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Burundi

Burundi

Population 11,9 millions
PIB par habitant 256 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 1,8 0,3 2,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,7 7,3 4,5 3,5
Solde public / PIB (%)* 8,7 -10,0 -9,0 -8,0
Solde courant / PIB (%) -11,7 -14,7 -15,7 -15,0
Dette publique / PIB (%)** 60,1 69,5 75,6 75,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *1er Juillet N-1/ 30 Juin N **Dons inclus

POINTS FORTS

  • Richesses naturelles (café, thé, or)
  • Membre de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE)
  • 2ème réserves mondiales de nickel (6% du total) et exploitation de terres rares

POINTS FAIBLES

  • Extrême pauvreté : En 2020, plus de 85% des Burundais vivaient sous le seuil de grande pauvreté (1,90 dollar par jour) et pays classé 185e rang sur 189 pays selon l'indice de développement humain.
  • Enracinement de la crise politique débutée en 2015
  • Réduction de l’aide internationale à la suite de la crise politique
  • Tensions frontalières avec le Rwanda
  • Économie peu diversifiée et vulnérable aux chocs externes
  • Secteur agricole peu productif (30% du PIB et 90% de la main d’œuvre)
  • Enclavement géographique
  • Activité bridée par le manque d’infrastructures et d’accès à l’électricité (seulement 11% de la population y a accès)

Appréciation du risque

Une croissance encore fragile en 2022

Déjà fragilisée depuis la crise politique de 2015, qui a conduit au retrait de la majeure partie des aides extérieures, l’économie du pays a été affectée par le choc de la pandémie de la COVID-19 en 2020. Timide en 2021, la reprise devrait se poursuivre à un rythme modeste en 2022. Elle sera tirée principalement par le secteur primaire via l’agriculture (30 % du PIB et 80 % des emplois), la hausse de la demande mondiale soutenant la production de café, de thé, ou de coton. Les exportations, tirées par ces produits (le café représentant 19 % des exportations en 2020 et le thé 13 %), augmenteront en conséquence. Néanmoins, elles seront contraintes par celles de produits miniers. Bien que le secteur dispose d’un immense potentiel, le pays étant le seul producteur africain de terres rares, le différend entre les autorités et les opérateurs miniers pèseront. Depuis avril 2021, le gouvernement interdit, en effet, les activités des sociétés minières étrangères, afin de renégocier les contrats et d’obtenir des bénéfices plus importants sur l’exploitation de son sous-sol. Les tensions ont notamment éclaté avec la société anglaise Rainbow Rare Earths, exploitant des mines de terres rares de Gakara. Ces conflits pourraient refroidir les investissements futurs dans le secteur en dépit de son potentiel. Si le secteur secondaire limitera donc la croissance, elle sera soutenue par la reprise du secteur tertiaire (38 % du PIB). La réouverture des frontières avec le Rwanda et la République Démocratique du Congo, qui avaient été fermées pour contenir la propagation de la COVID-19, permettra la reprise de ceux de transport. Les autres services comme le commerce, les télécommunications, service de banque et d’assurance repartiront si la situation sanitaire se stabilise. Néanmoins, le pays est très exposé à une résurgence de la pandémie, puisque la campagne de vaccination est encore au point mort (0,1% de la population totalement vaccinée en décembre 2021).

 

Des déficits jumeaux toujours très importants

En 2020, la faiblesse de la demande mondiale avait entraîné une baisse des prix à l’exportation du café et du thé, principaux produits d’exportations du pays avec l’or (28% des exportations en 2020). Cela avait conduit à un aggravement du déficit commercial et, dans son sillage, de celui du solde courant. Resté important en 2021, ce dernier sera encore élevé en 2022, du fait de la dépendance du pays aux importations, les capacités de production domestiques étant faibles. La dépréciation quasi-ininterrompue du franc burundais continuera d’alourdir le poids des importations. Les excédents des comptes de revenus primaires, grâce aux rémunérations versés aux travailleurs étrangers par les entreprises non-résidentes, et secondaires ne suffiront pas à équilibrer le déficit courant. Notamment grâce à l’allocation de droits de tirage spéciaux du FMI (pour environ 200 millions USD), les réserves de change, qui atteignaient à peine 1 mois de couverture d’importations, ont été renflouées. Le déficit du compte courant participe à une situation extérieure très difficile, marquée par des pénuries de devises récurrentes et une dépréciation continue. Le manque d’attractivité pour les investisseurs et la situation politique délicate contribue à cette situation, particulièrement depuis 2015.

 

Le déficit budgétaire, qui s’était aggravé lors de la pandémie à cause de la perte de recettes publiques, restera élevé, du fait des lourdes dépenses d’investissement (37 % des dépenses de l’Etat en 2020/21), avec, notamment, la construction d‘écoles et d’hôpitaux. Pour se financer, le pays s’appuiera sur l’endettement domestique (70% de la dette publique) auprès des banques commerciales, qui alourdit le service la dette. Après que le pays a bénéficié de certaines aides d’urgence pour répondre à la pandémie, la tentative de réengagement des autorités avec les principaux créanciers internationaux pourrait lui permettre d’avoir un recours accru aux financements extérieurs concessionnels. Jusqu’en avril 2022, dans le cadre du Fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes du FMI, le gouvernement bénéficie d’un allègement de dette pour un montant total de 25 millions USD (0,8% du PIB). De plus, en 2021, le FMI a débloqué 76 millions USD, dans le cadre de la Facilité de crédit rapide, pour soutenir l’économie.

 

Des réformes encore très lentes malgré une volonté de réengagement du nouveau président

Suite aux élections présidentielles de 2020 et à la mort subite du président sortant Pierre Nkurunziza, le président élu Evariste Ndayishimiye, issu du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), a pris ses fonctions prématurément en juin 2020. Depuis sa prise de fonction, il a signalé sa volonté de moderniser le pays, d’améliorer la gouvernance et le contrôle de la corruption. Néanmoins, l’ONU et les observateurs internationaux mettent toujours en garde sur la persistance des abus de violence contre la population par les forces de défense du pays. Ainsi, malgré une volonté affichée d’améliorer les relations avec les autres pays, l’Union Européenne a renouvelé ses sanctions à l’encontre de personnalités et entités burundaises jusqu’en octobre 2022, en raison des violations des droits de l’homme et d’incitation à la violence. Les États-Unis ont néanmoins annoncé, en novembre 2021, la levée des sanctions, saluant une embellie depuis l'élection d'Évariste Ndayishimiye. Sur le plan régional, le Président souhaite renouer le dialogue avec les partenaires comme la Tanzanie et l’Ouganda. De plus, en février, les chefs d’Etat de la Communauté d’Afrique de l’Est l’ont choisi comme rapporteur pour le mandat 2021-2022 et comme prochain président pour la période 2022-2023. Enfin, les tensions avec le Rwanda semblent s’apaiser depuis 2020 et la rencontre des deux ministres des affaires étrangères. La coopération pour lutter contre les forces rebelles dans les deux pays s’est notamment intensifiée.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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