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Azerbaijan

Azerbaijan

Population 10,1 millions
PIB par habitant 4 232 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 2,2 -4,3 3,0 2,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,7 2,8 4,5 3,3
Solde public / PIB (%)* -0,3 -2,4 -1,2 -0,8
Solde courant / PIB (%) 9,1 -0,5 7,8 7,7
Dette publique / PIB (%) 17,7 39,1 34,8 33,5

(e) : Estimation (p) : Prévision *Incluant les transferts du SOFAZ

POINTS FORTS

  • Fonds souverain bien doté grâce à la production d’hydrocarbures et à la position de créancier extérieur net de l’État
  • Potentiel gazier important dans la mer Caspienne
  • Lancement des exportations de gaz vers l’Europe via la Turquie et la Grèce fin 2020
  • Position stratégique entre l’Europe, la Russie et la Chine
  • Quelques améliorations institutionnelles (sécurité juridique, réduction de la petite corruption)

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification économique, forte dépendance aux hydrocarbures (50 % du PIB, 90 % des exportations et deux tiers des recettes fiscales), diminution des ressources pétrolières
  • Structures de marché anticoncurrentielles (conglomérats multisectoriels ayant des liens étroits avec l’État)
  • Système bancaire fragile, opaque et dollarisé (30 % des prêts et 45 % des dépôts), crédit au secteur privé sous-développé (26 % du PIB)
  • Mauvaise gouvernance (corruption, répression, blanchiment d’argent, politisation du système judiciaire)
  • Conflit armé avec l’Arménie autour de l’enclave du Haut-Karabakh qui peut donner lieu à des affrontements occasionnels, même après le cessez-le-feu du 9 novembre 2020
  • Faible croissance démographique et vieillissement de la population

Appréciation du risque

Contexte régional tendu

Le 27 septembre 2020 a marqué la résurgence du conflit armé qui oppose l’Arménie et l’Azerbaïdjan depuis trente ans dans le Haut-Karabakh. Cette confrontation a été la plus meurtrière depuis la guerre de 1994, qui a conduit à la proclamation de l’indépendance de cette enclave qui, bien qu’internationalement reconnue comme territoire azerbaïdjanais, était à la fin de la guerre peuplée d’Arméniens et sous le contrôle de forces soutenues par l’Arménie. Après plusieurs tentatives infructueuses, un cessez-le-feu a été conclu le 9 novembre 2020 sous l’égide de la Russie, entraînant la fin des hostilités et rétablissant le contrôle de l’Azerbaïdjan sur la majorité des territoires du Haut-Karabakh. Bien que les deux parties puissent respecter l’accord à court terme, le risque d’affrontements occasionnels ne peut être exclu. En effet, l’Azerbaïdjan est soutenu par la Turquie et Israël, tandis que l’Arménie l’est par l’Iran et la Russie, malgré la position d’arbitre de cette dernière. Une recrudescence des frictions est intervenue début septembre 2021 dans le sillage d’un exercice militaire entre l'Azerbaïdjan, la Turquie et le Pakistan, suivi par des exercices navals azéris et turcs en mer Caspienne. Dans les mêmes temps, les autorités azerbaïdjanaises ont commencé à taxer les camions commerciaux iraniens sur la principale route reliant l'Arménie à l'Iran, perturbant leurs échanges commerciaux.

 

Sur le plan politique, la reprise du contrôle sur le Haut-Karabakh a été fortement soutenue par l’opinion publique azerbaïdjanaise, permettant au président Aliyev, réélu en avril 2018 lors d’une élection qui n’était ni libre ni équitable, de consolider son régime. C’est aussi dans cet esprit que, sous couvert de pandémie, Aliyev a intensifié la répression de l’opposition et des anciens hauts fonctionnaires ayant servi sous ses quatre précédents mandats et ceux de son père qui l’avait précédé. Depuis 2017, ces derniers ont été remplacés à des postes clés par des membres de la nouvelle garde, plus jeunes, influencés par les méthodes de gestion occidentales et proches de la famille de la première dame et vice-présidente. Avec le pouvoir concentré entre les mains du président, son parti, le Parti du nouvel Azerbaïdjan (YAP) a remporté les élections législatives de février 2020.

 

Une croissance soutenue par la consommation privée et l’énergie

Après une entrée en récession en 2020, la croissance de l’Azerbaïdjan a connu un rebond en 2021, qui se maintiendra en 2022. Cette croissance plus robuste provient, premièrement, de celle, forte, de la consommation privée (55% du PIB) grâce à un allègement des restrictions liées à la crise sanitaire et au processus de vaccination qui progresse (passeport sanitaire entré en vigueur en septembre 2021). Deuxièmement, l’augmentation des prix mondiaux et de la production d’hydrocarbures soutiendront, en valeur et en volume, la hausse des exportations (44% du PIB) en 2022. En juillet 2021, les pays de l’OPEC+ ont abouti à un accord qui vise à augmenter la production de 400.000 barils par jour, chaque mois, à partir d’août 2021. Les exportations de gaz, elles, seront soutenues par le gazoduc Trans-adriatique (TAP), mis en service en 2020. Au total, la production de pétrole et de gaz du pays devrait atteindre 746.000 barils par jour en 2022 (contre 565.000 barils en 2020). Par conséquent, la balance commerciale contribuera positivement à la croissance. L’investissement global (20% du PIB) qui se fait majoritairement dans les hydrocarbures devrait se maintenir et les IDE nets devraient se redresser pour atteindre une moyenne de 1,7 % du PIB en 2021-2022.

 

La reprise de la demande intérieure, ainsi que la flambée des prix mondiaux des denrées alimentaires et du pétrole ont pesé sur l’inflation, qui s’est accélérée en 2021. Bien qu'elle ait été légèrement supérieure à l'objectif de 4 % fixé par la Banque centrale d'Azerbaïdjan (CBA), ce chiffre se situe bien dans le corridor d'inflation de ±2 %. Le 17 décembre 2021, la banque centrale a augmenté son principal taux directeur de 25 points de base pour le porter à 7,25 % en réponse à la hausse de l'inflation. En 2022, l'inflation devrait s’assagir, car les termes de l'échange s'amélioreront, réduisant les pressions sur les prix importés.

 

Des comptes publics et extérieurs retrouvant leur niveau d’avant-crise

La balance courante a retrouvé un excédent important dès 2021, car à l’augmentation de la demande et des prix des hydrocarbures, s’est ajoutée la reprise des envois de fonds des expatriés (3% du PIB).

 

Après avoir été suspendue en 2020, la règle budgétaire a été rétablie en janvier 2022. Amendée en 2018, elle prévoit une limite de la croissance des dépenses budgétaires à 3% d’une année sur l’autre et la réduction du déficit primaire non pétrolier. Ce rétablissement implique également un objectif d’endettement, et une baisse annuelle de 0.2 milliard USD du transfert du SOFAZ (State Oil Fund of Azerbaijan) au budget. Cela signifie que des augmentations des recettes publiques et la réduction des dépenses seront probablement nécessaires pour réduire le déficit dès 2022.

Les réserves de change du SOFAZ (7,3 milliards USD au deuxième trimestre 2021 avec celles de la banque centrale, soit 7 mois de couverture des importations) peuvent, à la fois, financer ce déficit, rembourser la dette extérieure, et maintenir la fixité du manat, sous pression, considéré comme surévalué. En effet, SOFAZ a vendu 4,3 milliards de dollars aux enchères entre janvier et septembre 2021. Les actifs du fonds souverain SOFAZ s'élèvent à plus de 43,6 milliards de dollars (environ 90 % du PIB), ce qui est suffisant pour soutenir le secteur bancaire en difficulté. Ce dernier est en légère amélioration avec un ratio Tier 1 de 22%, et un ratio de prêts non performants tombé à 6,2% à la fin du premier trimestre 2021.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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