Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Azerbaijan

Azerbaijan

Population 9,8 millions
PIB par habitant 4141 $US
B
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) -3,1 0,1 1,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 12,4 13,0 3,5 3,5
Solde public / PIB (%) * -1,2 -1,5 3,7 1,2
Solde courant / PIB (%) -3,6 4,0 6,6 8,1
Dette publique / PIB (%) 50,7 54,1 48,4 46,0

 (e) : Estimation. (p) : Prévision. * Incluant les transferts du SOFAZ.

POINTS FORTS

  • Fonds souverain bien doté grâce à la production d’hydrocarbures
  • Potentiel gazier important en mer Caspienne
  • Perspective accrue d’exportation de gaz vers la Turquie, puis l’Europe
  • Maillon de la liaison entre la Chine et l’Europe ; développement de couloirs ferroviaires avec l’Iran, la Turquie et la Géorgie
  • Environnement des affaires favorable (25e au Doing Business 2019)

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux hydrocarbures et secteur non pétrolier limité
  • Baisse de la production pétrolière (1/4 sur les six dernières années)
  • Faiblesse du système bancaire
  • Risque d’aggravation du conflit armé avec l’Arménie
  • Gouvernance déficiente (corruption, répression, blanchiment offshore)

Appréciation du risque

Dépendance aux hydrocarbures, mais des efforts de diversification

La croissance, conditionnée à la performance du secteur des hydrocarbures (44 % du PIB et 76 % de la production industrielle), devrait profiter des prix élevés du pétrole et du développement de la production gazière. En 2019, le pays devrait, aussi, être récompensé de ses efforts de diversification avec une expansion de plus de 3 % de son économie hors pétrole et gaz. La hausse des revenus qui en découlera devrait impacter positivement les ménages dont la consommation (52 % du PIB) restera dynamique. L’investissement public (2/3 du total) sera dirigé vers le secteur des énergies (champ gazier Shah Deniz en Caspienne et achèvement du gazoduc Trans anatolien TANAP) et la diversification de l’économie (coton, tourisme, fruits et légumes, et automobile, avec Iran Khodro), la conjoncture favorable permettant des dépenses publiques importantes grâce à l’augmentation des recettes. Le redémarrage du crédit devrait permettre aussi une croissance de l’investissement privé, qui restera principalement étranger (IDE). La contribution des échanges à la croissance devrait être légèrement négative. Les exportations supplémentaires de gaz ne compenseront qu’en partie la diminution de celles de pétrole due à l’épuisement des puits, mais qui, ensemble, resteront le principal poste (90 %). Les importations progresseront plus rapidement du fait de la meilleure orientation de la consommation et de l’investissement.

Surplus courant et public grâce aux hydrocarbures

Les transferts du SOFAZ (fonds souverain pétrolier) feront plus que couvrir le déficit initial prévu de 2,5 % du PIB. La croissance des recettes depuis 2016, d’abord grâce au développement du secteur non pétrolier, puis grâce à la remontée des prix des hydrocarbures (57 % des recettes budgétaires) et à l’essor de la production de gaz, devrait ralentir (3 % de hausse). Dans ce contexte, une nouvelle règle budgétaire destinée à réduire la dépendance au cycle pétrolier par la maîtrise des dépenses quand le cours est élevé (le gouvernement a fixé 60 USD, 5 de plus qu’en 2018, comme seuil au-delà duquel les recettes supplémentaires peuvent être dépensées), a été adoptée. Malgré tout, les dépenses conserveront leur croissance élevée en 2019 (15 %), notamment celles d’investissement. Elles représenteront un tiers des dépenses totales, les dépenses courantes connaissant une hausse moins marquée (inférieure à 6 %). Alourdie par l’aide apportée aux entreprises publiques en difficulté à la suite de fortes dévaluations (notamment l’International Bank of Azerbaïdjan), la dette publique devrait s’alléger, mais sa grande sensibilité aux chocs extérieurs (chute du cours des hydrocarbures, dépréciation) et les garanties accordées par l’Etat la rendent vulnérable. Les difficultés d’IBA ne sont pas uniques dans le secteur bancaire qui voit encore la fermeture de nombreux établissements, des actifs non performants (25 %), et une faible rentabilité. On assistera, malgré tout, à un léger rebond du crédit : les banques, dont les dépôts sont à 80 % en dollars, ne sont disposées qu’à prêter dans cette devise, afin de se prémunir contre le risque de change. Dans ces conditions, les emprunteurs préfèrent recourir au crédit informel, même si les taux y sont usuraires. La politique de baisse des taux entamée par la banque centrale (de 15 à 9,75 %) en 2018 pourrait se poursuivre, mais se resserra en cas de pression sur le taux de change, la stabilité de la monnaie étant son principal objectif.

Le compte courant devrait être encore largement positif grâce au surplus commercial structurel (20 % du PIB) lié aux hydrocarbures, malgré le maintien du déficit des services (8 %) et de celui des revenus (6,5 %, en amélioration), contreparties à la présence d’entreprises étrangères dans le secteur des hydrocarbures. Les réserves de la banque centrale étant tombées à l’équivalent de quatre mois d’importations depuis plusieurs années, le SOFAZ fournit à la banque centrale (45 milliards USD de réserves à eux deux fin 2018, soit une hausse de 9 % en un an) de quoi s’acquitter du service de la dette extérieure de la société en charge du TANAP et de la société nationale des hydrocarbures (SOCAR). La dette extérieure totale du pays représente 45 % du PIB dont la moitié est publique.

Un pouvoir bien établi

Le président Aliyev a été réélu pour un quatrième mandat en avril 2018 avec 86 % des voix, lors d’un scrutin marqué par des irrégularités et le boycott de l’opposition, cette fois pour sept ans. Il a renommé son épouse à la vice-présidence. Le Parlement, dominé par le parti du président (YAP), joue un rôle secondaire face à l’exécutif. Avec le retour de la croissance et malgré les profondes inégalités, la stabilité devrait perdurer. L’opposition politique est faible et les autorités n’hésitent pas à manier la répression. Malgré quelques progrès, la gouvernance (classement Banque Mondiale) reste médiocre. Un recul est même observé en matière de libertés, ce qui ne facilite pas les relations avec l’UE. En revanche, le pays connaît une ascension fulgurante en termes d’environnement des affaires avec une hausse de 40 places au classement Doing Business. Enfin, le risque d’emballement de la confrontation armée avec l’Arménie au sujet du Haut-Karabakh et d’autres territoires azéris adjacents occupés par des forces arméniennes est contenu par la forte influence conjointe de la Russie, de la Turquie et de l’Iran exercée sur la région. Cependant, la situation au Nakhitchevan, enclave azérie coincée entre l’Arménie et l’Iran, qui semblait plus calme, a connu un regain d’activité militaire azérie coïncidant avec les bouleversements politiques en Arménie.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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