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Cuba

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Population 11,3 millions
PIB par habitant - $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,0 0,5 -8,0 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,4 4,5 3,5 4,5
Solde public / PIB (%) -8,3 -6,5 -10,0 -6,0
Solde courant / PIB (%) 0,7 0,6 0,2 0,2
Dette publique / PIB (%) 51,2 52,1 59,3 59,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Secteurs touristique et minier (nickel, cobalt) et potentiel agricole (sucre, tabac)
  • Ouverture au secteur privé individuel et coopératif de l’agriculture, du commerce, de la restauration et de la construction
  • Main-d’œuvre qualifiée et peu onéreuse
  • Secteurs médical et éducatif de qualité
  • Indicateurs sociaux relativement satisfaisants
  • Faible criminalité et lutte contre la corruption
  • Accord de dialogue et de coopération avec l’Union européenne

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilités externes (climat, matières premières)
  • Faible productivité du secteur public et de l’agriculture
  • Faiblesse de l’investissement et des infrastructures
  • Processus administratif très lourd et réglementation commerciale encore très récente
  • Contrôle de l’État sur le commerce de gros, le crédit, ainsi que les échanges extérieurs et les investissements étrangers
  • Subventions sur les produits de base pesant sur les dépenses publiques
  • Accès réduit aux financements extérieurs
  • Éloignement du taux de conversion de la réalité qui entretient le dualisme de l’économie, le marché noir, l’économie de rationnement et le secteur informel
  • Manque de transparence statistique

Appréciation du risque

Le changement de président aux Etats-Unis, une bouffée d’air frais pour l’économie cubaine ?

L’économie cubaine commencera l’année 2021 au bord de l’étouffement, soumise au poids combiné des sanctions américaines, des mesures nationales de confinement pour arrêter la propagation de la pandémie et de la chute du tourisme mondial. La mandature de Donald Trump fut synonyme de durcissements pour tous les secteurs. L’interdiction pour les bateaux de croisière américains de s’arrêter sur l’île, les nouvelles mesures pour bloquer les envois de pétrole vénézuélien vers l’île, mais aussi l’application du titre 3 de la loi Helms Burton, qui autorise les poursuites contre des entités bénéficiant des actifs expropriés à Cuba depuis le 1er janvier 1959, furent des premiers coups durs pour l’économie cubaine. L’élargissement des sanctions à l’agence FINCIMEX qui gère les remises des expatriés envoyées par le biais de Western Union depuis les Etats-Unis en novembre 2020 devrait rendre beaucoup plus difficile l’envoi de devises au pays, compliquant encore l’approvisionnement en dollar de l’île. Avec la victoire de Joe Biden, un certain relâchement des tensions pourrait avoir lieu, rejoignant la politique défendue sous la présidence de Barack Obama, favorisant le tourisme et les investissements, et ré-autorisant les envois de devises. Toutefois, le rapprochement sera compliqué par l'une des dernières décisions de l'administration Trump de classer le pays comme sponsor du terrorisme et le soutien du régime cubain au Venezuela. Dans ce contexte, la reprise en 2021 sera faible, principalement portée par la demande externe pour les biens et services médicaux et pharmaceutiques, et celle pour le nickel. La demande publique, qui pèse lourd dans l’économie cubaine, devrait être contrainte par le manque de financement, alors que l’accès aux marchés internationaux et aux bailleurs multilatéraux est toujours impossible pour le pays. Les investissements resteront faibles étant donné le contexte mondial, dans l’attente d’une véritable levée des sanctions de la part des Etats-Unis. La demande des ménages (56% du PIB en 2018) souffrira des nouveaux obstacles à l’envoi de remises des expatriés et de l’inflation en hausse suivant l’abandon du peso convertible et la dévaluation par rapport au dollar qui en découle, rabotant substantiellement l’épargne des ménages, alors même que chômage a fortement augmenté chez les personnes travaillant à leur compte notamment dans le secteur du tourisme. Le secteur touristique devrait rester en convalescence, alors que l’activité restera morose en Europe et en Amérique du nord, principales sources des flux de touristes dans le pays. Le secteur manufacturier, à l’exception des produits de haute technologie en pharmacie ou biotechnologie, restera largement en deçà de son potentiel, affecté par le manque de devises qui contraint les importations, malgré les récentes mesures du gouvernement en juillet 2020 pour autoriser de nouveaux types d’échanges en monnaie étrangère. Le secteur agricole sera soutenu par la production de sucre et de tabac, mais restera largement exposé aux conditions climatiques et aux problèmes d’importation d’engrais.

 

Des comptes publics dégradés par la crise et les sanctions américaines

Alors que les dépenses publiques ont dû être accrues pour financer la lutte contre la catastrophe sanitaire, le gouvernement cubain a aussi dû débourser plus pour s’approvisionner en pétrole, alors que les sanctions américaines ont rendu très difficile l’approvisionnement en pétrole vénézuélien, forçant à acheter au prix du marché. Dans le même temps, les recettes liées au tourisme se sont effondrées. Cela a mené le gouvernement à demander un moratoire sur sa dette aux pays du Club de Paris en juin 2020. Un moratoire d’un an a été accordé contre deux initialement demandés. Les discussions devraient reprendre au printemps 2021. L’incertitude persiste sur le comportement de la Chine par rapport à la dette cubaine. La monétisation du déficit devrait par conséquent continuer.

Du côté des comptes extérieurs, la principale nouveauté concernera l’unification du système monétaire avec la fin du peso convertible et la prévalence du peso cubain au taux officiel de 24 CUP pour 1 USD. Toutefois la difficulté à obtenir des dollars sur l’île devrait mener à une plus forte dépréciation, avec un taux entre 30 et 45 CUP sur le marché noir dès la mise en place de la réforme en janvier 2021. Cela devrait encore plus compliquer les importations, malgré la fébrile reprise de la demande en interne. Les exportations devraient, pour leur part, reprendre avec un certain dynamisme, tirées par la hausse du cours du nickel et la production de sucre. Les produits pharmaceutiques et biotechnologiques resteront les exportations clés de l’île. Il en ira de même pour les services médicaux, les deux secteurs représentant 48% des revenus d’exportations. Cela compensera l’effondrement du secteur touristique qui restera encore faible, laissant le compte courant en léger surplus. Le surplus pourrait être plus important dans le cas d’une levée des restrictions sur les remises par l’administration Biden.

 

Peu de danger pour le pouvoir

Après la mise en place en 2019 de la réforme constitutionnelle, centrée sur un effort de décentralisation pour la planification économique, ainsi que la création d’un poste de premier ministre pour diviser le pouvoir au sein de l’exécutif, peu de mouvement a eu lieu sur l’île d’un point de vue politique. Le gouvernement semble avoir la capacité de tuer dans l’œuf toute volonté contestataire qui pourrait naître dans le contexte de crise économique. Le principal enjeu portera sur le passage de flambeau entre les générations, avec la fin du mandat de Raoul Castro à la présidence du parti communiste en avril 2021. D’un point de vue international, une baisse des tensions avec les Etats-Unis sous l’administration Biden est attendue.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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