Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Burkina Faso

Burkina Faso

Population 19,2 millions
PIB par habitant 655 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 5,9 6,4 6,0 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,2 0,4 1,3 2,0
Solde public * / PIB (%) -3,4 -7,7 -5,0 -3,1
Solde courant / PIB (%) -7,1 -7,9 -8,6 -7,5
Dette publique / PIB (%) 38,3 38,3 41,0 41,3

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Producteur majeur d’or (4e d’Afrique en 2017) et de coton (2e d’Afrique en 2018)
  • Membre de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (ce qui assure la stabilité du franc CFA, fixe par rapport à l’euro)
  • Soutien de la communauté financière internationale (un des premiers pays à avoir bénéficié de l’initiative PPTE)

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement exposée aux aléas climatiques
  • Importance du secteur informel
  • Vulnérabilité à l’évolution des cours du coton et de l’or
  • Forte dépendance à l’aide extérieure
  • Faiblesse des infrastructures électriques
  • Pression démographique, taux de pauvreté très élevé, indice de développement humain très faible

Appréciation du risque

L’investissement public dope une croissance aux facteurs peu diversifiés

La troisième année d’exécution du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) devrait favoriser le dynamisme de la croissance en 2019 par le canal de l’investissement public, visant à pallier le déficit infrastructurel. Le secteur aurifère, autre moteur économique du pays (12 % du PIB et plus de 60 % des exportations), connaîtra une hausse de sa production en 2019 grâce, notamment, à l’entrée en production commerciale de la mine de Boungou en septembre 2018. Largement financé et exploité par des investisseurs privés étrangers (le canadien SEMAFO pour Boungou), le secteur pourrait, cependant, pâtir du contexte sécuritaire fragile (enlèvements fréquents dans les mines), ainsi que des éventuelles fluctuations du cours de l’or en 2019. La production de coton (deuxième poste d’exportations) devrait croître d’environ un tiers (soit 200 mille tonnes) après une année 2018 qui a vu le pays perdre son statut de premier producteur africain (au profit du Mali) à cause de conditions météorologiques difficiles. Le secteur devrait profiter d’une hausse des prix résultant de la baisse de la production et de la hausse de la demande mondiale, ainsi que de la qualité de la fibre de son coton (sans OGM). Les investissements du PNDES visent aussi à développer les secteurs de l’agroalimentaire et du textile dans le but de faire évoluer l’économie du pays, principalement axée sur la production, vers la transformation des matières premières agricoles, avec un objectif de 25 % de transformation en 2020. Dans cette optique, l’usine de transformation artisanale du coton à Bobo-Dioulasso devrait voir le jour en 2020, grâce à la mobilisation d’un PPP. Ce mode de financement répond au souhait du gouvernement d’augmenter la contribution de l’investissement privé à la croissance en 2019. La hausse des revenus agricoles (80 % de la population active) ainsi que le contrôle de l’inflation devraient permettre à la consommation privée, qui pèse plus de la moitié du PIB, de croître.

La volonté d’assainissement des comptes publics à l’épreuve des risques conjoncturels

Le déficit budgétaire devrait continuer de se réduire en 2019 afin de se rapprocher des critères de convergence de l’UEMOA, qui fixe un maximum de 3 %. La légère hausse du montant des recettes fiscale résultera notamment de l’augmentation de certaines taxes (tabac, boisson), du rehaussement du taux de pression fiscale à 20,2 % présenté dans le budget et de la mise en place de moyens de collecte plus efficaces. Cependant, l’importance des dépenses d’investissement et des dépenses courantes liées à la situation conjoncturelle (lutte contre le terrorisme, crise sociale) engendre un fort niveau de dépenses publiques (environ 28 % du PIB, estimations du FMI pour 2019) malgré une légère baisse prévue, mettant en danger le respect des engagements budgétaires.

L’augmentation de la production aurifère et cotonnière, ainsi que la hausse du prix de ce dernier devrait compenser la hausse des prix du pétrole (15 % des importations) conduisant à la réduction du déficit commercial, très dépendant du cours des matières premières. Parallèlement, le déficit des services (-7,2 % du PIB en 2017) et les transferts des expatriés (3,5 %) devraient se maintenir à des niveaux sensiblement similaires à ceux de 2018. On devrait donc assister à une légère amélioration du déficit courant, qui sera en partie financé par la facilité élargie de crédit de 135 millions d'euros, octroyée en mars 2018 par le FMI. L’amélioration du compte courant et l’augmentation des dons devraient permettre une légère réduction de la dette publique externe (24 % du PIB).

Un contexte sécuritaire fragile et une situation sociale tendue

La sécurité restera le principal défi auquel devront faire face le président Roch Marc Christian Kaboré et son gouvernement en 2019. L’année 2018 a vu une recrudescence des attentats des terroristes islamistes, dont celui de Ouagadougou le 2 mars, qui a fait 30 morts. La lente mise en place de la force G5 Sahel et sa difficulté de financement ne laissent pas penser à une résolution des troubles en 2019. En 2017, le gouvernement a lancé le Plan d’Urgence au Sahel, qui va s’étendre jusqu’en 2020. L’objectif de ce programme, coûtant environ 700 millions d'euros, est d’apporter une réponse sociale, en développant les infrastructures publiques (écoles, administration, etc.) dans les régions touchées par le terrorisme, qui sont les plus pauvres. Par ailleurs, le pays a lancé un nouveau comité de pilotage et de suivi de l’environnement des affaires pour améliorer les mauvaises performances (151e au Doing Business, perte de trois places par rapport à 2018) et dont le gouvernement espère voir les premières retombées dès 2019.

Avec cette conjoncture hostile, le référendum constitutionnel de mars 2019, qui comprend un amendement visant à limiter la fonction présidentielle à deux mandats consécutifs (10 ans au total), constituera un test grandeur nature pour l’exécutif à l’approche des prochaines présidentielles de 2020, où le président Kaboré sera candidat à sa propre succession. Par ailleurs, en mai 2018, le pays a définitivement rompu ses liens diplomatiques avec un allié historique : Taïwan. Par conséquent, la Chine a rouvert son ambassade à Ouagadougou, fermée depuis 24 ans. Cela augure une augmentation des relations « politiques, diplomatiques et économiques » d’après le ministre des Affaires étrangères, à commencer par une hausse des échanges commerciaux et le déblocage du financement de la force G5 Sahel.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

Haut de page