Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Azerbaijan

Azerbaijan

Population 9,9 millions
PIB par habitant 4722 $US
B
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 0,1 1,0 2,7 -2,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 12,8 2,3 2,8 3,0
Solde public * / PIB (%) -1,4 5,6 5,3 3,2
Solde courant / PIB (%) 4,1 12,9 9,7 10,0
Dette publique / PIB (%) 53,2 48,4 51,5 47,8

 (e) : Estimation. (p) : Prévision. * Incluant les transferts du SOFAZ.

POINTS FORTS

  • Fonds souverain bien doté
  • Potentiel gazier significatif en mer Caspienne, perspectives d’exportation vers l’Europe via la Turquie
  • Position stratégique entre l’Europe et la Chine
  • Améliorations institutionnelles (fiscalité des PME, régulation crédit), recul de la petite corruption (e-gouvernement)

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux hydrocarbures, production pétrolière en déclin ; économie peu diversifiée
  • Risque d’escalade du conflit avec l’Arménie
  • Problèmes de gouvernance (corruption, répression, blanchissement offshore)
  • Structures de marché anticoncurrentielles
  • Lacunes en capital humain (éducation, santé)
  • Fragilités du secteur bancaire (dollarisation, faible profitabilité, opacité)

Appréciation du risque

Croissance modérée en l’absence de diversification hors hydrocarbures

En 2020, la croissance de l’Azerbaïdjan continuera d’être soutenue par les exportations d’hydrocarbures malgré la baisse attendue des prix du pétrole. La croissance de la production gazière, liée à la mise en exploitation du champ de Shah Deniz II, a été exceptionnelle, compensant partiellement la baisse de la production et des prix du pétrole. La substitution du gaz au pétrole devrait se poursuivre avec le lancement de la plateforme d’Absheron vers 2021. L’achèvement du gazoduc TANAP a permis de démarrer les livraisons de gaz en Europe, et le gazoduc Trans-adriatique les étendra à l’Italie en 2020. Dans la construction, les perspectives sont plus ternes : les taux d’emprunt immobilier élevés, un marché du logement saturé par une offre abondante, l’achèvement des grands projets (relogement des réfugiés notamment), laissent entrevoir un ralentissement. Malgré les efforts de diversification engagés, la croissance du secteur non pétrolier et gazier est limitée à l’agriculture et au tourisme, et repose sur diverses subventions et mesures incitatives.

La consommation privée a bénéficié des mesures de résolution des prêts non performants et des hausses répétées du salaire minimum, des retraites et des salaires du secteur public (+40 %). Cela a permis une réorientation vers l’activité intérieure et non pétrolière, mais pèsera négativement sur l’inflation et les finances publiques. Le secteur bancaire a été assaini : les banques ont renoué avec le profit, sont mieux capitalisées et le taux de prêts non performants poursuit sa réduction (environ 10,9 %) – soutenue par le décret présidentiel destiné aux débiteurs touchés par la dévaluation. La dollarisation des dépôts reste importante. L’inflation est restée sous contrôle en 2019 et devrait rester modérée en 2020 : les pressions inflationnistes seront compensées par des prix alimentaires modérés. Ainsi, la banque centrale devrait poursuivre son assouplissement monétaire, contribuant au dynamisme du crédit déjà constaté en 2019.

 

Surplus courant et public grâce aux hydrocarbures

Les finances publiques de l’Azerbaïdjan sont devenues plus transparentes, grâce à une règle budgétaire requérant d’améliorer le solde primaire hors-hydrocarbures tous les ans, en maintenant la hausse des dépenses sous les 3 %. D’après le budget 2020, les revenus non-pétroliers de l’État devraient croître de 11,3 %, permettant une hausse des dépenses accompagnée d’une réduction du déficit primaire hors-hydrocarbures (31,1 % du PIB en 2019). La dépense soutiendra la croissance, tout en pesant sur l’inflation, tandis que les efforts budgétaires assureront une réduction de la dette sur les années à venir. Les entreprises publiques, pèsent sur les finances publiques via les renflouements requis et l’endettement garanti par l’État. Elles occupent des secteurs clés et malgré les intentions affichées, aucune liste de privatisation n’a encore émergé.

Le solde courant est fortement excédentaire, grâce aux exportations d’hydrocarbures (95 % du total) qui, malgré leur baisse, permettent de financer entièrement les importations, ainsi que les déficits des services et des revenus primaires. Les exportations hors hydrocarbures se sont légèrement améliorées, mais conservent une base étroite (aluminium, fruits et légumes). L’excédent courant pourra être maintenu malgré des prix du pétrole plus bas en 2020. Les réserves se reconstituent lentement et permettront de maintenir la fixité du change, qui malgré sa surévaluation, est vue comme essentielle à la stabilité macroéconomique et à l’ancrage de l’inflation, et devrait donc rester une entrave à la diversification économique en 2020. Le pays peine à attirer les IDE, en baisse constante depuis 2014 et centrés sur le secteur des hydrocarbures (86,2 % au S1 2019).

 

Des élans de réforme freinés par la remontée des cours

Le président Aliyev a été réélu pour un quatrième mandat en 2018. Héritier de son père, déjà président de la RSS d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev mène une ligne politique fortement répressive et a quasiment supprimé l’opposition. Le parlement joue un rôle secondaire face à l’exécutif. Le climat des affaires est marqué par la corruption et l’application discrétionnaire de la loi. Le modèle concurrentiel choisi par l’Azerbaïdjan mise sur de grands conglomérats multi sectoriels –très liés à l’Etat- permet la prédation des opportunités par les acteurs établis, et laisse peu de place aux nouveaux entrants. Ce monolithisme apparent cache quelques évolutions : la crise pétrolière a donné une impulsion réformatrice au pays et le gouvernement voit arriver une nouvelle génération de décideurs, les « Pasha boys », plus influencés par les méthodes occidentales de gestion. La récente dissolution du parlement et le remaniement du cabinet des ministres sont symptomatiques de cette tendance. Les prochaines élections parlementaires se tiendront le 9 février, et devraient être plus ouvertes que d’ordinaire. La petite corruption a reculé grâce à la mise en place des services numériques d’Etat, une politique de soutien aux TPE-PME, incluant des avantages fiscaux, est menée, et d’importantes réformes de la régulation bancaire sont en cours.

Cerné de voisins sous sanctions (Turquie, Iran, Russie), l’Azerbaïdjan cherche à se positionner comme un hub logistique sur les axes Nord-Sud et transcaucasien, dont les bienfaits tardent à se matérialiser, tout en essayant de se rapprocher de l’Union européenne. Enfin, si le risque de conflit avec l’Arménie est contenu par l’influence des grands voisins, la rhétorique des deux parties reste violente et un dénouement pacifique n’est pas en vue.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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