
Précédemment :
D
Précédemment :
D

suggestions

Résumé

Points forts

  • Diversité des ressources naturelles (caoutchouc, fer, or, diamant, pétrole)
  • Solidité du secteur agricole (30% du PIB) et du secteur forestier (11% du PIB)
  • Soutien financier de la communauté internationale
  • Bénéficiaire de larges transferts de fonds d’expatriés (25% du PIB, soit le 5ème principal récipiendaire du monde)
  • Membre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Points faibles

  • Infrastructures déficientes
  • Dépendance aux cours des matières premières
  • Pauvreté et chômage importants, systèmes d’éducation et de santé défaillants
  • Récente épidémie d’Ebola, réapparition possible
  • Démocratie récente et fragile, forte corruption
  • Environnement des affaires difficile

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Suisse
68%
États-Unis d'Amérique
15%
Europe
13%
Émirats arabes unis
2%
Singapour
1%

Import des biens en % du total

Côte d'Ivoire 26 %
26%
Inde 16 %
16%
Chine 15 %
15%
Europe 8 %
8%
États-Unis d'Amérique 4 %
4%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Une reprise est en cours mais reste fragile

Depuis l'épidémie d'Ebola en 2014, la croissance du pays est volatile. Après avoir été négative pendant deux années consécutives, notamment en raison de l'impact de la pandémie de COVID-19 en 2020, la croissance est revenue en territoire positif en 2021 et s'est consolidée en 2022. En 2023, malgré le rythme relativement lent de la campagne de vaccination (en septembre 2022, seuls 46% de la population étaient entièrement vaccinés), la reprise s'intensifiera. Elle sera tirée par la demande extérieure de produits issus de la sylviculture, de l'agriculture (caoutchouc, hévéa, cacao, huile de palme) et surtout de l'exploitation minière (fer, or et diamants). Avec des prix en hausse pour ces exportations en 2022 et qui devraient baisser mais rester élevés en 2023, le commerce du pays devrait en bénéficier.

La consommation continuera à rebondir en 2022 également, mais la hausse de l'inflation et la menace récurrente de pénurie de billets de banque feront probablement pression sur sa contribution. La consommation sera en outre soutenue par les flux de remises en provenance de l'étranger, mais aussi par l'amélioration de la campagne de vaccination du pays, après avoir précédemment reçu 300 000 doses des États-Unis en 2021, ainsi que par l'aide financière chinoise et française. Les investissements privés devraient s'améliorer, principalement grâce à un nouvel accord de 25 ans conclu avec ArcelorMittal en septembre 2021 approuvant une extension de 800 millions de dollars de l'accord de développement minier signé en 2005. L'accord couvre l'expansion de la mine, de l'usine de traitement, des installations ferroviaires et portuaires. À partir de 2023, il pourrait permettre la livraison annuelle de 15 à 30 millions de tonnes de minerai de fer, contre cinq millions de tonnes auparavant. L'investissement public dans les infrastructures (notamment les transports et l'électrification) devrait poursuivre sa lente reprise post-pandémique.

L'inflation a accéléré en 2022 et restera élevée en 2023, interrompant la tendance désinflationniste amorcée en 2021. Les prix élevés des matières premières devraient continuer à alimenter les pressions inflationnistes, malgré l'orientation monétaire restrictive (taux directeur de la banque centrale à 20%).

Des déficits financés par l'aide extérieure

Principalement grevé par un important déficit commercial, le déficit du compte courant restera très élevé, mais relativement stable. En 2022, les prix des produits d'exportation, principalement les produits agricoles et miniers, devraient rester élevés, tout comme les prix des produits importés, notamment le pétrole, maintenant le déficit à un niveau relativement similaire. Le déficit commercial sera partiellement atténué par un excédent du compte de transfert, grâce aux envois de fonds des expatriés et à l'aide étrangère. Les services, et dans une moindre mesure le compte des revenus primaires, seront déficitaires, face au rapatriement croissant des bénéfices par les entreprises étrangères. Le déficit de la balance courante sera financé en partie par les IDE (8% du PIB), mais surtout par des prêts multilatéraux concessionnels. Les réserves de change sont précaires et devraient fluctuer autour de 3 mois d'importations. La volatilité du taux de change est attendue : après sa récente appréciation, une dépréciation devrait suivre, et les réserves seront insuffisantes pour compresser les fluctuations.

Malgré la hausse des recettes minières, le déficit public restera important en 2022 et 2023, en raison de la nécessité de subventionner partiellement les ménages pour la hausse des dépenses de subsistance. Les effets de la stratégie de récupération des ressources intérieures, qui vise à augmenter les recettes budgétaires et à minimiser les pertes fiscales, ne se feront pas sentir avant 2023, lorsque l'inflation diminuera. Dans le cadre de la FEC du FMI, le pays s'est également engagé à respecter les règles d'endettement, qui comprennent une réduction des emprunts intérieurs auprès de la Banque centrale du Liberia (CBL). Néanmoins, des emprunts supplémentaires seront émis pour financer en partie les dépenses supplémentaires. La dette publique restera élevée, mais elle devrait encore diminuer en 2022. La part externe de la dette se taille la part du lion (70 % du total) et est presque exclusivement multilatérale et concessionnelle, ce qui réduit le risque de surendettement.

La pandémie fragilise l’administration de George Weah

L’élection de l’ex-footballeur George Weah, en 2017, représente la première transition démocratique et pacifique, dans un pays marqué par deux guerres civiles successives (1990-1997 et 1999-2003). Au travers de son programme Pro-Poor Agenda for Prosperity and Development (PAPD), le Président Weah a affirmé sa volonté de remédier au manque d’infrastructure, de réduire la pauvreté, de promouvoir l’accès aux services publics de base, ou encore de lutter contre la corruption. Néanmoins, la gestion critiquée de la crise de la COVID-19, (nombreuses mesures de confinement, faiblesse de l’offre sanitaire…), ainsi que des affaires de corruption et des troubles sociaux liés au contexte de pauvreté et de chômage de masse, aggravé par l’inflation importée croissante dans le secteur alimentaire et énergétique, pèsent sur la popularité du Président.

La stabilité politique et sociale pourrait bien être mise à l’épreuve à l’approche des élections présidentielles prévues en octobre 2023 en causes de multiples critiques à l’encontre de l’administration de George Weah. Malgré la persistance des tensions sociales, l’absence d’une opposition significative suite à la dissolution de la principale alliance d’opposition (la Collaboration des partis poilitiques) en février 2022, devrait conforter la réélection du Congrès pour le changement démocratique (CDC) mené par George Weah.

Dernière mise à jour :septembre 2022

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