Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Costa Rica

Costa Rica

Population 5,0 millions
PIB par habitant 12039 $US
B
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,4 2,6 1,9 2,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,6 2,4 2,7 3,1
Solde public / PIB (%) -6,3 -6,0 -6,3 -5,8
Solde courant / PIB (%) -2,9 -3,1 -2,4 -2,5
Dette publique / PIB (%) 48,9 53,7 57,1 59,9

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Institutions démocratiques (depuis 1949)
  • Meilleurs indicateurs sociaux de la région : éducation, santé
  • Services et industries de pointe (pharmacie, microprocesseurs) attractifs pour les IDE
  • Échanges diversifiés grâce à de multiples accords commerciaux
  • Ressources touristiques : hôtellerie, parcs nationaux

POINTS FAIBLES

  • Comptes publics non soutenables
  • Exposition aux catastrophes naturelles
  • Insuffisance des infrastructures de transport
  • Tributaire des États-Unis en matière économique (IDE, exportations) et financière (banques)
  • Manque de main-d’œuvre qualifiée ; travail non déclaré
  • Fortes inégalités de revenus

Appréciation du risque

Une morne reprise expliquée par des facteurs domestiques et externes

En 2020, l’activité économique restera largement en deçà de son potentiel, malgré une légère reprise par rapport au ralentissement marqué observé en 2019. La moindre croissance des principaux partenaires commerciaux du pays ainsi que le prolongement de la situation de crise au Nicaragua limitant les échanges avec le reste de l’Amérique centrale contraindront la demande externe. Le ralentissement de la croissance aux États-Unis, destination de plus d’un tiers des exportations du pays, pèsera sur les ventes d’équipements médicaux, principal produit exporté par les industries des zones économiques spéciales. La moindre activité au niveau mondial devrait aussi limiter la croissance du tourisme, bien que cela soit en partie contrebalancé par l’augmentation du nombre de vols et une campagne de promotion offensive de la chambre costaricaine de tourisme. Ce secteur devrait aussi continuer à attirer de nombreux investissements favorisés par une politique monétaire accommodante de la banque centrale, après cinq baisses successives de taux en 2019 (à 3,25 % en décembre 2019). Les ressources des banques locales restant en partie dédiées au financement de la dette publique, l’investissement privé restera contraint, d’autant plus que le marché des obligations est toujours largement dominé par les obligations d’État. La confiance des ménages devrait repartir à la hausse grâce à la moindre incertitude fiscale suite à l’adoption des différentes mesures prévues dans la loi de décembre 2018 au cours de l’année 2019. Cela permettra un accroissement de la consommation privée qui devrait aussi bénéficier du maintien de l’inflation dans la fenêtre cible de la banque centrale, entre 2 et 4 %. Les efforts de consolidation fiscale contraindront encore la consommation publique, notamment en infrastructure, ce qui affectera négativement le secteur de la construction. Le secteur agricole sera encore fortement exposé au risque climatique et, pour cette raison, particulièrement volatile, affectant la production de bananes, de sucre et de café, principales exportations agricoles du pays. Le maintien d’un climat social tendu autour des mesures d’austérité mises en place par le gouvernement fait toutefois peser un risque sur ce scénario.

 

Une consolidation lente des finances publiques

Les comptes publics sont caractérisés par un déficit chronique élevé. Les recettes ne permettent pas de financer des dépenses, avec une part de plus en plus importante dédiée au service d’une dette publique qui explose (38 % prévu dans le budget 2020). Le budget 2020 est le premier à inclure dans leur totalité les nouvelles mesures de consolidation adoptées dans le cadre de la réforme fiscale votée en décembre 2018. L’accroissement des dépenses de 3,9 % respecte notamment la limite de 4,6 % fixée en fonction du ratio dette/PIB. Le budget s’appuie pour la première fois sur la nouvelle taxe sur la valeur ajoutée mise en place en juillet 2019 qui permettra de financer 16,9 % du total. Avec un plan budgétaire financé à 48 % par la dette, le pays subira à nouveau de fortes contraintes de financement. Le marché domestique étant complètement saturé, le gouvernement doit émettre des obligations sur le marché international, émission soumise à l’aval du Parlement où le président est minoritaire. Une première demande de 5 milliards USD s’était vu rejetée par les députés à l’automne, ces derniers n’acceptant que l’émission d’1,5 milliard USD d’Eurobonds. Dans ce contexte, la soutenabilité de la dette reste fragile.

Du point de vue des comptes extérieurs, la situation reste plus favorable. La balance des services est excédentaire grâce aux revenus touristiques (surplus à hauteur de 9 % du PIB en 2017), mais insuffisante pour compenser le déficit de la balance des biens. Ce dernier devrait s’accroître suite à la reprise de la demande interne, poussant à la hausse les importations. Les exportations agricoles seront moins allantes, affectées par les événements climatiques et la hausse de la production dans d’autres pays (ananas particulièrement), tandis que les ventes à l’international des entreprises établies dans les zones spéciales d’export seront moins dynamiques, notamment pour les dispositifs médicaux. Le financement extérieur du pays continuera d’être assuré grâce aux investissements directs étrangers. Les réserves de change restent confortables pour amortir de potentiels chocs extérieurs (6,5 mois d’importations en juillet 2019).

 

Un paysage politique fragmenté face à un besoin de réformes

Vainqueur des élections présidentielles de février 2018, face au candidat évangéliste Fabricio Alvaro (Partido de Restauración Nacional, PRN), Carlos Alvaro Quesada (Partido de Acción Ciudadana, PAC) continuera de se confronter à la nécessité d’un compromis pour mener à bien tout projet législatif, étant donné la fragmentation du Parlement (sept partis pour 57 sièges dont 10 uniquement pour le PAC). Les élections municipales en février 2020 constitueront un premier test électoral pour le président depuis son élection, après deux années riches en conflits sociaux. L’environnement des affaires restera encore affecté par les insuffisances en matière d’infrastructures (transport et télécommunications, en particulier) et les coûts relativement élevés de l’énergie (électricité).

Sur le plan international, la priorité restera l’adhésion à l’OCDE et le renforcement de la coopération avec la Chine avec l’ouverture de nouvelles voies commerciales telles que la liaison maritime Moin-Shangai.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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